janvier 2009


1938 : Gino "le pieux" attaque dans l’Izoard
pour l’emporter à Briançon et remporter son 1er Tour

Deux tours à 10 ans d'intervalle

Daniel FERTIN

En 2009 Lance Armstrong va tenter de revenir après quelques années d'absence. Une absence voulue et décidée par le coureur. Un retour plus situé, pour le moment seulement, faut-il espérer, sous le signe de l'évènement médiatique que sous celui de l'aspect sportif.

Pourtant ce n'est pas la première fois que des cyclistes font des retours. De simples coureurs cyclistes amateurs remontent souvent sur le vélo pour se refaire plaisir du côté des cyclotouristes après avoir marqué un temps d'arrêt, trop occupés par leur vie familiale ou professionnelle.

Des pros, plus rarement ont repris une licence.

Le cas de Gino Bartali demeure unique dans la longue histoire de notre sport adoré. En effet, « Gino le pieux » est le seul à avoir gagné le Tour de France à 10 ans d'intervalle après un long arrêt dû à la seconde guerre mondiale.

En 1937 il gagne le Tour d'Italie après avoir remporté celui de l'année précédente. Il commence à gagner le coeur des tifosis toujours prêts à s'amouracher pour leurs favoris nationaux. L'année suivante il est dispensé de Giro pour se consacrer essentiellement au Tour de France. Avant le premier massif montagneux, les Pyrénées, il est à 7 minutes du maillot jaune André Leducq. Dans la grande étape du lendemain il se déchaîne sur l'Aubisque, le Tourmalet, Peyresourde et Aspin (excusez du peu !) mais casse une roue dans la dernière descente, il doit se contenter de la 3ème place mais remonte au classement général.

Le nouveau leader, le Belge Vervaecken, sera encore attaqué le lendemain par Bartali qui récupère au passage la minute de bonification au sommet du Portet d'Aspet. Le Toscan qui vient de faire montre, une fois de plus, de ses talents de grimpeurs, sait aussi s'imposer au sprint à Marseille. Maille après maille il tricote son maillot jaune. La dernière touche il va la mettre entre Digne et Briançon par les cols mythiques des Hautes-Alpes. Un récital, selon la presse présente sur l'épreuve. En plus du maillot jaune il s'empare du classement de la montagne. Un espoir est né. Beaucoup le voient gagner dans les années à venir.

Malheureusement pour lui la guerre éclate. Plus de Tour.

Dix années plus tard, en 1948, « Gino le pieux » est devenu « il vecchio » le vieux. Il a maintenant 34 ans. Sera-t-il aussi efficace que 10 ans auparavant ? Surtout qu'un rival italien de haut niveau apparaît en la personne de Fausto Coppi. Coppi a battu Bartali dans un Giro où le Tocsan gagne cependant le classement de la montagne. Quelques jours après, Bartali s'adjuge le Tour de Suisse. Binda, le sélectionneur italien, ne peut retenir les deux champions sous les mêmes couleurs à l'occasion du Tour. Seul Gino Bartali roulera donc sur les routes de France.

Dès la première étape entre Paris et Trouville « il vecchio » gagne sous la pluie et s'habille en jaune. Cependant, lors des premières journées, il ne s'accroche pas au classement général et laisse un jeune Breton, Louison Bobet, s'emparer du célèbre paletot qu'il sera le premier à ramener trois fois de suite à Paris en 1953, 1954 et 1955.

Bartali gagne deux étapes de montagne dans les Pyrénées, à Lourdes, et le lendemain à Toulouse. Cependant à la sortie du massif, Bobet a toujours 18 min et 18 sec d'avance sur le leader de la formation italienne.

Dans la première grande étape des Alpes, en direction de Briançon (par les cols mythiques d'Allos, Vars et Izoard), notre Italien revient sur l'échappée du jour avant le sommet de l'Izoard pour remporter une nouvelle étape et revenir à 1 min 6 sec de Louison Bobet, toujours en jaune, et qui continue à se battre comme la veille en l'emportant à Cannes. Encore une fois Bartali gagne sous la pluie.

Le lendemain la traversée des Alpes continue et le vainqueur de l'édition 1937 l'emporte à Aix-les-bains, puis le surlendemain à Lausanne. Un véritable festival comme lors de la traversée des Pyrénées ! A la sortie des Alpes il a bien évidemment le maillot jaune. Il possède maintenant 1 min 47 sec d'avance sur le Belge Brick Schotte.


1948 : L’une des 7 victoires d’étape (dont 5 en montagne) ici à Biarritz

Il continue sa remontée triomphale sur Paris en remportant la longue étape entre Metz et Liège. Au Parc des Princes à Paris il relègue son second à 26 min 16 sec, les écarts sont importants, Lapébie le troisième est à 28 min 48 sec et Louison Bobet 4ème à 32 min 59 sec.

Il remporte donc son deuxième Tour de France, dix ans après le premier, en ayant franchi sept fois la ligne en vainqueur d'étape. Bien sûr il remporte le Grand Prix de la Montagne.


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