17 mars 2007


Un trekking au Népal signifie des heures de marche chaque jour. Des paysages changeants et toujours
impressionnants font passer le temps rapidement tout en permettant de prendre du recul sur sa routine habituelle.
photo : Martin Smith

À pied jusqu'à l'Éverest, le voyage d'une vie !

KATMANDOU, Népal - Mettons les choses au clair. Le Népal est à la portée de bien des portefeuilles mais ne convient ni aux coeurs fragiles, ni aux pieds tendres

Des articles de Martin Smith

La très grande majorité des pays du monde se visitent en dilettante, sans grande préparation. Impossible de le faire sans risque dans le pays au relief le plus accidenté du monde.

On ne va pas au Népal pour se balader et visiter des musées. On n'y va pas se faire rôtir sur une plage. D'autant moins que le pays n'a pas un seul mètre de littoral.

Non. Quand on choisit un jour dans sa vie d'aller au Népal, c'est pour faire du tourisme très actif et voir des montagnes. Les plus belles montagnes du monde. Des monuments naturels incomparables qui nous remuent, nous bouleversent quand on les voit enfin de nos propres yeux après en avoir tant entendu parler.

Cependant, il faut savoir avant de partir que Katmandou est probablement une des villes les plus sales du monde. Elle est aussi devenue une des plus polluées avec l'augmentation en flèche du nombre d'autobus, de camions, d'autos et, surtout, de motocyclettes qui roulent à toute vitesse et sans se soucier des piétons dans toutes les étroites artères de la capitale népalaise.

Comme les rues et les rivières servent aussi de dépotoirs à ciel ouvert, un séjour à Katmandou s'apparente à une visite à l'hôpital où tout semble fait sur mesure pour qu'on ait envie de ne pas tomber malade...

Tourisme très actif
Le Népal est un pays difficile à apprivoiser. On n'y va pas pour s'y recharger les batteries à coups de longues siestes et de baignades revigorantes.

Après avoir voyagé en Europe, en Afrique, en Amérique du Sud, en Amérique centrale et au Mexique, j'ai acquis la ferme conviction, après être allé au pied de l'Everest pendant la dernière période des fêtes, qu'un trekking au Népal est le voyage d'une vie.


Un dîner de groupe sous le soleil mais à une altitude de 4620 mètres oblige à garder vêtements chauds et
tuque pour un minimum de confort. Cette scène s'est déroulée à Duglha, la veille de l'scension du Kala Patthar.
photo : Martin Smith

Une aventure extraordinaire où se marient à la fois un effort physique exigé par la marche quotidienne vers l'objectif ultime, une introspection psychologique causée par un immense dépaysement et le recul énorme face à sa routine quotidienne, puis un voyage spirituel à nul autre pareil.

Pour bien saisir l'impact d'un trekking au Népal, il faut se mettre dans la peau d'un astronaute qui débarque sur la Lune. Nous n'aurons jamais la chance de visiter le satellite de la Terre mais la meilleure façon d'être aussi bouleversé, c'est de se retrouver à 5000 mètres d'altitude après 15 jours de marche et d'être au pied de montagnes dont le sommet se trouve encore à plus de 3 kilomètres de distance en ligne droite !



Les montagnes créent des décors très impressionnants dans les secteurs les plus nordiques de la région du Solu Khumbu.
Le petit village de Dingboche, situé a`4360 mètres d'altitude, semble écrasé par le Island Peak
(à droite, 6189 m) et surtout par la masse énorme du Lhotse et ses 8 501 mètres.
photo : Martin Smith

S'acclimater à l'altitude

NAMCHE BAZAR, Népal - Plus on approche des montagnes légendaires de la chaîne de l'Himalaya, plus on s'élève en altitude et plus on appréhende l'apparition des symptômes du mal aigu des montagnes.

Martin Smith

Une montée trop rapide en haute altitude peut causer des maux de tête, des nausées, des vertiges et autres symptômes pouvant aller jusqu'à un oedème pulmonaire ou cérébral, voire la mort.

