20 février 2003Christiane Ayotte et les cas de dopage
Christiane Ayotte ne s'y habituera jamais

| Des articles de Martin Smith |
Des athlètes de l'élite internationale continuent d'utiliser des substances interdites malgré tous les conséquences négatives documentées sur leur santé.
Le décès du lanceur Steve Bechler, des Orioles de Baltimore, sidère particulièrement la directrice du laboratoire montréalais de contrôle du dopage de l'INRS-IAF.
« Le Xenadrin, mentionné dans les articles, n'est pas un médicament, mais bien un complément alimentaire à base d'éphédrine », explique Ayotte.
« En 2000, un groupe de médecins indépendants a étudié une centaine de rapports d'accidents reliés à l'usage de ces compléments. Ils ont conclu que plus de 60 pour cent de ces cas d'hypertension, de tachycardie, d'arythmie, de crises cardiaques et d'accidents cérébro-vasculaires étaient soit très certainement, soit potentiellement dûs à l'éphédrine. »
Pourtant, rien n'a été fait aux États-Unis pour retirer ces produits des tablettes. L'industrie des compléments alimentaires est milliardaire grâce à ces best-sellers que sont l'éphédrine et la créatine.
« Les gens prennent ces compléments comme coupe-faim et comme brûleur de graisse, explique le Dr Ayotte. Les sportifs, eux, les prennent pour maintenir leur poids et comme stimulant pour masquer la fatigue et pouvoir s'entraîner plus longtemps. »
Autre conséquence moins connue : l'effet de rebond.
« Après deux ou trois jours, le corps est deux fois plus fatigué et a deux fois plus de difficulté à récupérer, explique Ayotte. Ça défie le bon sens que ces produits soient aussi facilement accessibles. C'est une histoire de lobby, de marché, de gros sous ... »
Taux d'hémoglobine
En Italie, la fondeuse finlandaise Kaisa Varis défraie les manchettes.
Au championnat du monde de ski nordique, on lui a défendu de prendre le départ du 15 km classique et imposé une suspension de cinq jours à la suite d'un test sanguin montrant un taux d'hémoglobine trop élevé imputable, selon Varis, à l'utilisation d'un caisson d'azote (tente à oxygène).
En ski comme en cyclisme, on interdit le départ à un concurrent si son hématocrite - globules rouges par rapport au volume sangui- est supérieur à 16 milligrammes par litre dans le cas d'une femme et de 17mg/1 dans le cas d'un homme.
Celui de Varis s'élevait à 16,4 mg/l.
« Si vous allez à l'hôpital, on vous considère anémique avec un taux en bas de 9 à 10mg/1 et on essaie de vous maintenir entre 10 et 13. Alors, à 16, on est dans une zone très élevée », explique Ayotte.
« Varis a raison de dire que seul un test urinaire aurait pu conclure qu'elle était coupable de dopage, mais disons qu'elle a l'air fou. »
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