23 février 2010
PARC NATIONAL DE LA GASPÉSIE – Au cours de la deuxième journée de cette huitième édition de la Traversée de la Gaspésie en ski de fond, la preuve par mille a été faite que la nature sait quand on l’écoute et qu’elle s’arrange alors pour le remettre au centuple.

La veille, les fondeurs avaient été privés d’une boucle spectaculaire d’une dizaine de kilomètres qui les aurait amenés au sommet du mont Jacques-Cartier.
La déception était palpable mais personne n’a remis en question la sagesse de la décision car un blizzard de 70 à 80 km/h soufflait sans relâche et rendait l’ascension impossible à partir du refuge des mines Madeleine.
Résultat : retour au point de départ plus tôt que prévu en espérant que la journée de lundi calmerait les éléments et permettrait de monter jusqu’au sommet du mont Albert.
Le lendemain, dès l’heure du déjeuner, on a appris qu’un autre élément alléchant du menu de la TDLG 2010 devait être retranché de la table d’hôte car on prévoyait des vents forts au sommet du mont Albert.
Heureusement, François Boulanger, directeur du parc national de la Gaspésie, avait un as caché dans sa manche. Il avait prévu un sentier hors-piste d’un peu moins de dix kilomètres et avec des points de vue panoramiques menant au sommet d’un autre sommet, celui du mont Ernest Laforce.
Comme tous mes collègues fondeurs, j’aurais tellement voulu enfin me rendre au sommet de ce fameux mont Albert qui domine le paysage dans ce secteur du parc, mais la nature et François nous ont permis de vivre une des plus belles journées de l’histoire de la TDLG.
Dès le départ, on a constaté que l’hiver sans neige que vit le Québec n’a pas sévi dans ce coin de la Gaspésie. Les sapins étaient transformés en fantômes et en momies qui étaient illuminés par le soleil qui plombait. Les branches des arbres croulaient presque sous le poids de la neige accumulée.
Plus de trois heures de montée dans la forêt ont culminé par la découverte d’un sommet où on se voit offrir une des vues de montagnes les plus spectaculaires du Québec.
Après une pause dîner à l’abri d’une petite terrasse en bois car le vent soufflait fort, il fallait redescendre. Ô surprise, la route condamnée en hiver qui, en été, mène les touristes à un stationnement pour accéder au mont Ernest Laforce nous a servi de piste de formule Un pour descendre à pleine vitesse pendant plusieurs kilomètres vers le Gîte du mont Albert.
Toute la philosophie de base qui définit l’âme et la beauté du ski de fond a été résumée dans cette splendide journée.
Les fondeurs sont prêts à travailler, à s’arracher le coeur en sachant que le retour sur leur investissement sera élevé.
Lors de cette deuxième journée de la TDLG 2010, les dividendes ont atteint de nouveaux sommets tant au point de vue de la beauté du paysage que du plaisir de la descente folle pendant une bonne heure.
Amenez-en d’autres journées comme celles-là… n’importe quand !
Mais la réalité de l’hiver québécois nous rattrapera dès mardi matin.
Le « cirque » de la TDLG quitte les superbes Chic-Chocs pour la Baie des Chaleurs, plus précisément pour Carleton. Cependant, le manque de neige force à retrancher dix kilomètres au parcours prévu de quarante kilomètres.
Personne n’a accueilli la nouvelle avec dépit. On sait maintenant que les changements d’horaire, dictés par la nature, sont souvent synonymes de fabuleuses découvertes…
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