En 1987 il n´aura pas coûté cher en maillots à son équipe, ici en jaune sur le Tour de France
photo : Miroir du cyclisme

Stephen Roche… pour ceux trop jeunes pour se rappeler

Daniel FERTIN

Stephen Roche a passé douze années dans les pelotons professionnels en Europe entre 1981 et 1992. Après avoir gagné quelques beaux bouquets sur son île natale, il décide de tenter sa chance sur le continent à l'image de son compatriote Sean Kelly qui a déjà commencé à écumer les courses au sprint en Belgique. Lors de sa dernière année chez les amateurs, il remporte même le très convoité Paris Roubaix amateurs et passe tout à fait logiquement chez les pros dans la grande formation Peugeot.

Il marque les esprits immédiatement en début de saison en s'adjugeant consécutivement le Tour de Corse et Paris Nice. Dans la course au soleil, il y gagne même la dernière et sévère étape du col d'Eze au dessus de Nice. Sa carrière est bien lancée d'autant plus qu'il remporte encore le Tour d'Indre-et-Loire.

1987 restera la Grande Saison de la carrière de l'Irlandais. Après avoir porté le maillot rose de leader de Paris-Nice suite à la victoire de sa formation Carrera, il doit laisser filer la victoire finale à son compatriote Sean Kelly et ce malgré une victoire le dernier jour lors de la montée contre-la-montre du col d'Eze. Dans la même région, il est encore second, toujours derrière Kelly, du Critérium International. Il remporte ensuite le montagneux Tour de Romandie, début mai, après une saison des classiques où il avait visé spécialement la « doyenne » Liège-Bastogne-Liège. Malheureusement, bien qu'il fut le plus fort avec son compagnon d'échappée Claudy Criquielion il ne sera que ... second, derrière Moreno Argentin le Champion du Monde en titre. Que s'est-il donc passé ? A trop se regarder, les deux futurs Champions du Monde ne voient pas revenir l'Italien et cette seconde place demeure encore ce jour parmi les rares regrets du plus français des Irlandais. Le père de Nicolas, coureur Pro-Tour en 2009 chez AG2R La Mondiale, se rattrapera en remportant un Tour d'Italie où il était bien esseulé dans une formation où Visentini se voulait également le meneur.

Au pied du mur de Berlin le Tour prenait son départ pour une bataille palpitante malgré l'absence de Greg Lemond, blessé à la chasse. Pedro Delgado, Jean-François Bernard, seront des adversaires valeureux tout au long de l'épreuve mais l'Irlandais va afficher sa suprématie lors du dernier contre-la-montre à Dijon. Il remporte son second Tour de la saison. Il ne s'arrêtera pas là. En Autriche il revêtira le maillot arc-en-ciel qui cette année là révélera bien le Champion de l'année. Un tel exploit la même saison ne pouvait avoir été réalisé que par le plus grand de tous les temps quand Eddy Merckx avait gagné sur le circuit du Mont Royal à Montréal son dernier maillot de Champion du Monde en 1974.

Après cette année exceptionnelle, il ne montrera plus de telles dispositions pourtant il gagnera encore quelques belles victoires sous les maillots successifs des Espagnols de chez Fagor, des Belges d'Histor Sigma avant de revenir chez les Italiens de Carrera. Citons par exemple parmi ces plus beaux succès de fin de carrière en 1989 la dernière étape de Paris Nice (encore deuxième au général) et l'étape des monts à Cassel lors des 4 Jours de Dunkerque. L'année suivante, il sera encore second de Paris Nice et remportera les 4 Jours. En 1991, beaucoup ne croyaient plus à son retour mais il s'adjugera tout de même encore le Critérium International et la Semaine catalane.

Cependant, il est une victoire qui marquera les esprits. La 16e étape du Tour De France 1992 entre Saint-Etienne et La Bourboule allait voir, sous un temps que certains avaient qualifié d'irlandais, un renaissant Stephen Roche sortir du brouillard à 2 mètres de la ligne. Il s'était enfui dans la vallée alors que le soleil brillait encore et au sommet de la station auvergnate, avec le maillot Carrera, il se rappelait aux souvenirs de ses supporters.

Après la saison 1993, où il gagnera notamment le critérium de Chateau-Chinon puis il mettra fin à sa carrière mais n'abandonnera pas le cyclisme pour autant. On le voit souvent dans le Sud de la France, là où il tient un hôtel restaurant dans lequel les cyclistes, cyclosportifs et cyclotouristes aiment à se retrouver. Il participe également à l'organisation, avec Lucien Aimar un autre vainqueur du Tour (1967), du Tour méditerranéen ou de la cyclosportive la Sistéronne, mais l'un de ses meilleurs souvenirs doit être le jour où son fils a enfilé le maillot jaune du Tour de l'Avenir en 2006.


Stephen Roche, décembre 2009
photo : Guy Maguire Tous droits réservés.

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Note du webmestre :


Lorsque nous avons rencontré Stephen Roche le 12 décembre 2009,
c´est avec plaisir qu´il a dédicacé une affiche pour Daniel Fertin


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