1er juin 2002

Geneviève Jeanson nage en plein bonheur

Geneviève Jeanson flotte sur un nuage au moment de défendre son titre de championne de la Coupe du monde de Montréal.

Des articles de Martin Smith

« Je n'échangerais ma vie pour aucune autre, a-t-elle affirmé lors d'une récente entrevue avec Le Journal de Montréal.

« Je fais ce que j'aime, ce qui me rend heureuse et me fait grandir en tant que personne. Je suis entourée par une belle équipe, appuyée par un bon commanditaire. Que demander de plus?»

Même les cinq derniers mois passés en Arizona et en Caroline du Nord, loin de sa famille, ne font plus partie du domaine des sacrifices.

« La première année, je me suis ennuyée un peu », a avoué celle qui aura 21 ans à la fin de l'été.

« Rendue au mois de mai, j'avais très hâte de revenir à la maison. Cette année, j'ai pris plus d'assurance. Je ne perçois à peu près plus rien comme un sacrifice. Oh bien sûr, je mangerais parfois un beau gros morceau de tarte à la fin d'un repas, mais bof... »

Du vélo, encore du vélo...
Geneviève Jeanson mange du vélo et en mangerait encore plus si elle le pouvait. Elle rêve déjà tout haut à la perspective de se retrouver au championnat du monde à Zoelder, en Belgique, du 8 au 13 octobre.

«Je raffole de cet événement car l'ambiance est purement et complètement vélo», raconte celle qui a pleinement profité de la version junior de ce rendez-vous en décrochant deux médailles d'or en 1999.

« Moi, le bicycle, j'adore ça. Au Mondial, tu vois tous les pros qui sont présents et se préparent. Je vis là des émotions que je ne trouve nulle part ailleurs. »

Mais avant ce rendez-vous auquel elle a dû renoncer l'an dernier, pour cause de blessure, la jeune cycliste de Lachine devra faire face à un peloton de calibre relevé qui voudra laver l'affront de l'avoir vue triompher par plus de sept minutes lors de l'édition 2001 de la Coupe du monde de Montréal.

« C'est sûr que je m'attends à ce que les filles me prennent plus au sérieux, reconnaît Jeanson. Le prestige du titre montréalais est grand. Bien des coureuses vont tout donner pour gagner.

«Moi,je tiens juste à être parfaitement prête à courser, à faire face à tout développement pendant la course. C'est d'ailleurs l'aspect du métier de cycliste où je me trouve le plus attardée. Il y a encore des situations critiques où je vais paniquer et où un coureur plus expérimenté ne paniquera pas. Mais je sais que ça vient avec la maturité, avec le fait de mieux se connaître. »

Joie et pression spéciales
Tout comme c'est le cas pour Lyne Bessette, la championne en titre ressentira à la fois une joie et une pression particulières de courir sur le mont Royal, aujourd'hui.

« C'est important parce que c'est à Montréal, parce que je cours devant ma famille, parce que l'ambiance est super et parce que j'aime le parcours, indique-t-elle.

« Ça prend un peu de tout pour gagner ici. Une bonne équipe, une excellente préparation, une forme parfaite le jour même et... un peu de chance.»

Ce genre de chance qui fait en sorte qu'une cycliste parvient à profiter d'un moment d'inattention pour s'échapper...

« Ça se peut que les meneuses au classement de la Coupe du monde me laissent aller parce qu'elles vont surtout se surveiller entre elles, a reconnu Jeanson.

«Mais ce n'est pas le cas de toutes les filles. Il y en a beaucoup qui veulent gagner et qui ont leur fierté à défendre.»

Mais Jeanson et son entraîneur André Aubut sont suffisamment convaincus de posséder les atouts pour répéter leur exploit de l'an dernier qu'ils ont mis l'accent presque exclusivement sur la préparation de leur propre équipe sans se soucier des rivales à affronter.

« Sérieusement, je n'avais même pas consulté la liste des inscrites avant de venir à la conférence de presse de lancement officiel (jeudi dernier), a affirmé Jeanson.

« Ça ne m'intéresse même pas de savoir qui est là car la seule et unique chose que je peux contrôler, c'est la qualité de ma propre préparation.

« Néanmoins, j'ai bien vu quelles filles étaient présentes et je suis convaincue que ça va être une course hot. »

En l'absence de sa coéquipière allemande Karen Bockell obligée de déclarer forfait pour cause de fracture de fatigue au pied droit, Jeanson sera encardée par les cinq cyclistes suivantes: les Américaines Nicole Freedman et Gail Longenecker, la Néo-Zélandaise Melissa Holt, la Canadienne Amy Jarvis ainsi que la Québécoise Manon Jutras.

Elles ont couru ensemble dans le sud des États-Unis à quelques reprises mais leur esprit d'équipe subira son premier véritable test.

Et ce ne sera pas le dernier puisque le groupe retrouvera sous peu plusieurs coureuses inscrites de Montréal lors d'une des courses les plus réputées des États-Unis, la « Hewlett-Packard ».

« On va avoir un été pas mal occupé puis les compétitions où les objectifs personnels priment pendront le dessus, explique Jeanson.

« Je veux bien faire aux Jeux du Commonwealth pour lesquels je suis pré-sélectionnée tout comme Lyne (Bessette). Je tiens aussi et surtout à signer une belle performance au contre-la-montre du championnat du monde. C'est le barème le plus important par lequel je jugerai si j'ai réussi ma saison 2002. »

Aucun doute possible. Geneviève Jeanson est complètement accro au vélo. Et elle s'en porte très bien, merci!

« Quand je pense sacrifice, je m'imagine assise sur un banc d'école ou enfermée entre les quatre murs d'un bureau, conclut-elle. Le vélo, c'est le bonheur total! »


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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