8 février 2004Marathon canadien de ski de fond
MONTEBELLO - Il faut de bonnes jambes et de bonnes épaules pour espérer compléter le Marathon canadien de ski, mais il faut aussi pouvoir compter sur la dureté de son mental.

| Des articles de Martin Smith |
Pour chaque fondeur, la pensée la plus réconfortante au moment de prendre le départ dans la noirceur sur le golf de Buckingham un peu avant 6 heures hier matin, c'était que 802 autres coureurs des bois avaient le mental assez dur pour croire qu'ils pourraient couvrir les 155 km en deux jours.
« Dur » est un euphémisme dans le cas des coureurs des bois de classe « or » qui devaient skier la distance en portant un sac à dos pesant plus de cinq kilos tout en ayant couché à l'extérieur, hier soir.
Maso et moumoune...
Dans le cas de Paul Junique, en route pour un 24e marathon consécutif et une 2le barre or, il y a tout lieu de croire que le mental est fortement teinté de masochisme.
« Pas du tout », a-t-il rétorqué lorsque rencontré près du gros feu où son groupe et lui se réchauffaient en fin d'après-midi. « Je suis ici pour le social. J'ai jasé tout le long du parcours avec mon bon ami Pierre et on n'a pas vu le temps passer. Et puis ici, au campement, on est 200 et tout le monde se parle. »
En effet, 207 des 237 coureurs or inscrits ont passé le dernier poste de contrôle à temps pour pouvoir poursuivre jusqu'au campement.
Parmi eux, deux fondeurs olympiques, Chris Blanchard et Pierre Harvey, qui ont mis moins de 6 heures pour franchir les 72 kilomètres de la première journée.
Harvey a dû se faire traiter de « moumoune » par son ami Michel Leblanc avant de se décider à courir dans la catégorie «or» après avoir été «bronzé» (compléter le marathon), puis «argenté» (compléter avec un sac de cinq kilos), il y a quelques années.
« Je vais maintenant pouvoir sortir du placard et dire publiquement que je ne suis pas une moumoune», a lancé Harvey en faisant rire les campeurs.
Au total, 2 161 fondeurs ont participé à la première journée du marathon, dont 803 randonneurs (une ou plusieurs sections, seulement), 578 membres d'équipe à relais et 780 coureurs des bois.
Conditions idéales
Chacun des participants sait qu'il faut être un peu fou pour se lancer dans une telle aventure, car on ne sait jamais quelles conditions climatiques seront au rendez-vous et dans quel état seront les pistes.
Hier, avec une température douce aux environs de moins 5 et du travail impeccable accompli par les traceurs de l'organisation, on pouvait se féliciter d'avoir choisi la 38e présentation du marathon pour tenter de vaincre « le monstre ».
L'auteur de ces lignes a dépensé près de 5 000 calories en 9 heures pour couvrir les 72 premiers kilomètres. Le problème est qu'il reste la deuxième journée, avec un froid bien plus mordant et une distance de 83 kilomètres à franchir avant de se pointer devant l'hôtel de ville de Lachute !
page mise en ligne par SVP

Consultez
notre ENCYCLOPÉDIE sportive