2 février 2003
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En plein coeur de la saison de ski de fond, cette chronique dominicale répondra présente jusqu'au dernier dimanche de mars.
Son titre est un peu trompeur car son auteur ne peut plus pousser Dans l'fond, mon Léon!
Vous le constaterez subito presto à la lecture d'une première sortie de compétition « à la sauce de Coubertin » sur le circuit Géo Plein Air.
Néanmoins, j'ose espérer que les diverses expériences vécues d'un bout à l'autre du Québec et dont il sera question dans cette page vous donneront envie de goûter l'hiver à fond.
Les enfants, eux, en raffolent. Et pas seulement en planche à neige ou en ski alpin, comme ils en témoigneront dans une prochaine chronique.
Par ailleurs, pousser à fond, c'est aussi pousser plus loin et plus longtemps. Au menu pour le début mars, le récit de cinq jours en ski de fond et quatre nuitées sur la glace d'un immense lac nordique...
On vous décrira aussi un site d'une beauté féerique dont on ne soupçonnait pas la présence au Québec, à trois heures à peine de Montréal.
Il me reste à espérer vous retrouver dans une semaine et jusqu'à la fin de mars avec comme unique but de vous donner la piqûre du ski de fond, le plus beau sport d'hiver...
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Journaliste en queue de peloton
à la loppet du mont Saint-Anne
Saint-Ferréol-les-Neiges - Je savais bien que les adeptes du pas de patin ne m'attendraient pas. Ils pensent juste à aller vite, ces abonnés du « Tasse-toi mon onc'! »

| Des articles de Martin Smith |
Faut dire que j'ai couru après le trouble.
Je me suis inscrit à la journée « style libre » de la 30e présentation de la loppet du mont Sainte-Anne, même si la température était digne du printemps et les conditions de neige, fabuleuses.
Évidemment, j'aurais pu attendre 24 heures de plus et m'inscrire au 40 km «style classique» d'aujourd'hui. En plus, on prévoit une lutte à finir entre Pierre Harvey, Denis Vachon, Jocelyn Vézina, Guillaume Joly et Guido Visser.
Cependant, il m'aurait fallu une machine à remonter le temps car je devais livrer cette première chronique hier après-midi.
Or donc, comme je suis un inconditionnel du « style classique » ou « pas alternatif » et qu'un patineur roule habituellement 15 % plus vite qu'un « mon onc'» traditionnel, je n'ai pas pris de chance.
Il faut parfois se cacher
Je suis allé me cacher complètement à l'arrière du peloton de 150 fondeurs, inscrits pour le 15 ou le 30 kilomètres, avec une belle pensée pour le baron de Coubertin et son slogan L'important, c'est de participer.
Pour les besoins de la cause et pour vous chers lecteurs, j'ai sacrifié toute dignité en stationnant ma Lada derrière toutes ces Volks Golf...
Une Lada rouillée en plus, car les années ont entrepris leur oeuvre d'érosion dans mon cas.
Avec une balance qui refuse de descendre sous les 100 kilos, une bedaine full apparente et la cinquantaine qui approche à grands pas, vous comprendrez que c'est dur de se traîner sur le plat et carrément éreintant de gravir les montées.
En revanche, la masse adipeuse est un atout majeur dans les descentes...
Retardataire puis écarté
Pour en revenir à la loppet, plusieurs signes m'ont fait comprendre que le retard sur mes amis patineurs devenait de plus en plus grand.
Au premier poste de ravitaillement situé au 15e kilomètre, les gentils bénévoles commençaient à désespérer de voir apparaître « le journaliste » quand je m'y suis pointé très tardivement.
Deux kilomètres plus loin, j'ai soudain entendu les dameuses qui gagnaient rapidement du terrain en refaisant la piste pour les besoins de la clientèle régulière.
Je me suis tassé pour les laisser passer, puis j'ai sacré en aspirant une grande pof d'exhaust de diesel.
Ce dépassement m'est rapidement apparu providentiel. Un des BMR traçait un beau double sillon pour le pas alternatif.
Passé le 20e kilomètre, revirement de situation alors que je me suis perdu. Certaines balises avaient été changées en prévision d'une compétition régionale de clubs de ski de fond devant commencer en fin d'avant-midi.
Je me suis retrouvé au point de départ d'où je suis reparti en beau fusil, bien décidé à continuer de skier pour le plaisir.
Je ne vous l'ai pas encore avoué, mais le centre de ski de fond du mont Sainte-Anne et ses 210 kilomètres de pistes tracées, une station très bien développée par la SÉPAQ avant d'être cédée au privé il y a quelques années, est un modèle du genre.
J'essaie d'y aller au moins une fois par année pour me payer la traite dans la « 24 », la piste la plus tripante au Québec, à mon avis.
C'est donc là que je me suis retrouvé après avoir perdu le fil conducteur de ma loppet de 30 km. J'ai fini la journée avec près de 35 kilomètres au compteur et une moyenne de vitesse supérieure à 10 km/h. Pas si mal pour une vieille Lada!
Les Volks Golf, elles, ont passé bien moins de temps au grand air...
Le triomphe de Légaré
Rémi Légaré, gagnant de l'épreuve, a bouclé le parcours en 1 heure 19 minutes et 32 secondes.
Le fondeur de Lac-Saint-Charles a roulé à une vitesse moyenne de 22,6 km/h, supérieure de 3 km/h à celle de la gagnante locale Marie-Odile Raymond.
Au cas où l'envie vous prenne de vous inscrire dans une course populaire d'endurance en ski de fond, sachez que la manche du mont Sainte-Anne était la troisième de la série de sept formant le circuit Géo Plein Air.
Rendez-vous suivant : la fin de semaine prochaine dans le superbe parc du mont Orford.
À moins que vous soyez déjà prêts à souffrir au Marathon canadien de ski...
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