photo : Daniel Fertin

Dominique Rollin revient sur des terrains qu'il aime

Daniel FERTIN

Il n'avait pas roulé en Europe (à part la Milk Race avec Kodak) depuis la fin de saison 2006 avec le VC Roubaix. En quittant l'équipe nordiste il n'avait pas eu l'occasion donc de se confronter aux principales équipes européennes comme le fait maintenant Roubaix Lille Métropole en Continentale. On se souvient que Cyrille Guimard avoua après coup que s'il avait été sûr de franchir le pas chez les pros, il aurait volontiers gardé Dominique.

En courant deux années sur le continent américain – en 2007 chez Kodak puis chez Toyota l'an passé – Dominique reconnaît avoir acquis tout de même un peu d'expérience supplémentaire mais « maintenant j'en ai fait le tour et c'est ici en Europe que je veux poursuivre ma carrière car je ne suis pas fait pour le circuit pro américain » annonce le Bouchervillois, tout en saluant petit à petit ses nouveaux coéquipiers qui rejoignent l'hôtel des Cervélo les uns après les autres. A chaque fois, une grande accolade, un petit mot, une rigolade, une plaisanterie nous prouve immédiatement que l'ambiance est très bonne dans cet équipe aux multiples nationalités. « Avec le staff, nous avons dénombré 17 pays » souffle celui qui avoue encore un peu souffrir du décalage horaire après le Tour de Californie (9 heures par rapport à l'Europe).

Justement les coureurs qui rejoignent l'équipe sans avoir participé à l'épreuve américaine félicitent les « Américains » de l'équipe. « C'est vrai que la course fut bonne, nos avons beaucoup appris à nous placer pour emmener Thor, cela a marché une fois mais les autres fois nous nous sommes faits piéger en partant trop tôt sur des routes immensément larges où il est difficile de prendre ses marques » poursuit l'ancien Champion du Canada.

L'équipe Cervélo est vraiment bâtie à la « flahute » avec Andreas Klier (ancien vainqueur de Gand Wevelgem), les sprinters britanniques Jeremy Hunt et Roger Hammond (déjà vainqueur cette année au Quatzr), Gabriel Rasch au service de son compatriote Thor Hushvod (également vainqueur à Gand Wevelgem), Hayden Roulston l'homme en forme du moment selon Dominique, Heinrich Hausler double vainqueur d'étapes au Franco-Belge et bien sûr celui qui se sent très bien sur ce genre de courses : Dominique Rollin. « Nous n'avons pas encore fait la réunion, je ne peux rien dire pour le moment mais Thor vise des victoires un peu plus lointaines alors je pense que l'on va s'articuler autour d'Andréas Klier ». Justement, dans la cour, alors que tout le monde est dans la chambre et que la nuit commence à tomber, il n'y en a qu'un, Andreas Klier justement, qui continue à rouler sur home-trainer tout en décrivant les différentes difficultés (bosses ou pavés) avec un autre spécialiste en la matière, Jean-Paul Poppel, l'un des Directeurs Sportifs de la formation canadienne basée en Suisse.

Dominique, que j'avais trouvé un peu « timide » il y a deux ans, est revenu tout changé. « C'est la différence entre les pros et les amateurs. En France, dans les équipes, j'avais l'impression et c'était vrai pour les autres équipiers étrangers, que nous étions quelque peu rejetés car nous venions sur leurs terres. Chez les pros, c'est différent, chacun a un rôle dans une équipe et tente de le faire du mieux qu'il peut et l'ambiance interne s'en ressent comme tu peux le constater ce soir ». Cette possibilité de pouvoir s'exprimer va certainement lui être bénéfique dès cette saison, un peu comme l'an passé quand sa victoire d'étape et son maillot l'avait fait repérer par la Cervélo.

« Mais c'est Cervélo qui t'a repéré ou toi qui est allé à leurs devants ? » « C'est un peu des deux, mais c'est sûr que ma prestation en Californie en fin d'hiver 2008 a nettement facilité les choses » acquiesce l'un des éléments les plus rapides du train noir de Thor Hushvod.

Toujours est-il que Dominique sera là pour toute la série des classiques du printemps avec une course qui éveille en lui un petit coin de rêve : Paris – Roubaix. C'est sûr qu'en ayant habité un an au vélodrome il reconnaît en souriant « je connais par coeur les derniers kilomètres et le tour du vélodrome ».

Le tour du vélodrome, et si la connaissance du terrain et de sa pratique pouvait venger un certain Steve Bauer, battu à la photo finish après un très très long délibéré du jury des commissaires en 1990 ?

Après les classiques quel sera le programme ? « A ce jour personne ne le sait encore » répond l'ancien Roubaisien. Un Grand Tour ? Dominique aimerait bien mais admet d'emblée que ce sera dur pour obtenir une place. « J'aimerai un Grand Tour pour continuer mon apprentissage et me situer sur une course de 3 semaines, le Tour d'Italie serait bien pour le Centenaire, le Tour de France me paraît compromis car il faudra à la fois défendre le général avec Carlos et le maillot vert avec Thor, il faudra donc des coureurs expérimentés, il reste alors la Vuelta en fin de saison, mais je le répète, rien n'est scellé chez nous, on verra plus clair après les classiques de printemps et la forme de chacun » avoue très franchement et sans arrière pensée le seul Québécois du circuit pro européen à qui je souhaite de vite rattraper les traces de Pierre Gachon (ndlr : en espérant pour Dominique qu'il aille plus loin que la première étape afin d'entrer dans l'histoire du cyclisme québécois !)

A la fin de cet entretien il nous avoue être en pleine forme physique, être en très bonne santé, un peu fatigué du décalage, mais avec une superbe endurance. « Cette année je n'ai pas fait la même préparation que les 2 années précédentes, mais une préparation plus particulière pour le Tour de Californie ». Espérons pour lui et son équipe que les beaux jours vécus depuis le merveilleux débuts de saison de la Cervélo se continueront maintenant en Flandres avec le plus « flahute » des Québécois. Un bouquet de fleurs de lys ce serait pas mal sur un podium du royaume non ?


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