9 mars 2003

L'amour de Gaïazova pour le mont Royal
Quelle incroyable sensation que de dépasser à trois reprises la cochampionne canadienne senior en titre lors d'une sortie en ski de fond sur le mont Royal !

| Des articles de Martin Smith |
Faut dire que mon choix de cire, la « bleue spéciale» de Swix, s'est révélé parfaitement adapté aux conditions de neige et à la température de vendredi après-midi au sommet du mont Royal.
Dasha Gaïazova, elle, ressemble à la plupart des fondeurs d'élite. Les secrets du fartage ne sont pas sa tasse de thé, comme disent les Anglais.
Pour cette rencontre amicale sur les planches, la fondeuse russe, naturalisée Canadienne en septembre denier, a sorti une bleue spéciale de Rodi qui, selon elle, «est bonne en tout temps».
S'il avait fallu que son entraîneur Lue Germain, un des plus grands connaisseurs en fartage du Québec, entende sa protégée proférer une énormité pareille, il lui aurait imposé sur le champ une pénalité de dix kilomètres à fond de train.
L'avantage de la cire s'est manifesté rapidement. A trois reprises, je suis parvenu à surprendre Gaïazova dans des petites montées sur la boucle qui part et revient au pavillon du lac des Castors après une incursion autour de la célèbre croix.
Pour ce faire, il m'a fallu être aussi rusé qu'un Sioux.
Approcher aussi silencieusement que possible de ma proie puis, sans crier gare, ouvrir la machine en criant au passage : «Et voilà Smith qui, dans la montée, passe la championne canadienne. La foule est en délire ... »
À chaque occasion, le triomphe s'est révélé bien éphémère. Quand Gaïazova passe en deuxième vitesse, ses adversaires ne tardent pas à se faire distancer à coups de grandes enjambées classiques. Et dire qu'elle a encore deux vitesses supplémentaires à sa disposition pour des adversaires plus coriaces...
Je mijotais cette sortie montréalaise depuis quelques semaines. Je voulais entendre Gaïazova exprimer son amour inconditionnel pour le mont Royal et la voir à l'oeuvre sur cette montagne dont elle connaît les moindres recoins.
Coup de foudre
« Quand je suis arrivée au Canada avec mes parents en février 1999, nous nous sommes installés à Toronto, raconte-t-elle. C'était plate. Il n'y avait aucun endroit extérieur pour m'entraîner en skis à roulettes l'été, et encore moins en ski de fond l'hiver. Puis, nous sommes déménagés à Montréal. Dès que j'ai vu le mont Royal, ce fut le coup de foudre. »
À son premier été, Gaiazova rencontre des gens du club Skiélite en session d'entraînement. Commence dès lors son association avec ce club, dont Germain est le grand manitou et dont Donald Farley a été le porte-couleurs le plus titré.
«Depuis quatre ans, je m'entraîne à longueur d'année sur le mont Royal, poursuit Gaïazova. L'été, je cours dans les sentiers qui s'amorcent sur le Chemin Olmsted et j'en découvre sans cesse des nouveaux.
« L'hiver, la quinzaine de kilomètres de sentiers est très bien pour mes entraînements. Ils sont faciles, mais il y a suffisamment de montées, de descentes et de virages pour me permettre de pratiquer toutes les facettes du sport. »
L'altitude du sommet de la montagne permet d'y trouver une qualité de neige souvent étonnante. Ces jours-ci, par exemple, elle est bien plus douce que celle de la station du mont Saint-Bruno.
Jusqu'à Pâques
«De plus, comme la base est excellente, le temps doux qu'on prévoit pour les jours à venir n'empêchera pas qu'on skie sur la montagne jusqu'en avril», souligne Gaïazova.
«Avec un peu de chance sous forme d'une belle tempête de neige, on pourrait skier sur la montagne presque jusqu'à Pâques!»
L'an dernier, Mère Nature a été très gentille avec Gaïazova et les fondeurs montréalais. La tempête du 27 avril lui a permis de skier le 28 avril avant de ranger ses skis pour de bon jusqu'à la saison 2002-2003 qu'elle a entreprise à la Forêt Montmorency dès le week-end suivant l'Halloween.
« Vivre en ville avec une montagne à distance de marche de la maison est un avantage extraordinaire, reconnaît-elle.
«J'aimerais bien pouvoir apporter ma contribution pour rendre le réseau encore plus intéressant. J'ai plein d'idées à ce sujet. J'en profiterais pour suggérer aux employés de ne pas envoyer autant de gravier dans les pistes de ski de fond quand ils aspergent le sentier de marche pour le rendre moins glissant. Je leur demanderais aussi de tracer les pistes tout de suite après une tempête de neige et non pas à des jours fixes. »
Montréal a la chance de compter sur une fondeuse comme on en trouve une seule dans une génération. Elle est amoureuse de la ville et de sa montagne. On devrait peut-être l'écouter..
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Championnat canadien senior
Duntroon, Ontario, du 4 au 9 mars
10 km libre : Médaille de bronze
15 km classique : Médaille d'or
Sprint libre : Médaille d'or
30 km classique : Médaille d'argent
Cumulatif : cochampionne
Jeux du Canada
Nouv.-Brunswick,du 24 au 28 février
7,5 km classique : Médaille d'or
Sprint libre : Médaille d'argent
Poursuite 2x 5km : Médaille d'or
Relais : Médaille d'argent
Série Coupe continentale
Au cumulatif : 3e rang senior
Keskinada Loppet
Parc de la Gatineau, 15 février
15 km classique : ler rang senior
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