2011

Le blogue de la TDLG, 21 février 2011

Lettre à Albert

Des articles de Martin Smith

Salut, Albert.

Comment ça va, vieux coquin ?

À chaque visite de la TDLG dans les Chic-Chocs, tu nous sautes dans la face depuis les grandes fenêtres du Gîte.

Finalement, l’an dernier, on espérait bien faire plus ample connaissance puisqu’une sortie aux aurores jusqu’à la Grande-Cuve pour assister au lever du soleil sur l’immense plateau du mont Albert était inscrite dans les itinéraires du Guide du participant.

Une bonne vingtaine de valeureux fondeurs se sont pointés au rendez-vous vers 4h30 du matin pour aller jouir de ce spectacle réputé être haut en couleurs.

Même si les étoiles n’étaient pas visibles dans un ciel bouché, pas question d’annuler la sortie…

Y’a pas d’moumounes à laTDLG ! (Enfin, si peu…)

Cependant, plus on montait, surtout après avoir passé le refuge de la Serpentine, plus l’intensité du vent augmentait. Pas très gentil de ta part, Albert.

En arrivant à l’entrée de la Grande-Cuve où passe un sentier très fréquenté l’été, le vent soufflait tellement fort qu’en étendant les bras à l’horizontale, on avançait dans les traces de ski de fond sans besoin de pousser avec les poles.

Tu avais décidé de nous dire non, Albert. Nous avons pris que tu étais probablement dans une humeur massacrante et qu’il valait mieux ne pas insister !

Peut-être voulais-tu préserver le petit troupeau de 175 caribous des bois (celui qu’on voit sur les pièces de 25 sous) dont les femelles mettent bas en été sur ta plateforme.

Quelle qu’ait été ta motivation ce jour-là, toujours est-il que nous sommes restés avec le souvenir d’une montagne qui pouvait facilement devenir très inhospitalière !

Comme la patronne de la TDLG ne se fait pas dire non facilement (en fait, personne ne réussit à lui dire non…), la sortie vers ton plateau s’est retrouvée de nouveau dans le Guide du participant 2011 comme entrée en matière.

Une reconnaissance, effectuée la veille, a cependant obligé les responsables à repousser la sortie.

La neige était tellement abondante qu’il était impossible de repérer le sentier de retour car les poteaux indicateurs du sentier d’été étaient carrément sous la neige.

Il fut donc décidé de retarder la sortie d’une journée et de s’ajuster aux conditions climatiques.

Comme les conditions étaient potables lundi matin, il a été décidé de se rendre dans la Grande-Cuve, de monter au plateau avec la bénédiction des autorités de la Sépaq, puis de revenir sur nos pas.

Mais, attention, tu n’avais pas dit ton dernier mot, coquin d’Albert.

Les premiers fondeurs ont viré de bord à la Grande-Cuve sans monter sur le plateau pour cause de bourrasques de vent trop fortes.

Cependant, une fois de plus pour une raison qui t’appartient, tu as changé d’humeur.

Deux caribous des bois, confortablement installés dans la pente d’un flanc de la cuve et regardant passer tous les fondeurs avec la même langueur que des vaches regardant passer un train en ruminant dans leur pré, ont probablement pesé sur le bon piton.

On croit que ces caribous ont donné leur bénédiction à notre passage et que tu n’as pas eu d’autre choix que de calmer tes ardeurs.

Subitement, le vent a baissé et a ainsi permis à plus de cent fondeurs de profiter des conditions pour monter jusqu’à ton haut plateau et se payer une petite virée d’une quinzaine de minutes sur cette immense surface qui couvre plus de cent kilomètres carrés.

En soirée, les sourires des fondeurs reflétaient cette chance d’avoir vécu un moment unique, puis de s’être payé la traite en descendant de ton plateau jusqu’au stationnement du ruisseau Isabel.

Merci, Albert !

C’est très gentil d’avoir su te montrer aussi hospitalier avec tes amis de la TDLG.

Des amis qui, de retour dans leurs foyers respectifs, vont vanter ta beauté et celle de tout le parc national de la Gaspésie.

Tu peux maintenant retourner à tes humeurs caractérielles, Albert.

Nous savons maintenant que tu es capable d’être aussi paisible qu’un caribou des bois qui se sent en sécurité.

Nous ne te verrons plus jamais de la même façon.

Dans le fond, tu es un gros toutou qui ne demande qu’à être cajolé. On va s’en souvenir…

Martin


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