
Athlète Sportcom de la semaine du 3 décembre 2012
Montréal, 5 décembre 2012 – « Le travail a été fait et je viserai le top-10 le plus souvent possible. Je voudrai aussi être parfait au tir, surtout aux épreuves de sprint, car ces courses peuvent me placer en bonne position pour les épreuves de poursuite », avait expliqué Jean-Philippe Le Guellec, en entrevue à Sportcom, à l’aube de la présente saison.
L’athlète de Shannon n’aura pas perdu de temps à passer de la parole aux actes. Samedi dernier, le biathlonien de 27 ans est devenu le premier athlète masculin canadien de l’histoire à remporter une Coupe du monde en faisant la loi au sprint 10 kilomètres d’Östersund, en Suède. Dans l’histoire du pays, seule Myriam Bédard avait réussi cet exploit au début des années 1990. Jean-Philippe Le Guellec reçoit donc le titre de l’Athlète Sportcom de la semaine du 3 décembre.
Le Guellec savait qu’il avait les atouts pour remporter une étape de la Coupe du monde. De là à dire que cette première place surviendrait aussi tôt dans la saison, il ne l’aurait pas cru.
« C’est à mon troisième tour que j’ai commencé à penser à la victoire. J’avais déjà tiré toutes mes balles et il me restait juste à skier fort et souhaiter que ça tienne jusqu’à la ligne d’arrivée. Et c’est ce qui s’est passé », soutient Le Guellec qui a été parfait au tir.
En étant le 38e à s’élancer sur le parcours, le Québécois devait donc attendre qu’une soixantaine de concurrents terminent leur course afin de savoir s’il serait ou non délogé du premier rang.
« J’ai dû prendre mon mal en patience, sauf que tous les gros noms étaient déjà rentrés ou bien ils avaient fait des erreurs au tir. C’était donc de bon augure. En fait, j’étais plus nerveux lorsque je me suis retrouvé dans la même situation en 2004 que la fin de semaine dernière. Cette fois, j’étais très calme et j’étais plus préoccupé de rester au chaud. Nous savions qu’un podium arriverait, sauf que de terminer premier à la troisième course de la saison, c’est totalement inattendu! »
2004, l’année des grandes premières
Ce n’est pas la première fois que Jean-Philippe Le Guellec écrit une nouvelle page dans le livre d’histoire du biathlon canadien. En 2004, aux Championnats du monde jeunesse présentés à Haute-Maurienne (France), il avait récolté trois médailles, dont une d’or, faisant de lui le premier Canadien à remporter un titre mondial.
Du jour au lendemain, le jeune athlète inconnu d’un sport peu médiatisé s’est retrouvé à la une des journaux québécois en étant vu comme le dauphin de la triple médaillée olympique Myriam Bédard.
Avoir du succès dans les catégories inférieures et en connaître immédiatement chez les seniors est toutefois quelque chose qui est loin d’être acquis. Au lieu de connaître une progression fulgurante, Le Guellec a franchi les étapes une par une. Cela ne l’a pas empêché de participer à ses premiers Jeux olympiques, ceux de Turin en 2006, alors que quelques semaines plus tôt, il était des Championnats du monde juniors.
« Chacun a son cheminement et le plus tôt que tu acceptes ça, le mieux c’est. Tu ne peux pas te battre contre ton corps. Tout le monde est différent. Tout ce que tu peux faire, c’est de t’entraîner sérieusement et de tout faire comme il le faut. Le reste va suivre. »
C’est en terminant sixième au sprint 10 kilomètres des Jeux olympiques de Vancouver que Le Guellec a eu la confirmation qu’il pouvait être un réel candidat au podium dans les rangs seniors.
Son erre d’aller olympique a toutefois été ralenti par une mononucléose en début d’année 2011. Progressivement, l’athlète a réussi à revenir sur les rails la saison dernière, même si la constance dans ses résultats n’était pas encore au rendez-vous, notamment en raison d’un entraînement estival moins complet.
« J’ai toujours été conservateur dans mon approche face à l’entraînement. Je ne change pas de recette, car elle a toujours fait ses preuves », soutient celui qui est entraîné par Jean Paquet et qui avait tout de même décroché deux huitièmes places l’an dernier.
La suite des choses
La victoire de samedi dernier aura un impact, Jean-Philippe Le Guellec en est convaincu.
« Nous avons de plus en plus d’athlètes canadiens en Coupes du monde et en Coupes IBU. Ça crée un effet d’entraînement : plus ton équipe compte de champions, plus les autres se disent qu’ils peuvent le devenir eux aussi. Je suis sûr qu’ils doivent se dire que si j’ai réussi à gagner une Coupe du monde, eux aussi peuvent y arriver. Pour moi, c’est ça la victoire. Notre programme au pays fonctionne et il n’y a aucune raison pour laquelle quelqu’un d’autre ne pourrait pas y arriver », explique celui qui a reçu des dizaines de messages de félicitations après sa victoire.
Lorsqu’il parle d’inspiration, Le Guellec avait d’ailleurs mentionné à la conférence de presse après sa victoire qu’il avait été inspiré par les prestations des fondeurs Alex Harvey et de Devon Kershaw.
« Ça revient à ce que je disais tantôt. Lorsque tu vois des gens qui ont du succès comme Alex et Devon qui été sacrés champions du monde il y a deux ans, tu te dis qu’en tant que Canadien, je peux faire la même chose. Il y a beaucoup de motivation et d’inspiration qui sont nées de ce que ces gars-là ont fait. »
Si on compare le début de saison de Le Guellec, Harvey et Kershaw, il est fort à parier que cette fois ce seront les skieurs de fond qui pourront s’inspirer de Le Guellec s’ils veulent briller sur le parcours de la Coupe du monde de Québec qui se mettra en branle vendredi.
Rédaction : Mathieu Laberge
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