25 février 2010
PORT-DANIEL, Gaspésie – Il y a de ces jours où la joie du ski de fond se dissout dans un univers qui rend sa pratique très difficile et où les teintes dominantes sont le blanc, le gris, le noir et… le brun !

C’est un de ces jours qu’ont été appelés à vivre, ce mercredi, les fondeurs de la TDLG 2010 dans l’arrière-pays de Port-Daniel/Gascons, dans la Baie des Chaleurs.
Elle portait bien son nom la baie, ce jour-là. Des températures au-dessus de zéro et un ciel complètement couvert ont rendu la neige très détrempée, ont fait suer les fondeurs à qui mieux mieux, ont compliqué à l’extrême la tâche toujours délicate de choisir le bon fart de jour.
Se taper 25 ou 32 kilomètres dans de telles circonstances où les bras travaillent bien davantage que les jambes relève du masochisme, une perversion dans laquelle excellent les fondeurs.
Cependant, elle est habituellement accompagnée d’une forme de gratification qui permet d’amortir la douleur en pensant à la récompense à venir.
Malheureusement, la quatrième journée de la TDLG 2010 n’avait rien de particulier à offrir, au chapitre des vues panoramiques, si ce n’est la chaleur et la générosité de l’hospitalité des Gaspésiens.
L’absence totale de soleil a fait disparaître toutes les couleurs pour ne plus garder que des teintes de blanc, de gris et de noir dans les sentiers de motoneige empruntés pour relier le parc de la Pointe Colborne à la gare de Port-Daniel.
La très grande majorité des fondeurs ont rendu les armes à une intersection routière au bout de 25 kilomètres, les autres braves rajoutant des teintes de brun, tirées des flaques de bouette qui maculaient l’horrible fin de parcours de sept kilomètres d’une journée qui ne passera pas à l’histoire de la Traversée de la Gaspésie.
Comble de malchance pour un fervent de la TDLG comme l’est l’auteur de ces lignes, le bris d’un ski à deux ou trois kilomètres de l’arrivée après plus de dix ans de bons et très loyaux services.
Puis, comble d’humiliation, l’obligation d’être évacué sur une motoneige pour une première fois en six participations à la Traversée de la Gaspésie en ski de fond.
Il y a des jours comme ça où on aurait préféré rester couché plutôt que de mettre près de six heures suantes à parcourir environ trente kilomètres…
Malgré tout et grâce à la très chaleureuse hospitalité des Gaspésiens de la région, qui ont accueilli les fondeurs dans les divers refuges balisant cette morne journée, on a entendu plusieurs participants faire remarquer qu’ils avaient le cœur gros car il ne reste plus que deux jours à cette merveilleuse aventure.
Après bientôt 150 kilomètres parcourus, on souhaite seulement que les éléments ne viennent pas encore trop perturber le scénario et permettent de vivre une finale spectaculaire, même si on sait déjà qu’il ne sera pas possible de vivre la traditionnelle traversée de la baie de Gaspé à la file indienne pour cause de larges étendues non gelées.
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