juin 2009


Daniel Fertin rencontre Audrey Lemieux au Tour du Grand Montréal.
photo : Guy Maguire, veloptimum.net

Le cyclisme québécois
vu par notre correspondant européen

Daniel FERTIN

Et voilà je découvre enfin en vrai, et surtout sur le sol québécois, le cyclisme que je ne connais que par les quelques coureurs que j'ai eu la chance de rencontrer en Europe ou bien encore en discutant avec eux au téléphone ou par courriel.

Première course, le soir de mon arrivée, (soit 22 heures après mon lever), mon ami Guy (de Véloptimum) avait tant insisté pour que j'aille voir le Critérium de la Petite Italie et comme Charly, chez qui j'étais hébergé y allait, je n'ai pu résister à l'appel des filles... Effectivement, il y avait du monde, première grosse différence avec une course féminine en France et encore je ne parle pas de l'ambiance qui pourtant, selon Charly et Guy, était un peu retombée par rapport aux années passées. Ce genre de tourniquet n'existe pas trop chez nous, mais avec un petit circuit comme celui-ci le spectacle est assuré, les filles roulent très vite et il ne faut pas attendre trop longtemps pour voir un nouveau passage.

Le lendemain, toujours sur le Tour du Grand Montréal, mais cette fois sur la dernière étape au Mont Saint-Hilaire. Pour une course de ce calibre, j'ai trouvé très sympa que chacun, pas seulement les heureux « badgés », puissent approcher les sportives. Ici on retrouve le vrai vélo, pas celui des commanditaires et du show-biz, l'athlète est avant tout un sportif et non pas une bête de cirque que l'on exhibe pour vanter les mérites d'une marque ou d'une autre. Sur ce Tour j'ai également découvert, mais je m'en doutais un peu, que le cyclisme québécois est en fait une grande famille et que les courses sont les réunions familiales où chacun se retrouvent. Tout le monde se connaît et comme dans chaque famille il y affinités ou pas, mais cependant une course est avant tout une fête.

La fête encore, c'est justement par là que tout a commencé en Beauce où j'étais attendu par une équipe d'organisateurs que j'ai rapidement appelée « les ASO du Québec » tellement leur travail avait un goût certain de professionnalisme, les dollars en moins ! Tout est bien huilé, chacun sa tâche, tout est parfaitement cadencé et surtout toujours avec le sourire. Depuis que je connais cette course, j'avais rencontré une délégation en 2002, je m'efforce d'envoyer des équipes européennes, maintenant j'ai des nouveaux arguments qui, j'espère pour Denis, Francis, Marie-Eve, Isabelle et tous les autres, feront mouche.

Encore une fois c'est la vitesse qui m'a marqué, certes les étapes sont un peu plus courtes que sur le vieux continent mais ici il y a peu de temps mort. Les attaques succèdent aux tentatives d'échappée. Lors des trois premières étapes, le vainqueur était dans une échappée partie de loin. Ce fait devient de plus en plus rare en Europe où quelques « stratèges » calculent au kilomètre près la vitesse à laquelle il fait rouler pour fondre juste à temps sur les fuyards. Une course d'attaque est pour moi plus belle qu'une course où l'on sait mathématiquement le résultat... En parlant de résultat, bravo aux informaticiens qui chaque soir après l'étape éditent une liste des coureurs restant en course, liste par équipe avec les numéros de dossard, les temps par rapport au meneur, les différents maillots qu'ils soient des classements ou de champions nationaux, un excellent outil pour suivre encore mieux la course. Un exemple que je vais montrer à quelques organisateurs !


Lors du Tour de Beauce, Axel Merckx a répondu
aux nombreuses questions d’élèves au sujet de la course
photo : Daniel Fertin, veloptimum.net

En Europe on travaille beaucoup la sécurité mais en Beauce j'ai souvent été bluffé par tout ce qui est fait pour éviter tous les problèmes. Un bénévole à chaque carrefour et en ville, en plus, on ajoute une ou deux barrières plus du ruban pour empêcher toute intrusion. Dommage que derrière ces « remparts », sur les premières étapes, il n'y ait eu personne pour admirer les coureurs, au Québec, le cyclisme n'attire pas autant que le hockey ! A Québec, puis à Saint-Georges il y avait du monde et là j'ai été impressionné par la foule, qui, malgré son enthousiasme, restait bien sagement sur le trottoir n'empiétant jamais sur le terrain de jeu. La sécurité c'est aussi par la discipline qu'elle commence.

Enfin, je terminerai par là, que dire des véhicules des équipes, des caravanes, des remorques, tout est démesuré par rapport à notre vieux continent mais de ce côté de l'Atlantique ce n'est pas que dans le cyclisme que tout est plus grand, plus imposant.


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