Simon Lambert-Lemay revient au pays ce vendredi

Daniel FERTIN

Parmi les concurrents de la prochaine épreuve de dimanche à Contrecoeur, il en est un qui aura fait quelques kilomètres pour être au départ de ce Championnat québécois.

En effet, Simon Lambert-Lemay sera de retour au pays dès ce vendredi après une saison presque complète en pays flamand chez Davitamon-Lotto, la réserve de l'équipe pro-tour Silence Lotto. Ce retour au pays était prévu car la rentrée scolaire a sonné pour Simon en Sciences de la Santé au Cégep Edouard-Montpetit.

Equipier de cette formation typiquement « flahute », Simon avoue avoir beaucoup appris tant au niveau de son sport qu'au niveau de la vie au quotidien. « Tous ici ont fait en sorte que je sorte beaucoup plus fort en tant que personne » affirme-t-il, tout en préparant ses bagages. Effectivement à 19 ans il s'est retrouvé dans un nouvel univers où il devait tout gérer à la fois « l'entraînement tous les jours (soleil et/ou pluie), se faire une petite bouffe le soir, l'enchaînement des courses, faire l'épicerie, continuer les études à distance.... ». Quand on lui dit que le vélo est une école de la vie, il approuve totalement.

Avant de quitter son équipe belge, il reconnaît que cela n'a pas été comme il l'attendait. Il savait que cela allait être difficile « mais certainement pas à ce point ». Selon lui, beaucoup de facteurs ont fait que sa saison fut en dents de scie. « Je ne pensais pas que les nouveaux volumes d'entraînement et de course allaient me rentrer dedans comme ça. J'ai été malade beaucoup ce qui a fait en sorte que ma progression a été ralentie et bien sûr la possibilité de faire des résultats ».

Pour une première saison en Europe il n'a certainement pas choisi la voie la plus facile en intégrant une formation d'un pays où le cyclisme est une véritable religion. « Le cyclisme en Flandres est incroyable. Les gens prennent congé de leur boulot afin d'aller se placer dans une des bosses en pavés de la région pour voir leurs coureurs favoris. Durant l'été, tu peux pratiquement courir chaque jour à raison de 3-4 courses par jour, seulement dans les Flandres occidentales et orientales. Je me rappelle d'une course en début de saison, 325 coureurs se sont présentés à la ligne de départ ! » nous conte l'ancien coureur Hot Tubes, tout en nous parlant des retransmissions en direct à l'année longue des épreuves cyclistes sur route et en hiver le cyclo-cross, comme les matches de hockey se succèdent sur les écrans de la Belle Province.

Simon sait, et il le dit, qu'il a encore beaucoup à apprendre. « J'ai toutefois appris de mes erreurs et je suis content de l'avoir vécu à 19 ans, l'année prochaine ne peut qu'être mieux avec l'expérience acquise cette année. Il en reste toutefois beaucoup à apprendre ! » constate-t-il en évoquant quelques moments parfois difficiles de cette expérience. « Les coureurs ici sont à la "dure", ils s'entraînent à l'ancienne mentalité, faire des heures et des heures. Voilà assurément une des raisons des problèmes de santé durant la saison. Tu vas rouler avec des "vieux", de 23-25-28 ans qui se tapent 4 à 5h tous les jours, alors que l'ancien junior en a seulement 2 à 3 à faire, cela a usé beaucoup l'ancien junior. Je me suis fait influencer assez facilement cette saison. Première année complète en Europe, isolé dans le pays du vélo, tu te demandes si tu en fais assez ou non en regardant les plus vieux "faire le métier". Mon niveau de forme et ma santé se sont détériorés après quelques mois à ce rythme ».

Le problème de la langue n'a pas été un handicap pour Simon car d'une part il a vécu dans une famille qui avait séjourné deux années aux USA et qu'au fil de son séjour il a fini par comprendre le flamand. « Je ne sais pas faire une phrase complète mais je peux dire les mots clés d'une phrase afin que l'on me comprenne "un peu" ! »

Un autre handicap pour le Longueuillois a été qu'il est arrivé en Belgique en plein hiver québécois alors qu'ici en Europe les coureurs continuaient à s'entraîner presque normalement. « Tous les cyclistes québécois rêveraient d'un hiver comme celui-ci. Les gars peuvent donc rouler à l'année alors que nous sommes pris dans la neige » regrette-t-il, en avouant une grande différence de niveau lors du camp d'entraînement et à l'occasion de sa première course, une épreuve de 180 kilomètres en Flandre occidentale.

Cependant son rôle au sein de la formation dirigée par un ancien pro de chez Lotto, Kurt Van de Wouver, n'était pas de gagner mais de participer au travail de l'équipe afin de mener à la victoire l'un des meilleurs sprinters de Belgique et champion d'Europe 2009. « Nous avions notre chance en début de course, de prendre l'échappée matinale et espérer qu'elle se rende au bout (plus facile à dire qu'à faire !!). Autrement, la plupart des derniers 40 à 50 km de course étaient consacrés à lancer notre sprinter maison à 200-150m de la ligne pour la gagne » raconte celui qui avait glané deux bouquets l'an passé en Belgique. Cependant, le champion junior des critériums admet que même s'il n'a pas eu beaucoup d'opportunité, son travail d'équipier lui a énormément apporté. « J'ai appris le métier ».

Pour 2010, le vainqueur de St-Eloois-Vijve demeure bien évidemment partant pour une nouvelle expérience européenne. « Après l'avoir vécu cette année, je saurai maintenant à quoi m'attendre » affirme-t-il, tout en reconnaissant que l'Europe est la meilleure école pour apprendre. « Mais certainement pas la plus facile ». Quelqu'un lui a dit un jour : « si tu passes en Belgique, tu passeras partout » et il approuve entièrement, bien sûr, en reconnaissant quelques opportunités aux Etats-Unis. « Mais continuer mon apprentissage en Europe reste une priorité ».

Avant de refermer l'album aux souvenirs européens 2009, Simon évoque quelques bons ou mauvais souvenirs de cette expérience, le massage à 5 €uros auprès d'un masseur d'une équipe pro ou alors à l'inverse, le fait que tout soit fermé entre midi et 13 h 30 et « quand venait le temps de faire un ravito vers la moitié de la ride, je me faisais prendre à ne rien trouver d'ouvert ! » sourit-il maintenant, en nous parlant de Paris-Roubaix, la course à laquelle il rêve de participer un jour.


François Parisien et Simon Lambert Lemay au Tour de Beauce
photo : Daniel Fertin

Pour conclure, le membre de l'équipe du Québec au dernier Tour de Beauce, il a même été le plus jeune participant de l'édition de cette année, se remémore l'incroyable semaine au Tryptique des Monts et Châteaux en avril en Wallonie. « Autant sur ma condition et mon niveau de forme mais aussi sur la prestation de l'équipe, ce fut une semaine de course intense et extrêmement difficile mais tellement bien récompensée alors que nous gagnons le classement général ainsi que deux victoires d'étape ».

Maintenant, place aux bancs de l'école, mais avant, rendez-vous dimanche pour défendre un titre acquis chez les juniors l'an passé.

photo : Guy Maguire, info@veloptimum.net
Simon, en compagnie d´amis de Longueuil, venus en spectateurs au du Tour du Grand Montréal 2009
photo : Guy Maguire


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