17 janvier 2008Ascension du Kilimandjaro
Kilimandjaro, Tanzanie - La vigilance de la «police de la santé» de l'agence Tusker Trail a grimpé d'un bon cran depuis que le groupe des Québécois a atteint, puis allègrement dépassé, le cap des 4 000 mètres .

| Des articles de Martin Smith |
L'excellent encadrement médical mis en place par Eddie Frank, le proprio de Tusker, a permis à deux personnes de prendre la décision d'interrompre leur ascension hier et de redescendre vers le village de Moshi, où ils vont attendre le retour des autres membres du groupe.
Monique Beauchemin a subi une déchirure de la rétine de l'œil gauche, une expérience qu'elle avait déjà vécue chez elle à une altitude à peine supérieure à celle du niveau de la mer.
Après un appel de consultation avec son ophtalmologiste de Sherbrooke, elle a décidé de ne pas risquer d'aggraver son cas.
Pour sa part, Réjean Hébert a dû redescendre vers de plus basses altitudes car son acclimatation ne s'est pas faite au cours de la dernière journée.
Comme il est allergique à la Sulfa, il ne pouvait pas prendre le médicament Diamox, utilisé par presque tous les autres grimpeurs, qui favorise une bonne acclimatation aux conditions de raréfaction de l'oxygène.
Le signe révélateur de sa condition a été le taux d'oxygénation de son sang, qui se situait à 50% une fois rendu au bivouac de la Tour de Lave. Son taux n'a pas bronché, même après avoir reçu de l'oxygène en bouteille.
Hébert et Beauchemin ont appelé leurs familles respectives pour les mettre au courant de la situation et les rassurer quant à leur santé.
Accompagnés d'un guide et de trois porteurs, ils ont quitté le camp vers 19h30 pour une marche de deux heures vers une route d'évacuation où un véhicule les a accueillis pour les amener à Moshi.
Auparavant, tous les grimpeurs restant ont tenu à leur faire une accolade très émotive et leur ont promis d'avoir une pensée pour eux en arrivant au sommet.
Conditions spéciales
Après 31 ans aux commandes de son agence de trekking, Eddie Frank a appris à lire dans les yeux de ses clients s'ils disent vraiment la vérité quant à leur état de santé.
Allant au-delà des tests et des questions posées deux fois par jour à chaque membre du groupe, Frank se réveille très tôt pour écouter depuis sa tente s'il entend des toux révélatrices.
Ce fut le cas au bivouac du Camp Moir. Il a donc réveillé son chef guide et lui a demandé de placer six guides autour du campement pour tenter de déceler d'où venait cette toux dont personne n'avait pris la responsabilité lors des rendez-vous médicaux précédents.
«On voulait aussi voir si certaines personnes titubaient ou avaient des comportements bizarres en sortant de leur tente», a expliqué Frank.
Toutes les procédures médicales suivies à la lettre et répétées avec chaque expédition amenée vers le sommet du Kilimandjaro ont été mises en place il y a six ans.
« La montagne peut être très cruelle, explique-t-il. Elle tue des gens et elle en blesse encore plus. Nous tentons de minimiser le risque que cela ne survienne dans une de nos expéditions. »
Très versé dans toutes les procédures médicales en haute altitude, Frank se tient au courant de toutes les plus récentes recherches sur ce sujet et peut en tout temps entrer en consultation avec un médecin américain qui a été longtemps le patron du service d'urgence du centre hospitalier Johns-Hopkins, un des plus réputés des États-Unis.
« Je veux être toujours en avance sur l'état de santé de mes clients pour être capable de régler quelque problème que ce soit ou d'expliquer à un client qu'il doit redescendre parce qu'autrement il pourrait créer un plus gros problème à sa propre santé et mettre ses coéquipiers en danger. » Frank n'a pas d'appréhension particulière quant au groupe actuel de Québécois. « Ça regarde bien, dit-il. Je crois que ça va bien aller jusqu'au sommet ».
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