Sylvain Richard
photo : Daniel Fertin

Sylvain Richard restera toujours à l'heure

Daniel FERTIN

Nous vous avions présenté, pour les lecteurs peu nombreux qui ne la connaissaient pas, Josée Robitaille, le jour de son arrivée à la FQSC, il était donc justifié de laisser la parole à Sylvain Richard, son prédécesseur au poste de coordinateur Route, Piste et Paracyclisme.

De minime à junior, soit de 1994 à 1999, Sylvain a été coureur, d'abord dans le club des Rouleurs de Rouyn-Noranda, puis au club Oxygène, avant de signer pour sa dernière saison aux Espoirs de Laval. Ainsi, pendant sa très courte carrière, il a côtoyé dans les pelotons des coureurs comme Charles Dionne, Martin Saint-Laurent, Jean-François Racine, Bruno Langlois... En 1998 il prouvait déjà sa volonté en revenant 5 fois sur crevaison dans le peloton du Tour d'Abitibi, obtenant ainsi le prix du plus courageux, il avait même été appelé Monsieur Caravane après une semaine de problèmes, de peine et de misère qui l'avait même mené à l'hôpital.

Pourtant le cyclisme n'avait pas toujours été sa seule expérience sportive. Il a longtemps pratiqué le hockey mais s'est orienté vers le cyclisme en 1996. Le Tour de l’Abitibi se déroulait dans ma région natale. De plus, mon oncle a passé à un cheveu de remporter cette course en 1984. Lorsqu’il a ouvert sa boutique de vélo (boutique Oxygène de Rouyn-Noranda), j’ai alors eu mon premier vélo de course, un Aquila monté en Shimano 105. Le cyclisme me permettait de voyager à travers le Québec », se souvient-il, en évoquant son rêve de l'époque, une participation aux Jeux Olympiques d'été.

Sachant qu'il ne bénéficiait pas de « dispositions génétiques » pour poursuivre plus avant dans ce sport, Sylvain s'implique très rapidement à différents niveaux pour rester dans le milieu du vélo. On note ainsi qu'il commence ses cours de commissaire en 1999. Adjoint aux communications du Tour Trans Canada cette même année, il observe qu'il est meilleur administrateur qu'entraîneur et il travaille ensuite, déjà sur un engagement de Louis Barbeau et Vincent Jourdain, comme coordinateur technique au Centre national de Cyclisme de Bromont. Stagiaire à la FQSC pour un bac de kinésiologie, il y est embauché avant l'obtention de son diplôme qu'il complétera à temps partiel.

Le maintenant ancien coordinateur de la FQSC est fier, et à juste titre nous pensons, de son passage dans les locaux du stade olympique et particulièrement de l'aspect chronométrage, de la gestion des inscriptions et des résultats où il a apporté une grosse touche personnelle. « Nous avons maintenant un service de gestion des résultats parmi les moins chers au monde, nous avons également plusieurs équipements disponibles en location à nos organisateurs pour leur permettre de diminuer les coûts d’organisation. Bref, plusieurs améliorations techniques, ce qui était ma force » constate celui qui restera à l'origine de l'amélioration des services techniques rendus aux organisateurs.


Sylvain était ardoisier lors de la Classique Montréal-Québec du 8 août 2004.
photo : Guy Maguire

La piste demeure pourtant le point que Sylvain regrette d'avoir dû laisser de côté. « J’ai découvert en piste une passion supérieure au cyclisme sur route, mais je ne pouvais pas l’exploiter au Québec » regrette-t-il en notant le retard accusé par le Québec sur les autres provinces. Cependant, il avoue sa confiance en l'avenir. « La venue de Josée Robitaille permettra de faire débloquer ce dossier prochainement. Déjà cette saison, nous avons 4 athlètes cadets qui ont été sélectionnés pour les Championnats canadiens sur piste qui viennent d’avoir lieu à Vancouver ».

De son passage à la « fédé » Sylvain gardera le souvenir d'avoir travaillé « avec des gens passionnés au sein des clubs de la province, plusieurs sont d'ailleurs devenus des amis » par contre, à l'inverse, « ce que je ne voudrais pas revivre c’est lorsque j’ai dû annuler à deux reprises des courses des championnats québécois chez les jeunes ». Qu'il se rassure, avec celle qui va lui succéder les jeunes ne seront certainement jamais oubliés !

Bien sûr les spécialistes du vélo québécois auront encore la possibilité de croiser la route de celui qui a pour objectif d'obtenir le grade de commissaire international à moyenne échéance, quand l'UCI ouvrira le prochain examen. « Mon nouveau défi c’est de réussir à vivre du chronométrage et de la gestion des résultats. Je deviens ainsi travailleur autonome dans ce domaine. Pour l’instant, je ne compte pas faire l’acquisition d’équipement alors que je suis engagé par des compagnies d’un peu partout dans le monde comme opérateur ». Un véritable défi donc pour lui qui est conscient qu'il ne pourra en vivre au Québec car le système qu'il a initié en ce domaine à la FQSC est, on l'a vu, l'un des meilleurs marchés au monde. L'ancien « Monsieur Caravane » devra donc souvent s'expatrier aux USA pour vivre de sa passion.


aux Jeux du Commonwealth à Melbourne

Par contre, il poursuivra avec la FQSC afin de former de nouveaux opérateurs photo-finish, auxquels il apportera toutes ses connaissances, tant en matière des règlements que dans les domaines de la photo, de l'informatique, de l'électronique. Au Québec, comme ailleurs, le besoin est criant surtout en cas de problème. « La différence entre un bon opérateur et un opérateur, c’est de la manière qu’il réussit à gérer les situations problématiques » conclue notre homme.

Avant de vivre de l'intérieur les JO de Vancouver comme opérateur en curling, il espère être ensuite engagé par Swiss Timing/Oméga pour les Jeux du Commonwealth en Inde à l'automne 2010, mais aussi à Londres en 2012.

A l'heure où il va quitter la FQSC une chose est certaine, il sera toujours pile à l'heure, au millième de seconde s'il le faut, pour ses nouveaux défis.

Bonne route à toi Sylvain !


À la recherche d´un millième de seconde, dans son bureau du stade olympique
photo : Daniel Fertin


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