photo : Guy Maguire, info@veloptimum.net
Josée Robitaille, 11 août 2009
photo : Guy Maguire

Josée Robitaille s´attaque à de nouveaux défis

Daniel FERTIN

A partir du 17 août les spécialistes du cyclisme au Québec ne verront plus le visage sans cesse souriant de Josée Robitaille au volant d'une voiture d'équipe, pourtant depuis des années elle faisait partie du paysage des courses de la Belle Province. Quand elle n'était pas au volant, on pouvait alors l'entendre sur les ondes de radio-tour depuis maintenant quelques années et ce sur les plus grandes dates du calendrier québécois.

Dans les bureaux du stade olympique, elle va maintenant remplacer Sylvain Richard au poste de Coordonnateur Route, Piste et Paracyclisme à la FQSC. Une nouvelle expérience pour elle qui a découvert le monde du cyclisme après une formation universitaire. Un monde qu'elle n'a plus quitté depuis, même si la communauté des cyclistes est plutôt habituée à ouvrir ses portes aux hommes.

A l'orée de son nouvel emploi elle va donc ranger ses meilleurs souvenirs dans le grand livre d'une vie dédiée au vélo. Elle se rappelle ainsi la première fois qu'Alexandre Cloutier a gagné sous les couleurs de son équipe. « A cette époque (au moins 10 ans) il ne courait pas pour nous. Je n’avais pas de budget pour ajouter un coureur à l’équipe, mais Alex voulait tellement joindre notre groupe qu’il avait alors acheté son vélo en ajoutant que s’il ne pouvait courir dans l’équipe il était pour "lâcher le bike". A sa 1ère course avec nous, à Portneuf si ma mémoire est bonne, il avait gagné la course en échappée solitaire, sur un parcours vallonné lui qui à l’époque ne passait pas tellement bien les bosses. A ce moment j’ai réalisé que notre équipe avait un rôle important à jouer pour plusieurs jeunes ».

Sa mémoire évoque aussi pour nous en vrac : la première victoire de Martin Gilbert au GP de Beauce, le tout récent titre de Guillaume Boivin aux Championnats canadiens, les succès d'Eric Boily aux Championnats canadiens juniors, son maillot jaune en Abitibi, sa victoire à la Coupe des Nations mais elle aime aussi se rappeler ses différents voyages avec son équipe où elle appréciait particulièrement « déjouer l’adversaire et/ou les équipes de haut niveau », et que les épreuves « où nous réussissons ce genre de tour de force en étant au départ dans une position de "underdog" » procurait également à la Directrice sportive une grande satisfaction donc un excellent souvenir.

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Josée Robitaille et Martin Gilbert lors de l’étape de Québec du Tour de Beauce 2009
photo : Daniel Fertin

Dernièrement Josée a établi une liste de 102 coureurs qui sont passés dans les diverses équipes qu'elle a dirigées, pourtant elle ne s'octroie pas le mérite d'avoir formé des coureurs. « Je peux dire cependant que notre structure attire les coureurs ayant du potentiel car nous n’avons pas le désir d’absolument les garder chez nous ». Josée a admis depuis longtemps que ses équipes étaient des tremplins pour des coureurs espérant vivre l'expérience du cyclisme au maximum. Elle déclare aimer les coureurs honnêtes et ambitieux et justement elle reconnaît « en majorité ce sont ce type de coureurs qui viennent évoluer quelques temps au sein de notre organisation ».

Au fil des années la « Robitaille académie » a acquis une solide réputation qui a attiré les coureurs désirant, en plus des conseils de Josée, la stabilité d'une organisation. Sur ce sujet, la future coordonnatrice est fière d'avancer « Nous travaillons avec de belles compagnies, c’est un attrait supplémentaire. Les coureurs savent qu’ils auront le matériel nécessaire pour performer. Nous participons à un grand nombre de courses, sans toutefois avoir un calendrier trop chargé. Les coureurs ont donc la chance de récupérer mais aussi de prendre part a des projets d’équipe du Québec et/ou nationale ».

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Josée Robitaille et une partie des troupes lors de la Coupe de la Paix le 22 juin 2008
photo : Guy Maguire

Quant à l'esprit d'équipe qui règne au sein des formations, celle qui avait commencé sa carrière avec l'équipe CKMF 94 annonce souvent à ses coureurs que chacun a sa chance de revenir avec le bouquet et que rarement un leader est désigné avant chaque début de course. Pour nous le prouver elle nous cite comme exemple la récente dernière étape des Mardis cyclistes de Lachine. « Les coureurs ont 28 tours pour gagner la course à leur manière mais si ça ne fonctionne pas et bien, pour les 3 derniers tours, si le peloton est encore regroupé, l’équipe devra se rallier à la cause du sprinter en l’occurrence Guillaume Boivin. En quelque sorte ils ont tous la chance de s’exprimer et de se faire valoir, ce qui est à mon avis important pour de jeunes coureurs en développement ».

