
Note du webmestre :
Mathieu Laberge, rédacteur en chef de Sportcom, qui à écrit plus de nouvelles de vélo qu'aucun de ses collègues depuis la création de l'Agence en 2002, couvre ses premiers Jeux olympiques. Il sera à la course sur route de Clara Hughes et Joëlle Numainville dimanche, et au contre-la-montre de Clara mercredi le 1er août, mais son premier texte est consacré au chef cuisinier des triathloniens canadiens. Comme le triathlon a une compose vélo, et que Kathy Tremblay est bien connue de nos lecteurs assidus, voici donc...
Jeux olympiques – Les Québécois à Londres
Londres, 27 juillet 2012 (Sportcom) – Lorsque les cinq triathloniens canadiens s’élanceront aux épreuves olympiques, ils puiseront leur énergie en partie grâce aux bons repas préparés par le chef cuisinier de leur équipe, le Québécois Pierre Poirier.
Âgé de 38 ans et originaire de Contrecœur, Pierre Poirier travaille dans les cuisines depuis plus de 25 ans. C’est grâce à un bon contact que ce diplômé de l’ITHQ et ex-triathlonien peut aujourd’hui vivre pleinement une première expérience olympique.
Il y a quelques années, son service de traiteur, Presto Lunch, était un commanditaire personnel de Kathy Tremblay. Le cuisinier la connaissait du temps où il la côtoyait comme athlète dans les épreuves du circuit québécois.
« Il y avait un chef pour l’équipe canadienne et Kathy m’a référé lorsqu’il a quitté son poste », explique celui qui déjà accompagné l’équipe canadienne à plusieurs compétitions internationales dont les Championnats du monde, l’an dernier, à Pékin.
« J’ai la chance de voyager pour mon métier en côtoyant des athlètes du sport que j’aime le plus au monde. J’ai pu rencontrer des idoles de jeunesse comme l’Australien Chris McCormack par exemple. J’ai une grande satisfaction de savoir que je peux aider les athlètes comme Kathy et Simon (Whitfield), mais aussi de voir les juniors pendant les Championnats du monde. J’ai l’impression d’être un peu comme leur ange gardien pour leur nourriture. »
Faire ses courses au pas de course
Le chef Poirier souligne que son embauche par Triathlon Canada n’a pas seulement été faite pour ses talents de cuisinier, mais aussi par son sens aigu de la débrouillardise.
« Je n’ai pas besoin d’un véhicule ou d’un chauffeur, car je fais toutes mes commissions à la course à pied. Je peux courir 20 kilomètres par jour pour aller chercher de la nourriture avec ma poche de hockey. »
- Sérieusement?
« Ce n’est pas une blague! C’est la façon dont je me déplace et ça fait en sorte que je suis autonome. Ma journée commence à 6 h le matin et elle se termine vers 23 h pour laver la vaisselle », explique-t-il en riant, ajoutant que l’absence d’un chauffeur et de dizaines de repas au restaurant représente d’importantes économies pour la fédération nationale.
Même si la formation canadienne demeure à l’hôtel, le cuistot n’utilise pas la cuisine de l’établissement. Il est plutôt un spécialiste de cuisine de chambre d’hôtel, qui est habituellement composée d’un mini-comptoir, deux ronds de poêle et un demi-frigo. Pas de four, de hotte de ventilation et surtout pas de lave-vaisselle.
« J’apporte mes chaudrons, mes couteaux et quelques produits, mais pour le reste, je cuisine tout à partir de ce que j’achète sur place. C’est pratiquement de la cuisine de brousse, sauf que ce n’est pas la fin du monde, car je suis habitué de travailler dans des conditions là. Je ne me plains pas et la qualité des repas n’est pas moins bonne. C’est juste la préparation qui est plus complexe. »
Et pour ajouter à ces conditions de travail plutôt particulières, le cuisinier prépare ce que les athlètes veulent, plutôt que de leur imposer un menu, que ce soit de la nourriture biologique, sans gluten ou autre.
« J’utilise déjà ces produits, alors je ne change pas vraiment ma façon de cuisiner. »
À Londres, les triathloniens canadiens demeureront à l’extérieur du village olympique. Pierre Poirier a déjà eu l’occasion de visiter les lieux l’an dernier dans un voyage de reconnaissance et il sait déjà que le marché local se trouve à 4 kilomètres de l’hôtel.
« Je sens que je fais partie de la gang, j’ai un plaisir fou et je suis payé pour faire ça! Les athlètes et le personnel de l’équipe sont très reconnaissants envers moi. Et en plus, je peux même parfois m’entraîner avec eux! »
En guise de dernière question, on lui demande ce que mangera le porte-drapeau canadien Simon Whitfield avant la cérémonie d’ouverture.
« Ce n’est pas un secret d’État, sauf que Simon est la personne la moins compliquée lorsque vient le temps de choisir ce qu’il veut manger. »
Rédaction : Mathieu Laberge
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