Réflexions d'un maudit français

Daniel FERTIN

Je ne voulais pas entrer dans le débat qui semble animer les forces cyclistes de la Belle Province mais finalement devant les dégâts qui pourraient affecter un cyclisme que j'adore je me décide à donner un avis extérieur.

J'ai toujours été fasciné par les coureurs québécois qui, dans un environnement qui ne se passionne que pour le hockey ou les sports nord-américains, ont le courage et la volonté de monter sur leurs vélos pour s'entraîner. Quelle marque de volonté, indispensable à notre sport préféré, il faut pour accepter de bien souvent s'expatrier pour pratiquer, souvent loin de chez soi, une discipline déjà difficile en elle-même. Alors quitter un style de vie pour vivre sa dure passion, je dis « chapeau les gars » !

Le cyclisme, comme beaucoup, est un sport d'équipe. Dans une formation, qu'elle soit cycliste ou sur une patinoire, chacun à son rôle à jouer et chacun, de par son travail pour la collectivité, participe à la victoire. Un marqueur ne marquera pas sans la relance de sa défense. Regardez au Tour de France, d'où viennent les vainqueurs au général si ce n'est de la meilleure équipe ? Aux Championnats du Monde, aux Jeux Olympiques c'est pareil et pourtant les coureurs ne font pourtant pas tous partie de la même équipe de marque. Il faut une cohésion et un esprit d'équipe pour pouvoir espérer toucher le bouquet. Parfois il faut savoir sélectionner non pas forcément les meilleurs coureurs mais ceux qui sauront adhérer à cette cohésion. Ensemble on gagne plus facilement et la victoire n'est que plus belle. A l'ACC il me semble que, petit à petit, les sélections nationales commencent à suivre ma réflexion personnelle même si je sais par ailleurs qu'ils font avec les moyens (financiers) du bord. C'est peut-être maintenant plus facile pour eux depuis qu'une formation continentale d'un bon niveau évolue, sans avoir à rougir, auprès des meilleurs mondiaux. Auparavant il devait, mais une fois de plus c'est mon avis personnel, être beaucoup plus difficile de composer une équipe avec des coureurs, bons voire très bons individuellement, mais qui ne se connaissaient que fort peu car évoluant aux quatre coins de la planète cycliste.

Comme je vous l'ai déjà dit j'ai beaucoup d'admiration pour vos coureurs et vos courses qui me semblent différentes et moins « formatées » qu'ici en Europe. Ne changez rien. Ah si, arrêtez de vous chicaner. On ne sort jamais gagnant d'une guerre. Vous vivez tous la même passion, celle du vélo, vivez là à fond pour continuer à nous montrer un bel exemple de sport. Certes il y a des équipes plus fortes, chez vous comme chez nous, mais elles ne sont pas arrivées là par hasard. C'est le résultat d'un long travail où chacun a certainement fait sa part : coureurs, bien sûr, managers, entraîneurs et encadrement. Chaque coureur talentueux peut intégrer une telle structure comme partout dans le monde. Après les niveaux locaux, régionaux, tous les meilleurs cyclistes peuvent intégrer une structure continentale UCI. Ce n'est pourtant pas à ce niveau que l'apprentissage cycliste est terminé, il y a encore deux niveaux au dessus. Le fossé est énorme entre le Pro Tour et le niveau continental, ce n'est qu'en travaillant encore et encore que l'on devient meilleur et beaucoup de coureurs québécois que je connais admettent qu'il y a un autre fossé entre l'Europe et vous. Sur ce dernier point je ne suis pas aussi affirmatif qu'eux, les épreuves nord-américaines se déroulant à un rythme plus élevé.

Alors amis québécois, cyclistes canadiens, il y a de la place au Québéc ! De la place pour tous. Vous faites tous du bon boulot chacun à votre niveau. Il n'y a absolument rien à gagner à monter les uns contre les autres, surtout quand on poursuit la même passion, celle du vélo. Notre sport est beau et grand. Il est déjà pas mal attaqué de l'extérieur alors n'attaquez pas ceux qui essaient, et qui y parviennent remarquablement, à le développer à le faire évoluer au plus haut niveau.


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