28 février 2004


À la file indienne sur la baie de Dartmouth pour finir la Grande Traversée de la Gaspésie,
les fondeurs étaient reliés à la taille par une corde afin de minimiser les risques dans des
conditions de visibilité extrêmement réduites et avec un vent qui soufflait à décorner les boeufs.
photo : Jacques Gratton

Blizzard déchaîné à la tombée du rideau !

GASPÉ - Un blizzard déchaîné a mis fin de la plus belle façon qui soit à la deuxième présentation de la Grande Traversée de la Gaspésie.

Des articles de Martin Smith

La dernière étape menait le groupe de Traverseurs de l'auberge de jeunesse de Forillon jusqu'à Penouille, dans un superbe sentier boisé de dix kilomètres.

Puis, suivait une traversée de quatre kilomètres sur la banquise de la baie de Dartmouth, pour enfin arriver à Gaspé.

Problème de taille, le blizzard, qui avait débuté la veille en après-midi, avait pris du volume pendant la nuit et ne montrait aucun signe de vouloir se calmer.

Un départ prévu très tôt pour aller admirer le lever du soleil à Cap-Gaspé a donc été annulé.

Le début du dernier segment de ski de fond, lui, a été repoussé à dix heures.

Pas un chat dehors...
Il faisait un temps à ne pas mettre un chat dehors. Les fondeurs, aguerris par lesquelque 275 kilomètres parcourus en ski au cours des cinq jours précédents, trépignaient à l'idée de plonger dans les éléments déchaînés.


photo : Jacques Gratton

« J'ai observé les conditions météorologiques toute la journée dans l'espoir de pouvoir sortir mon hélicoptère, mais ça n'a pas été possible », a indiqué le comédien Gaston Lepage. Le vent n'a jamais descendu en bas de 40 km/h et montait régulièrement dans les 90 km/h. La température, elle, était d'environ moins 8 degrés. »

Arrivé au bout de la presqu'île de Penouille, tout le groupe s'est retrouvé dans une cabane réchauffée par un petit poêle à bois. On dansait des rigodons pour se garder au chaud en attendant le signal du départ. Il régnait une fébrilité incroyable. Les consignes étaient claires : les fondeurs étaient répartis en dix groupes, dont chacun était mené par un guide expérimenté dans les conditions extrêmes d'un pôle comme Thierry Pétry, ou d'un sommet de 8000 mètres comme Christian Bernier et Jacques Bouffard.


photo : Jacques Gratton

Corde à la taille
Les membres de chaque groupe étaient reliés les uns aux autres par une corde nouée à la taille.

La neige était projetée avec tant d'intensité que la visibilité était parfois réduite à moins de cinq mètres.

Un motoneigiste, muni d'un GPS, ouvrait la voie. Quelques autres encadraient le convoi.

Au moment du départ, les étincelles pétillaient dans les yeux de tout le monde.

Pour des amants de la neige, de l'hiver et du froid, c'était comme goûter à un petit coin de l'Antarctique.

Deux heures plus tard, avant que le groupe passe sous pont de Gaspé, les exclamations de joie fusaient de toutes parts.

Tous se sentaient comblés d'avoir commencé cette superbe expédition sous le soleil dans les Chic-Chocs et de la terminer triomphalement dans le blizzard de Gaspé.

La coordonnatrice Claudine Roy était épuisée, mais conservait ce grand sourire qui éclaire encore et toujours son visage.

« On a fait une terrib' de belle Traversée ! a-t-elle dit. J'avais senti, dès le début, que ça irait bien parce qu'on avait un beau groupe de participants.

« De plus, l'implication dans tous les villages de la péninsule a été extraordinaire.

« Quant à la météo, on aurait difficilement pu trouver un meilleur scénario pour combler tout le monde. »

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