On n'est donc jamais assez prudent pour s'assurer que l'acclimatation à l'altitude soit progressive et efficace.

Pierre Gougoux, professeur de plein air au cégep André-Laurendeau et leader du groupe de 32 Québécois avec lequel je suis allé au pied de l'Everest pendant le dernier temps des fêtes, avait décidé de mettre le maximum de chances de notre côté en modifiant le trajet prévu initialement.

Plutôt que de prendre un avion de Katmandou à destination de Lukla et ses 2800 mètres d'altitude comme la majorité des trekkers le font, nous avons pris un autobus vers Jiri (1950 m) pour entamer un trek plus long de 8 jours.

Ce faisant, nous avons visité une partie moins fréquentée du Népal en passant par les petites communautés de Shivalaya, Bhandar, Sete, Junbesi, Trakshindu, Bupsa et Surkhe, où les groupes de trekkers sont allés rarement au cours de la dernière décennie à cause des exactions des maoïstes.

Cette rallonge nous a permis de mieux connaître la vie au quotidien des Népalais et de vivre une acclimatation parfaite à l'altitude avec le résultat que les 32 membres du groupe se sont tous rendus à 5000 mètres et que 22 sont parvenus jusqu'au sommet du Kala Patthar, à 5545 mètres.

« Un exploit ! », a souligné Gougoux.

La liste des victimes a été plus longue pour les problèmes intestinaux. C'est presque un exploit d'y échapper au Népal. Un conseil primordial : apporter suffisamment de gel antibactérien pour les mains. Ça fera déjà ça de pris...


Les sentiers centenaires menant vers l'Everst suivent presque toujours la rivière Dudh Koshi.
On traverse régulièrement ce cours d'eau impétueux grâce à des ponts suspendus
où l'on croise parfois des convois de dzopkyos, croisement de yaks et de vaches.
photo : Martin Smith



Tendi Sherpa a été le guide en chef de notre trek vers le Kala Patthar.
II a posé en compagnie de son fils Gyalzen ainsi que de ses neveux Dawa Gyalzen
et Mingmar (le plus jeune) lors d'un arrêt à sa maison située près de Trakshindu.
photo : Martin Smith

Un pays sur lequel le temps n'a pas de prise

TENGBOCHE, Népal - Impossible d'imaginer plus beau pays que le Népal pour délaisser les traditionnelles destinations mer et soleil afin de goûter à la montagne.

Martin Smith

La montagne, mais aussi une immersion dans un environnement sur lequel les siècles ne semblent pas avoir de prise.

Il faut dire que la géographie extrême du Népal condamne ses régions à être isolées mais les protège en même temps d'un progrès qu'on souhaiterait parfois pouvoir ralentir dans nos propres pays.

Il ne faut pas sortir tellement loin de Katmandou pour qu'il n'y ait plus de route, ni de véhicule à moteur.

Tout au long des quelque 200 kilomètres de sentiers qui nous ont conduits en 20 jours de Jiri jusqu'au pied de l'Everest, puis à Lukla pour le vol de retour vers la capitale, le bruit le plus notable était celui de la rivière Dudh Kosi dont les eaux glaciales viennent des glaciers de l'Himalaya.

Le sentiment de paix était d'autant plus net que peu de touristes choisissent la saison hivernale pour visiter le Népal. Pourtant, c'est la saison sèche, donc pas de précipitations et un ciel bleu omniprésent.

Pendant les 20 jours de trek écoulés entre le départ de Jiri, le 23 décembre, et le retour à Lukla, le 12 janvier, on a eu 16 jours de soleil et 4 jours de nuages.

Et pas de neige au sol. Même jusqu'au sommet du Kala Patthar, haut de 5545 mètres, où l'on peut se délecter des plus belles vues sur le majestueux mont Everest.

L'irritant majeur est le manque de chaleur dès que le soleil disparaît. Les lodges où nous couchions n'étaient pas chauffés la nuit. Et bien mal isolés. Quand ils l'étaient...

