9 mars 2003

Froid, camaraderies souffrance,
beauté des paysages...

Une expédition inoubliable

Des articles de Martin Smith

La Sarre
La Traversée du lac Abitibi devrait être un rite de passage pour les Québécois comme la légendaire Vasaloppet en est un pour les Suédois.

Tout citoyen de Suède qui se respecte doit avoir skié les 90 kilomètres de ce marathon de ski de fond vieux de près de 80 ans. À même enseigne, tout Québécois gagnerait à vivre à la dure les cinq jours de la TLA.

Question de renforcer la dureté du mental, comme dirait le personnage interprété par Marc Messier dans le film Les Boys.

Les participants à la TLA sont d'abord séparés en Conquérants ou en Coureurs des bois, selon leur choix de faire partie d'un groupe encadré par un guide ou de vivre l'expérience de façon autonome.

Chaque jour commence avec le réveil à six heures du matin, l'étape la plus « souffrante ».

S'extirper d'un sac de couchage, aussi polaire soit-il, n'a rien de très invitant quand des flocons de neige sont accrochés aux parois et au plafond de la tente, gracieuseté de la condensation formée par la respiration de chacun.

Il faut alors plier bagages - à -30 Celsius! - pendant que le guide, levé une heure plus tôt, a fait fondre de la neige pour faire bouillir l'eau afin de préparer chocolat chaud et gruau agrémenté de maints extras.

Puis, toujours mitaines aux mains, on mange un bagel badigeonné de beurre de pinottes.

Les besoins naturels sont effectués dans une poubelle à moitié enfoncée dans le sol et recouverte d'un siège en styrofoam. Elle est récupérée chaque jour par les bénévoles en motoneige qui se font un devoir d'aplanir la neige sur chaque site de campement et d'aménager une « salle d'aisance » aussi confortable que possible à l'abri des regards et du vent.

Une fois la tente démontée et chaque traîneau bien ficelé, les conquérants et les coureurs des bois se mettent en route sur un sentier balisé par les motoneigistes qui demeurent aussi invisibles que possible. À peine deux apparitions par jour pour distribuer des bouteilles d'eau au besoin et répondre à toute urgence.

Énergie et température
Une expédition comme la TLA permet de prendre amplement connaissance des secrets de la gestion de son énergie et du contrôle de sa température.

Il faut boire énormément car l'effort fait suer et le vent assèche. Dans ces conditions très dures, on découvre à quel point la nourriture est un combustible. Laisser ses batteries descendre à zéro est un péché capital.

L'inquiétude la plus largement partagée est celle du sommeil. La première nuit de camping hivernal est une expérience très spéciale. On se lève le matin avec l'impression de n'avoir pas dormi une seule seconde. Pourtant, au lever, la forme y est. Il y a donc bel et bien eu récupération...

Par la suite, on s'habitue à se réveiller et se rendormir environ 95 fois par nuit. Quand on n'y prête plus attention, tout baigne. Et après avoir dormi à -35 Celsius, on se croit en plein été quand le thermomètre grimpe à -15 Celsius.


La Traversée du Lac Abitibi : une expédition de cinq jours en ski hors-piste à tirer un traîneau
de quinze kilos minimum, tout en vivan quatre nuits de camping d'hiver. Inoubliable !

Aventure de groupe
Outre sa propre expérience individuelle, la TLA permet de bâtir des liens de camaraderie incroyable entre les gens et les équipes.

Le dernier soir passé aux îles aux Hérons, les tentes ont été érigées plus près les unes des autres et tous ont mis la pelle à l'ouvrage pour déblayer des tranchées menant d'un campement à un autre. De toute beauté!

Des personnalités très fortes se démarquent également au fil des jours. Entre autres, celle du Néerlandais Frank Kleinbekman, tombé amoureux fou de l'Abitibi qui, année après année, amène des compatriotes participer soit à la TLA, sait au Raid des Conquérants, une expédition de cinq jours en vélo de montagne au mois d'août.

Parmi les autres figures inoubliables de la 9e Traversée, il y a aussi eu Yvon Calder, plus grand maniaque de plein air que l'Abitibi ait jamais connu, Raymond Caron, dit « le bûcheron », et son inséparable ami Mario Roy, boute-en-train intarissable.

Et comment oublier Luc et sa fille Julie, ainsi que Suzie, Natalie, Bouke, Walter, Louis-Philippe, Yannick, Yann, Isabelle, Nancy, Pierre, Patrick, Gilles...

Les bénévoles sont également trop nombreux pour être tous remerciés individuellement mais qu'ils se sentent visés dans un merci très spécial adressé au chef de la sécurité motoneige, Michel Longpré.


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