24 février 2004

Au royaume des deltaplanes,
les musiciens volent haut
RIVIÈRE-MADELEINE, Gaspésie - Le « sôôôcial » a pris le dessus sur le ski de fond lors de la deuxième journée de la Traversée qui a mené hier les fondeurs de Mont-Saint-Pierre à Rivière-Madeleine.

| Des articles de Martin Smith |
On nous avait prévenus. « Les musiciens n'attendent que les occasions pour sortir les violons, accordéons et autres instruments... »
L'organisation de la Grande Traversée leur en a fourni l'occasion.
Il aurait semblé, en effet, que le seul parcours menant de Mont-Saint-Pierre à Mont-Louis - avec ascension interminable de ce cap où on organise depuis plus de vingt ans un festival de deltaplane - allait drainer 70 % de l'énergie des fondeurs. La trentaine de kilomètres suivants allait donc être une promenade à travers les butons gaspésiens.
La journée a été organisée comme si on allait faire un pique-nique sur le mont Royal, mais la définition de « butons » n'est pas la même partout au Québec, surtout pas dans une région qui compte dix sommets de plus de 1 000 mètres d'altitude.
Isabel à la soupe
Après une heure de montée abrupte en style pingouin et quelques kilomètres de sentiers étroits, il a néanmoins fait bon se faire servir une soupe par Isabel Richer, la « louve » gaspésienne, sur un promontoire panoramique au pied de la croix de Mont-Louis.
Rendus dans le petit village qu'on a longé en skiant sur la plage enneigée, les skieurs ont été accueillis, par les cloches de l'église sonnant à toute volée.
Au bout de la plage, au café L'Essen'Ciel, une accordéoniste et un guitariste endiablés ont fait lever le party pendant quelques heures en attendant que tous les skieurs soient regroupés.
La veille, Mont-Saint-Pierre et son maire Magella Émond avaient déroulé le tapis rouge et sorti le bonhomme Carnaval. Mont-Louis ne pouvait évidemment pas se laisser damer le pion.
Les interruptions, incluant un bout de trajet en autobus scolaire, ont brisé le rythme naturel d'une sortie en ski de fond, mais ont aussi permis d'admirer à souhait le golfe Saint-Laurent majestueux avec ses grandes étendues d'eau ouverte, parsemées d'amas de glace épousant des formes plus spectaculaires les unes que les autres.
Finalement, après 40 kilomètres et plus de huit heures en plein air et plongés dans le « sôôôcial », les skieurs ont atteint leur but, la pourvoirie Au Paradis de Diane et Jude, à Rivière-Madeleine.
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