23 janvier 2008

Ascension du Kilimandjaro

Détermination et solidarité avant la condition physique

Moshie, Tanzanie - À première vue, l'ascension du Kilimandjaro réussie par 27 des 33 membres de l'expédition Charles-Bruneau renforce la croyance à l'effet que le toit de l'Afrique est à la portée du premier venu.

Des articles de Martin Smith

« C'est faisable par à peu près n'importe qui », confirme Caroline-Sara Tremblay, âgée de 37 ans, qui se qualifie elle-même d'intello et se classe dans le top 5 des membres de l'expédition québécoise les moins en forme.

« Il faut être en bonne condition physique, mais ce n'est pas nécessaire d'être un athlète.

« Ça se passe beaucoup dans la tête.

« Il faut s'écouter et ne pas craindre d'aller lentement. »

À l'autre extrémité de l'éventail de la condition physique, on retrouvait Réjean Hébert, ingénieur aéronautique de 42 ans, qui a dû redescendre vers Moshi à mi-chemin de l'ascension car son taux d'oxygénation était beaucoup trop bas.

« Même si j'ai eu la malchance de ne pas avoir une acclimatation normale pour m'adapter à la diminution de la quantité d'oxygène dans l'air, je crois que si quelqu'un peut marcher huit heures de temps dans un sentier de montagne, il peut faire le sommet du Kilimandjaro. »

Sans l'encadrement médical de première classe assuré par le personnel de Tusker Trail, Réjean Hébert aurait pu connaître sur les flancs du Kili, le même sort qu'une quinzaine de personnes par année.

« J'avais un taux d'oxygénation de 52 %, raconte-t-il. On m'a dit que si j'avais continué encore un peu plus haut ou si j'avais passé la nuit au camp de la Tour de Lave, je serais redescendu dans un sac... »

Tenir compte des éléments
Comme le rappelle François Langlois, un des meilleurs alpinistes du Québec et chef de l'expédition sur le terrain, « une ascension comme celle du Kili se passe à moitié en conditionnement physique et à moitié dans la tête. »

Il ne faut pas non plus prendre à la légère le fait que les éléments peuvent se déchaîner à tout moment, particulièrement sur un massif de la dimension du Kilimandjaro où un microsystème météorologique semble exister en dehors de ce qui se passe dans tout le nord-est de la Tanzanie.

« On l'a vécu à fond lors de la dernière journée de l'ascension, souligne Chantal Brunet, une spécialiste des communications âgée de 42 ans.

« On a dû passer dans un blizzard infernal et c'est devenu une question de volonté.

« C'est là qu'on a vu l'importance déterminante de faire partie d'un groupe très cimenté. Pour moi, c'est l'élément qui a fait la différence. »

Monique Lechasseur, mère de trois enfants, âgée de 39 ans et participante au dernier Rallye des Gazelles, abonde dans le même sens.

« L'ascension du Kili était pour moi comme un bateau qui passait et dans lequel je devais embarquer, explique-t-elle. Je voulais d'abord le faire pour moi mais j'ai aussi découvert que pour ne pas se faire arrêter par les obstacles, c'était bien de pouvoir compter à côté de soi sur des gens qui voient la vie positivement. »

Le Kili n'est pas, il existe. En bout de ligne, 18 des 19 hommes de l'expédition ont foulé son sommet alors que 9 des 14 femmes en ont fait autant.

Du côté masculin, le grimpeur le plus facile à désigner comme candidat à un échec était Danny Sirignano, un spécialiste des valeurs mobilières qui devait transporter ses 270 livres et avancer avec un genou amoché à la suite d'une opération pour réparer un ligament croisé antérieur déchiré.

« Je suis la preuve vivante que c'est un défi éprouvant physiquement, mais qu'avec un support psychologique de première qualité comme celui qui émanait de ce groupe, on peut accomplir des miracles. »

Sirignano affirme avoir vécu une expérience spirituelle en pensant aux épreuves qu'ont à traverser les jeunes atteints de cancer alors que le ciel lui a donné la chance d'avoir deux enfants en bonne santé.

« Dans les pires moments du blizzard alors que mon genou me faisait vraiment souffir, j'ai continué en me disant que ce n'était rien comparé à ce que les jeunes atteints du cancer doivent vivre. »

François Langlois énonce trois règles de base pour une ascension réussie d'un haut sommet : bien se préparer, être bien encadré et croire en soi.

« Malgré tout, la meilleure préparation ne garantit pas le succès d'une ascension, conclut-il. Il faut donc que les participants soient prêts à savourer toute l'aventure et en tirent les meilleures leçons possibles sans que tout soit basé sur une conquête d'un sommet à tout prix. »

• Le taux de réussite de l'ascension du Kilimandjaro se situe à environ 45 %, selon des statistiques officielles dont la crédibilité est contestée à droite et à gauche.

• Pendant le séjour de l'expédition Charles-Bruneau en Tanzanie, plus de 300 personnes ont essuyé un échec dans leur tentative de se rendre au sommet du Kilimandjaro.


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