
Jeux olympiques
Montréal, 22 février 2014 – Jean-Philippe Le Guellec l’avait annoncé dès le début de la saison : les Jeux olympiques de Sotchi seraient son dernier tour de piste sur la scène internationale. Samedi soir, au relais masculin 4 x 7,5 kilomètres, l’athlète de Val-Bélair a profité de cette dernière présence pour skier et tirer sous les feux de la rampe en étant provisoirement premier pendant un moment.
Au final, Le Guellec, Scott Perras, Brendan Green et Nathan Smith ont conclu l’épreuve en septième place, accusant un retard de 1 minute 30 secondes sur le quatuor russe. L’Allemagne (+3,5 secondes) termine deuxième et l’Autriche (+29,8 secondes) troisième.
Les Canadiens savaient qu’ils pouvaient venir jouer les trouble-fêtes, eux qui avaient obtenu une huitième place à la Coupe du monde de Ruhpolding, le mois dernier.
Et c’est exactement ce qu’a fait le Québécois qui est sorti deuxième du premier pas de tir après avoir abaissé ses cinq cibles. Le Guellec a ensuite pris les commandes de l’épreuve jusqu’au tir debout. Les trois premières balles ont été parfaites, mais tout a vacillé par la suite.
L’athlète de 28 ans a eu besoin des trois balles supplémentaires pour abaisser la quatrième cible et il a dû faire une boucle de pénalité pour n’avoir pu atteindre la cinquième. À la sortie, il était désormais en 17e place. Rapide sur ses skis depuis le début des Jeux, il a ensuite passé le relais à Perras en 11e place, 43 secondes derrière les meneurs d’alors, les Norvégiens.
« Pendant mes deux semaines ici, la forme était là, mais j’ai toujours eu un bâton dans les roues qui m’empêchait d’avoir la performance que je recherchais, a-t-il commenté. Après mes deux premières balles, les jambes ont commencé à shaker. Je ne sais pas pourquoi c’est arrivé et c’est la première fois que je vis ça cette saison. Je n’ai pas d’explications. »
Si on a senti le biathlonien frustré de n’avoir pu mieux positionner ses coéquipiers, on a aussi perçu de la fierté dans la voix de celui qui a pu se frotter aux meilleurs sans être intimidé.
« Aujourd’hui, en étant le premier partant, ce n’était pas une option de faire une boucle de pénalité. J’ai utilisé toute la marge d’erreur que nous avions et je pense que j’aurais presque préféré choker. Mais honnêtement, je n’aurais pas pu être mieux préparé pour les Jeux. Mon ski était là, sauf à l’individuelle, et je n’ai pas raté une seule cible couchée pendant les Jeux. »
Malgré ce résultat doux-amer, les Canadiens ont tout de même réalisé la meilleure prestation d’un relais du pays aux Jeux.
Bilan des Jeux
À Sotchi, le Canada a démontré qu’il pouvait désormais tailler sa place parmi les meilleurs. En plus de Le Guellec qui a terminé deux fois dans le top-10, Green a fini neuvième au 15 kilomètres départ de masse. Et les résultats auraient pu être encore meilleurs selon le Québécois qui trouve avoir manqué de chance plus souvent qu’à son tour pendant son séjour russe.
« Je me sentais à l’aise, je n’avais pas de pression et je suivais mon plan. Et là, boom!, une plaque de glace à la poursuite (NDLR : au moment où il était en tête). Au départ de masse, c’est moi qui ai fait la connerie de ne pas fermer mon cache-neige. Et aujourd’hui, pour mon tir debout, je ne peux pas vraiment l’expliquer. J’avais suffisamment de repos et j’ai été discipliné à mon deuxième tour, même après avoir dépassé le Suédois. Je ne sais pas… » a-t-il laissé tomber en soupirant.
Le Guellec a rappelé qu’il avait assisté à une conférence de l’ancien biathlonien norvégien Halvard Hanevold, l’été dernier. « Il nous avait dit que dans une course, il y avait un 10% de chance. Ici, j’ai eu l’impression que ce 10% était à zéro. »
Cette amertume sera toutefois de courte durée. Sûr de lui, le futur retraité lance tout de go qu’il est maintenant prêt à passer à autre chose. Dans les minutes suivant sa dernière entrevue à Sportcom, il appellera sa femme Michèle Robichaud pour lui dire : « C’est fini! Je m’en viens! »
Rédaction : Mathieu Laberge
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