Josée avoue que sa décision de rejoindre la FQSC n'a pas été facile après l'été de satisfactions qu'elle vit actuellement. Cependant, elle prend cette nouvelle fonction comme un nouveau et « beau » défi qui lui permettra de continuer au développement du cyclisme québécois. Tout en énumérant ses idées, vélodrome intérieur, le paracyclisme, l'équipe du Québec en Europe et aux USA elle savoure la possibilité qui lui sera encore offert dans sa nouvelle fonction d'être encore sur le terrain pour y rencontrer les athlètes et les organisateurs.

Une autre des idées fortes de Josée a toujours été la formation et on se doute qu'en arrivant à la FQSC elle ne va pas abandonner ce point important pour elle dans le cyclisme québécois. Elle est toujours fière, et à très juste titre, quand des managers d'équipes professionnelles la félicitent pour la qualité du travail accompli, tant sur le plan sportif que sur l'autonomie des coureurs dont elle a eu un moment la responsabilité. Celle qui sera encore quelques jours manager de l'équipe Volkswagen Specialized voudrait combler un manque à la FQSC. « J’aimerais pouvoir aider à former plus de managers. Il y a beaucoup d’entraîneurs et de préparateurs physiques mais il y a un manque flagrant de managers et je crois que c’est important d’avoir des gens solides qui sont en charge d’équipes. Il y a plein de trucs utiles à apprendre, pas juste conduire dans la caravane, mais comment lire une stratégie de course, coordonner le "staff" d’une équipe. D’ailleurs j’ai vu hier sur internet que l’UCI mettait sur pied justement un programme du genre. Donc, le besoin de formation à ce niveau se fait sentir sur une grande échelle ».

Bien sûr le travail de Sylvain Richard ne sera pas abandonné, et Josée continuera à aider les organisateurs tout en développant et en valorisant les clubs régionaux qui ont toujours été une priorité dans les bureaux de l'avenue Pierre de Coubertin. A tout cela, la future ancienne voix de radio tour entend bien cependant ajouter une petite touche personnelle comme des bases d'entraînement hivernal pour routiers et pistards ou bénéficier de quelques invitations pour l'équipe du Québec sur de belles épreuves en Europe. « En avril - mai, histoire de bien préparer notre monde pour le GP de Beauce, les championnats canadiens » et tout cela sans oublier le paracyclisme, bien évidemment.


Le visage sans cesse souriant de Josée Robitaille au volant d’une voiture d’équipe
photo : André Leclaire

Quant aux projets de vélodromes, véritable serpent de mer dans beaucoup de pays dans la planète cyclisme, Josée nous rassure et se déclare prête à suivre ces dossiers : « Je sais qu’il y deux projets de vélodromes sur la table dont un en Beauce, l’autre dans la région de Montréal. Il est certain que c’est une nécessité pour le Québec d’avoir une piste intérieure ».

On le constate, comme c'est le cas depuis 25 ans, les idées et les projets ne manquent pas pour la Montréalaise, tant au niveau régional qu'au niveau du Canada tout entier, notamment grâce à des relations constructives avec l'ACC.

« Je connais bien Jacques Landry puisqu’il a déjà couru dans notre équipe. On s’entend bien lui et moi. Il me connaît suffisamment pour savoir que je dis ce que je pense, et d’ailleurs il est du genre à être en mesure de bien exprimer son point de vue, tout en respectant celui des autres. Son travail à l’ACC n’est pas facile, mais il s’en sort bien. Il a de plus beaucoup d’expérience pour avoir travaillé en Nouvelle-Zélande, c’est un atout pour le cyclisme canadien. Je suis convaincue que nous aurons une bonne collaboration. Je connais aussi très bien Vincent Jourdain, l’entraîneur national sur route. Il a d’ailleurs travaillé pour notre équipe il y a plusieurs années. On s’entend très bien. Vincent, tout comme moi, a beaucoup de caractère et un bon sens de l’humour. J’entrevois une collaboration dynamique avec l’ACC. Après tout nous sommes là pour la même cause, la promotion du cyclisme peu importe le niveau ».

L'an prochain deux nouvelles épreuves de l'UCI Pro-Tour vont voir le jour et Josée se réjouit déjà de l'impact majeur pour le développement de son sport au Québec, au Canada et en Amérique du Nord. Quand on vous disait qu'elle était toujours prête pour la promotion et la défense du cyclisme au Québec.


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