Jeux olympiques

Jean-Philippe Le Guellec vu par son entraîneur

Sotchi, 17 février 2014 – Le brouillard continue d’envelopper le centre de biathlon et de ski de fond Laura, repoussant ainsi la présentation de l’épreuve de biathlon 15 kilomètres en départ de masse qui devait avoir lieu dimanche soir. Cette course sera la dernière épreuve individuelle de Jean-Philippe Le Guellec sur la scène internationale. Déplacée à 10 heures lundi matin, elle a été repoussée à 15 heures 30. Comme si les Dieux du biathlon ne voulaient pas voir partir le meilleur Canadien dans l’histoire de ce sport.

Dans l’attente que le brouillard se disperse, Sportcom a rencontré Jean Paquet, entraîneur de l’équipe canadienne, qui a suivi de près Jean-Philippe Le Guellec pendant près de dix ans sur la scène internationale, question de faire le bilan des réalisations de l’athlète de Val-Bélair.

« Je suis privilégié d’avoir pu travailler avec lui pendant huit ans et je suis conscient que j’avais un athlète qui avait le potentiel de gagner une médaille. Je suis satisfait des résultats qu’il a obtenus et surtout satisfait de sa victoire en Coupe du monde. J’espérais une médaille, alors une victoire c’est encore mieux. Pour une médaille olympique, il a encore des chances d’en avoir une », a mentionné l’entraîneur qui a participé aux Jeux d’Albertville, en 1992, comme compétiteur.

Rebondir après la mononucléose
Jean-Philippe Le Guellec a contracté une mononucléose en 2010 et il a fallu quelques mois avant de la diagnostiquer. « Ce contretemps a nui à sa récolte de médaille. Par contre, je suis content qu’il ait pu revenir à l’action, car ce n’était vraiment pas certain qu’il serait de retour, croit Jean Paquet. Je connais plein d’athlètes qui ont fait une mono et la moitié d’entre eux ne sont jamais revenus à la compétition. »

Si Le Guellec est revenu plus fort après cet épisode, c’est parce qu’il a appris, selon son entraîneur. Apprendre à arrêter au bon moment et à mieux connaître son corps. « Cela a fait qu’il était plus inquiet dès qu’il était fatigué. Lorsque l’on tombe malade, on a peur que cela revienne. Il a gardé cette petite crainte pendant deux ans avant de passer à travers. Avec le recul, il a franchi ça avec succès. »

Un dernier tour
Jean Paquet se montre compréhensif à propos du choix de Jean-Philippe Le Guellec de mettre un terme à sa carrière sportive cette année. Il ne peut toutefois s’empêcher de penser que l’athlète aurait assurément eu encore un cycle olympique devant lui où il aurait encore pu connaître du succès.

« C’est aussi une question de motivation. À ce niveau, si tu en manques un tout petit peu, tu ne peux pas performer. C’est trop exigeant et c’est trop dur d’être parti aussi longtemps de la maison. Jean-Philippe a déjà donné beaucoup et s’il est prêt à passer à autre chose, c’est son choix et je le respecte à 100%. »

S’il a déjà fait sa marque en devenant le premier Canadien à remporter une Coupe du monde, l’athlète a également marqué son sport d’une autre façon mentionne l’entraîneur. « Il s’est aussi démarqué par ses actions. Jean-Philippe, c’est un modèle pour les jeunes. À chaque occasion qu’il a, il prend le temps d’aller leur parler. »

En plus de l’épreuve du départ de masse, Le Guellec pourrait être au départ du relais mixte et du relais masculin. À cette épreuve, la dernière au programme des Jeux, les Canadiens pourraient en surprendre plus d’un s’ils réussissent à skier et tirer à leurs meilleures capacités, eux qui ont obtenu une sixième place à la Coupe du monde d’Antholz, en Italie, le mois dernier.

« Ce que je dis aux gars, c’est que nous n’avons jamais eu une équipe aussi forte. Je leur dis qu’ils doivent avoir des espoirs élevés pour cette course. Y croire, c’est ça le premier ingrédient. Ils ont le talent, ils sont capables et mes attentes sont élevées. »

Rédaction : Mathieu Laberge

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