19 janvier 2008Ascension du Kilimandjaro
Kilimandjaro, Tanzanie - Journée de montagnes russes et de changements constants de température sur les flancs du Kilimandjaro, hier, pour la troupe québécoise.

| Des articles de Martin Smith |
Le sentier menant du camp Barranco (4 100 m) au camp Karanga (4 032 m) a gardé les marcheurs sur une courbe de dénivellation moyenne d'environ 3 800 mètres tout en les laissant pantois devant la beauté du Kilimandjaro offert dans toute sa splendeur.
Ils ont aussi été saisis par la rapidité avec laquelle les courants d'air ascendants et descendants font varier les conditions climatiques sur cette montagne.
En l'espace de quelques secondes, la température pouvait passer de plus 15 degrés Celsius à près de zéro sous l'effet combiné des nuages, de la brume et du vent.
Difficile de savoir quels vêtements porter. Zippe, dézippe, enlève, remet... c'était la course pour ne pas suer ou avoir froid.
Itinéraire final en gestation
De plus, la journée a été celle qui a offert le plus grand nombre d'obstacles techniques depuis le début de l'ascension.
Trois passes en cordée, puis des montées et des descentes souvent raides nous ont rapprochés du versant est de la montagne, à partir duquel l'assaut final vers le sommet sera tenté.
L'itinéraire final sera décidé plus tard en fonction des conditions climatiques. Entre 200 et 300 personnes ont tenté d'atteindre le pic Uhuru dans la nuit de jeudi à vendredi sans aucun succès.
Plus tôt jeudi, Amy, l'épouse d'Eddie Frank, est parvenue à mener cinq des dix grimpeurs de son expédition jusqu'au sommet.
Tout le groupe de Québécois est en forme et piaffe d'impatience de vivre le dernier droit vers cet objectif qu'ils se sont fixé depuis des années dans certains cas.
19 janvier 2008
Kilimandjaro, Tanzanie - Après avoir goûté à la pluie, à la grêle, à la brume, à la neige et au soleil, le groupe de Québécois a eu droit à des vents déferlants d'une violence rarement vue au cours des vingt dernières années sur le Kilimandjaro.
Martin Smith
Vers 4 h du matin vendredi, des rafales de vent atteignant une vitesse de 80 à 90 km/h ont fait vibrer allègrement les tentes des grimpeurs et ont carrément arraché de leurs attaches les quatre grosses tentes-cafétérias.
Une tente à plus de 300 mètres
La centaine de porteurs de l'agence Tusker ont été réveillés par les guides pour tenter de récupérer les bidons d'eau, la vaisselle et les autres objets qui virevoltaient dans le campement ou dévalaient le ravin tout proche. Une des tentes-cafétérias s'est même retrouvée tout près de la rivière au fond du ravin, à plus de 300 mètres du bivouac.
Armand Langlois et Patrick Montpetit se sont levés pour aider les porteurs.
«J'entendais le vent et les gueling guelang des objets qui volaient partout, a raconté Montpetit. En soirée, le proprio de Tusker nous avait raconté que sa femme Amy guidait une expédition rendue plus haut sur la montagne et qu'elle avait eu à faire face à de tels vents. J'ai vite réalisé qu'on avait droit au même phénomène.»
Peu après être sorti pour prêter main-forte aux Tanzaniens qui criaient beaucoup, il est tombé face à face avec Langlois.
« J'étais réveillé depuis un bout de temps, a raconté ce dernier J'entendais les cris des porteurs. J'ai décidé d'aller leur porter secours car je craignais qu'un gars se soit blessé. »
Les deux Québécois ont été frappés par le peu de vêtements et le peu de lampes frontales dont disposaient les porteurs pour tenter de récupérer les objets dispersés par le vent.
« Je suis descendu dans le ravin avec eux, raconte Langlois. C'était dangereux. Le vent faisait toujours rage. J'ai aidé pendant un certain temps puis je leur ai prêté ma lampe frontale. Ils ont récupéré autant de choses que possible avant d'attendre le lever du soleil pour ramener les tentes en haut. »
Une montagne imprévisible
Même si aucun Québécois n'a eu de problème, tous ont réalisé une fois de plus que le Kilimandjaro est une montagne vraiment imprévisible.
« On se rend compte dans de telles circonstances qu'on est bien petits face aux éléments déchaînés, a conclu Montpetit. Le Kili est une montagne très accessible mais aussi très dangereuse. »
19 janvier 2008
Kilimandjaro, Tanzanie - Un leader sur le terrain de la trempe de François Langlois est un atout inestimable, non seulement à cause de ses connaissances poussées de la haute montagne, mais aussi parce qu'il est tout simplement très débrouillard.
Martin Smith
J'ai pu le constater quand j'ai été rattrapé par le problème que je redoutais le plus : une pile à plat dans le transmetteur satellite.
Impossible de la recharger avec les moyens à notre disposition, car mon aide-démarrage portatif de 700 ampères n'était pas encore remonté de Moshi, où il était en train de se faire recharger.
Les chargeurs des grimpeurs, alimentés par des piles AA ou D, ne parvenaient pas individuellement à fournir assez d'ampérage pour recharger le BGAN.
François, détenteur d'un bac en génie mécanique qui a mal tourné puisqu'il travaille depuis longtemps en finance, est venu à ma rescousse.
Il a fait quelques calculs sur une serviette de table pour déterminer le nombre de chargeurs devant être connectés en parallèle pour fournir l'ampérage nécessaire.
Les moyens du bord
Avec l'aide de Mario Brin et de Benoît Lamoureux, il a coupé les fils des chargeurs puis les a reliés pour former un long chargeur d'allure très artisanale. Mais ça a fonctionné à merveille.
Au bout d'une heure, la pile était suffisamment chargée pour que vous ayez pu voir les photos et les textes publiés dans le Journal d'hier, ceux d'aujourd'hui et ceux qui viendront jusqu'à la fin de l'expédition.
Puis, une fois la transmission terminée, François, Mario et Benoît ont remis chaque chargeur en état de marche au grand plaisir de leur propriétaire. Merci, François !
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