Jean-Philippe Le Guellec, l’Athlète Sportcom de la semaine

La saison de l'aboutissement

Montréal, 8 décembre 2013 – Comme il l’avait fait l’an dernier au même endroit, Jean-Philippe Le Guellec a une fois de plus connu un début de saison canon en Coupe du monde de biathlon, la semaine dernière, à Östersund (Suède). L’athlète de Shannon a pris le quatrième rang du 20 kilomètres et grâce à cette performance, le vétéran de l’équipe canadienne mérite le titre de l’Athlète Sportcom de la semaine du 2 décembre.

En décembre 2012, sur le même parcours, Jean-Philippe avait mérité la première victoire de sa carrière en Coupe du monde en s’imposant au 10 kilomètres. Comme il l’explique, la raison de ces belles prestations à Östersund n’est pas seulement parce que le parcours sied bien au Québécois. « C’est plutôt parce que c’est là où les premières courses de l’année sont disputées et que j’ai tellement hâte de courser », souligne le principal intéressé.

Jusqu’à maintenant, Jean-Philippe est satisfait de son début de saison. « Les choses commencent à se replacer un peu mieux », poursuit-il en avouant que les deux ou trois semaines qui ont précédé le début de la saison de compétitions ont été difficiles. « Je m’entraîne pour courser, pas parce que j’aime m’entraîner. »

Un dernier tour de piste
Premier biathlonien canadien masculin médaillé d’or de l’histoire en Coupe du monde, Jean-Philippe Le Guellec a déjà annoncé que la saison 2013-2014 serait sa dernière. Avec environ une vingtaine de courses à venir, on sent que l’athlète vit très bien avec sa décision.

« Oui, j’aurais encore de bonnes années devant moi, mais honnêtement, je suis prêt à passer à autre chose. Je ne dirais pas que je suis blasé, le terme serait trop fort, mais j’ai envie de passer plus de temps avec ma femme et nous songeons à fonder une famille. Mon sport fonctionne par cycles olympiques et je ne me verrais pas continuer, ne serait-ce que pour une autre année. »

L’athlète âgé de 28 ans confirme aussi qu’il ne sera pas de retour aux épreuves du circuit de la Coupe du monde après les Jeux olympiques de Sotchi. C’est plutôt aux Championnats canadiens, qui seront disputés à Charlo, que Jean-Philippe fera ses adieux au sport de haut niveau. C’est d’ailleurs dans cette ville néo-brunswickoise que le Québécois s’était révélé aux Jeux du Canada de 2003. « Ce sera un bon endroit pour boucler la boucle! »

La somme des détails
Peu de sports comme le biathlon peuvent voir le classement d’une course être chambardé d’un instant à l’autre. Une bourrasque de vent au mauvais moment au champ de tir et une première place provisoire peut rapidement se transformer en une dixième place au classement final. Toutefois, les meilleurs de la discipline réussissent souvent à se démarquer malgré tout.

Depuis les dernières années, le Français Martin Fourcade en est l’exemple concret. « C’est sûr qu’il est sur une planète à part. C’est le meilleur homme depuis la fin du règne d’Ole Einar Björndalen. L’équipe française est très précise au tir où tous ont un taux de réussite de plus de 85%. Ça, c’est le minimum qu’il faut pour être parmi les meilleurs. Et après ça, il y a la vitesse en ski. »

Les Canadiens rendus à une nouvelle étape
Au cours de ses 12 saisons au sein de l’équipe nationale, Jean-Philippe a été un témoin privilégié de l’évolution de son sport au Canada. S’il constate que l’équipe canadienne n’a pas la même profondeur que les puissances européennes, il mentionne que la santé de son sport se porte tout de même mieux qu’à ses débuts dans l’équipe canadienne. Il est conscient qu’il reste encore du travail à faire par contre.

« Il est difficile de bâtir un sport lorsque l’on n’a pas beaucoup de visibilité. Il faut que des athlètes percent au Coupe du monde pour que les autres croient que c’est aussi possible pour eux. C’est ce qui est arrivé en ski de fond avec Alex Harvey et Devon Kershaw lorsqu’ils ont fait leurs premiers podiums. Au Canada, il y a maintenant un plus grand professionnalisme dans l’entraînement et c’est surtout ça qui a fait une grosse différence au cours des dernières années. L’entraînement est aujourd’hui proactif plutôt que passif. »

Reste maintenant à voir si les jeunes biathloniens canadiens seront prêts à prendre la relève de celui qui leur a tracé le chemin.

Rédaction : Mathieu Laberge

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