20 février 2002
«On a l'air d'un six pack d'Orange Crush dans notre cabane au Canada»

| Des articles de Martin Smith |
Yves Bilodeau savourait pleinement sa bière canadienne dans la roulotte de chantier qui sert de quartier général à l'équipe de ski de fond sur le site de Soldier Hollow.
« On a apporté notre bière de Calgary parce qu'on savait qu'il n'y aurait rien de buvable ici » a expliqué le technicien farteur qui a porté les couleurs du Canada en ski de fond lors des J.O. de Calgary, d'Albertville et de Nagano.
Comme quatre autres farteurs et deux entraîneurs canadiens, Bill, comme on le surnomme, possède maintenant une chevelure blonde.
« En fait, c'est plutôt orange, précise-t-il. On avait promis aux filles que si une d'entre elles finissait parmi les cinq premières, nous nous ferions teindre en blond. »
Le personnel d'encadrement a donc dû passer aux actes après la conquête de la médaille de bronze de poursuite par Beckie Scott.
Techniciens et entraîneurs auraient bien aimé que la première médaillée olympique de ski de fond de l'histoire canadienne répète son exploit hier dans le sprint 1,5 km.
«Un podium aurait signifié qu'on se faisait tous tondre la crinière, a expliqué Bilodeau. On aurait pu se débarrasser de nos allures de bouteille d'Orange Crush! »
Le ton est toujours à la rigolade avec Bilodeau, mais, comme c'est le cas pour son bon ami Pierre Harvey ainsi que pour les farteurs québécois Alain Masson et Laurent Roux, la fierté est aussi évidente à la suite de l'exploit de la jeune Albertaine.
« La barre est rendue à un plus haut niveau pour tout le monde, explique Bilodeau. On n'avait jamais eu de médaille olympique avant, mais c'est rendu qu'on trouve ça plate quand Beekie rate le podium de peu comme ç'a été le cas avec sa cinquième place au sprint.»
La coupe à blanc dans la chevelure des accompagnateurs de l'équipe canadienne de ski de fond pourrait se produire dès demain au terme de l'épreuve de relais 4x5 km.
« Les Norvégiennes et les Russes sont favorites, mais plusieurs équipes dont la nôtre vont lutter pour la médaille de bronze, note Bilodeau. Tout peut arriver. On a des super bons skis et nos filles sont fortes. »
Menées par la locomotive Scott, les Canadiennes vont devoir lutter contre les Allemandes, les Ukrainiennes et les Italiennes.
Dans l'environnement olympique comme dans la plupart des rendez-vous de compétition, le personnel d'encadrement travaille dans l'ombre. Pourtant, Pierre Harvey a déjà indiqué que le choix et la préparation des skis comptaient au moins pour 15 pour cent dans la performance.
«Personne ne veut se battre contre ses skis plutôt que pour une médaille, reconnaît Bilodeau. Jusqu'à présent à ces Jeux, nos choix sont bons et les filles roulent fort. »
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