23 février 2010
CARLETON – Il faut se trouver en Gaspésie et être entouré de gens à l’imagination débordante comme ceux et celles qui peuplent ce coin de notre pays pour pouvoir passer d’un paysage aux allures lunaires à un autre qui rappelle le premier film du Seigneur des Anneaux… en moins de 12 heures !

Tout a commencé vers quatre heures du matin. L’increvable Thierry Pétry, ce médecin toujours prêt à porter secours aux populations les plus démunies via Médecins sans frontière et qui a accompagné le poète-aventurier Bernard Voyer au pôle Sud, a proposé aux participants les plus braves de la TDLG de l’accompagner pour aller voir le lever du soleil dans la cuve du mont Albert.
Trente personnes ont répondu à son appel. Un ciel bouché a empêché de voir l’astre solaire prendre la vedette lors du lever du jour, mais les neuf kilomètres de ski de fond à la frontale ont abouti sur un blizzard qui s'est déchaîné en s’engouffrant en rafale dans le dédale des contreforts du mont Albert pour nous frapper de plein fouet et de front au moment d’entreprendre une descente enivrante dans le lit d’un torrent enneigé.
Une fois cette aventure terminée, une dizaine de braves ayant participé à cette aventure dans des paysages aux allures lunaires se sont précipités vers la Baie des Chaleurs pour aller skier le parcours de 35 kilomètres prévu entre Maria et Carleton.
En quittant les Chic-Chocs et le parc national de la Gaspésie, on s’est bien rendu compte que la Baie des Chaleurs porte bien son nom.
Plus de cinq kilomètres avant de déboucher sur la mer, les terres des laboureurs et les parterres des résidences sont apparus dans toute leur splendeur… printanière, deux mois trop tôt !
Le départ de cette journée, initialement prévu au centre communautaire de Maria, a dû être déplacé de cinq kilomètres plus au nord, faute de neige.
Même dans ces conditions, le premier kilomètre a mis en vedette une sloche à saveur gaspésienne qui a mis du temps et de l’altitude à se transformer en conditions intéressantes pour la pratique du ski de fond.
Une fois arrivés sur les hauteurs derrière Maria, une brume très humide était accrochée à hauteur de la cime des arbres et bouchait complètement le ciel.
Une surprise de taille, de très grande taille, nous attendait là-haut.
On entendait régulièrement l’air être brassé comme si une bourrasque se préparait derrière la lisière de la forêt. Un Gaspésien nous a vite expliqué la source de ce brassage irrégulier mais plutôt menaçant.
« Ce sont les éoliennes », a-t-il révélé.
On a bien fini par s’habituer à cet étrange environnement sonore qui a pris une dimension toute spéciale quand Sébastien Simard, un formidable fondeur qui était fermeur désigné lors de cette troisième journée de la huitième édition de la TDLG, a fait remarquer qu’on avait l’impression de se retrouver dans le premier film de la trilogie du Seigneur des Anneaux alors que les deux héros s’approchent du royaume interdit.
Incapable de chasser cette image envoûtante jusqu’à ce que les huit kilomètres de descente vers Carleton apportent leur lot d’obstacles inspirants, dont des descentes aussi rapides que casse-cou.
Dans le lot des 225 fondeurs participant à la TDLG 2010, il s’est trouvé une petite dizaine de braves qui ont goûté à la fois à des paysages lunaires au lever du jour et à des scènes du Seigneur des Anneaux en fin d’après-midi pour ainsi ajouter près de 55 kilomètres à leur compteur en douze petites heures. Ouf !
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