Néanmoins; la bonne humeur contagieuse des guides Sherpas et leur aisance à remonter le moral de ceux qui vivaient des baisses de régime ont eu l'heur d'aplanir les petites difficultés de cette très longue promenade de Jiri à l'Everest que les Européens ont surnommée « la star des treks ».

Une trentaine de treks sont offerts à travers le Népal. La plupart sont de difficulté moyenne.

Depuis Montréal, un billet d'avion pour le Népal peut coûter de 1600 à 2 300 $.

Un trekking vers le camp de base de l'Everest coûte environ 3 500 $ quand tout est arrangé par une agence spécialisée au Québec. Ce prix peut être grandement réduit pour un grand groupe et grâce à un organisateur qui négocie directement avec une agence népalaise sans intermédiaire. Encore faut-il trouver cet organisateur...

L'Everest bouge
Incroyable mais vrai, l'Everest bouge. Selon des calculs basés sur des mesures GPS, l'Everest se déplace horizontalement vers le nord-est à une allure d'escargot, à savoir six centimètres par an.

Les maoïstes et le tourisme
Des Népalais ont déménagé ou envoyé leurs enfants étudier à l'étranger pour ne pas avoir à subir les conséquences de l'insurrection maoïste entamée en 1996. Leur habitude d'exiger des «taxes de protection» aux locaux et des «taxes de bienvenue » aux touristes ont fait très mal à l'économie népalaise. De 1999 à 2005, le nombre de touristes à destination du Népal a reculé de près de la moitié, passant de 500 000 à 277 000 par an. La menace semble en voie de disparition avec les présentes négociations constitutionnelles qui impliquent les maoïstes.

Plus c'est haut, plus c'est cher !
Plus on s'éloigne de la capitale népalaise, plus les denrées coûtent cher. L'approvisionnement est difficile, étant donné l'absence de routes. La même bouteille de 1 litre d'eau, achetée 0,20 $ à Katmandou, coûte 0,70 $ à Shivalaya (1810m), 1,75 $ à Nunthala (2220m), 2,60$ à Tengboche (3870m) et, finalement, 3,85 $ à Dingboche (4 360 m).

Fête de la pizza et de l'Indien
Depuis de nombreuses années, voire des décennies, la tradition veut que les conquérants de l'Everest et les humbles trekkers se paient une délicieuse pizza chez «Fire & Ice» ou un régal de cuisine indienne au restaurant «Third Eye» à leur retour de l'Himalaya. Les saveurs sont doublement délectables après quelques semaines du plat national, le « dhal bat», qui se résume à un bol de riz sur lequel on verse une soupe de lentilles et quelques légumes. Et parfois, un peu de poulet ou de viande.

Un pays pauvre et bigarré
La population du Népal se chiffre à un peu plus de 28 millions d'habitants et sa capitale, Katmandou, en regroupe environ 1,5 million. On y trouve plusieurs groupes ethniques, dont les Chhettri, les Tamangs, les Raïs et les Sherpas. Le Népal reste un des pays les plus pauvres du monde, avec un produit intérieur brut de 1750 $ par an par habitant contre 2100 $ pour Haïti, par exemple.

Montagnes, montagnes, montagnes
Le Népal est traversé par quatre chaînes de montagnes. Les Chure (de 900 à 1350m), les Mahabharat (de 1500 à 2700m), les Tibetan Marginale (moins de 6000m) et, finalement, l'Himalaya (jusqu'à près de 9000m). Aucun pays du monde n'est aussi accidenté. Plus de 80 % de la superficie du Népal est occupée par des montagnes. La Terre compte 14 montagnes s'élevant à plus de 8000 mètres. On en trouve huit dans ce pays de 150 000 kilomètres carrés.

Latitude, latitude
De prime abord et donc sans avoir examiné un globe terrestre avec une attention trop soutenue, on a l'impression que le Népal se situe au nord, à peu près à la latitude de Moscou, par exemple. Rien de plus faux! La capitale Katmandou se situe à une latitude, 27 degrés Nord, qui se rapproche de celles du Caire et de... Miami.


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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