15 janvier 2008Ascension du Kilimandjaro
Kilimandjaro, Tanzanie - Manger d'excellentes frites et une bonne assiette chaude de bœuf aux légumes à 3 000 mètres d'altitude dans une clairière perdue du massif du Kilimandjaro procure un effet bœuf sur le moral des grimpeurs, engagés dans une marche éreintante de huit heures.

| Des articles de Martin Smith |
L'agence trekking Tusker Trail ne ménage pas les extra pour s'assurer que ses clients vivent une aventure couronnée de succès vers le plus haut sommet de l'Afrique et qu'ils ne l'oublient jamais.
Ces extra ont été d'autant plus appréciés hier qu'il s'agissait d'une première présence au-dessus de 3000 mètres pour la très grande majorité des grimpeurs québécois.
De plus, l'effet combiné du décalage horaire de huit heures (pas encore complètement absorbé), et des effets secondaires des médicaments à prendre tous les jours pour prévenir la malaria et accélérer l'acclimatation a joué des tours intestinaux à plusieurs membres du groupe.
Le manque de sommeil de la nuit précédente, une première en camping sous le fameux gros arbre où des singes se sont amusés longtemps, a également contribué à fragiliser quelques métabolismes.
Un climat spécial régnait donc tout au long de cette journée qui est allée puiser assez profondément dans les réserves de chacun, alors que le décor est passé de la forêt équatoriale à la grande lande à végétation rabougrie.
Au bas d'un sentier en descente, les quatre tentes cafétérias installées au milieu de nochère avaient des allures d'oasis au milieu du Sahara !
Groupes éparpillés
Nouvelle formule pour cette deuxième journée où les grimpeurs québécois étaient séparés en quatre groupes avec celui de queue, comprenant les personnes les plus affaiblies, menées par Eddie Frank lui-même.
Quelques autres ont connu des problèmes de santé en chemin, mais aucun cas suffisamment sérieux pour nécessiter une évacuation ou pour en laisser présager une.
Partis un peu avant neuf heures du matin du premier bivouac, situé à 2 850 mètres, les quatre groupes ont atteint le Camp Shira sur le plateau du même nom aux alentours de 17 heures, après avoir vécu une montée maximale de plus de 800 mètres en cours de journée.
Un autre extra, un baume pour le cœur, attendait chaque groupe à l'arrivée. Une chorale, formée des 140 porteurs et guides, chantait avec un enthousiasme contagieux des chants de bienvenue, y compris l'hymne un peu baveux de l'agence d'Eddie Frank.
« Nous sommes l'équipe Tusker, nous n'avons peur de personne ! »
Seule ombre au tableau, le panorama absent sur la montagne qui devait nous jeter à la renverse à partir d'une demi-heure avant l'arrivée au camp.
En effet, après avoir réservé quelques petites averses plutôt en journée aux grimpeurs, le Kilimandjaro avait décidé de s'envelopper de nuages en après-midi.
« Pas de problème », a expliqué le guide Charles John Malisa.
« Quand il pleut, c'est que la montagne pleure. Quand elle est cachée derrière les nuages, c'est qu'elle monte sa couverture pour se recouvrir, car elle est timide. Elle ne peut quand même pas se montrer nue dans toute sa splendeur chaque jour ! »
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