GP de Lillers


photo : Daniel Fertin

Joël Dion-Poitras est venu pour apprendre

Daniel FERTIN

Pour sa seconde course en Europe cette année, Joël Dion Poitras est gâté. Ce matin il a eu droit, comme les 160 autres coureurs, à la pluie discontinue, certes mieux que les tempêtes de neige au Québec, mais pour un coureur cycliste il y a mieux !

« Cependant c'est plaisant de courir ici, c'est une excellente préparation » me confie-t-il réfugié bien au chaud dans ma voiture alors que la pluie continue de plus belle et que chacun cherche un abris. En effet je sens JDP, comme indiqué sur son beau vélo québécois Argon 18, plein de désir d'apprendre, plein d'envie de découvrir une facette d'un cyclisme qu'il connait peu.


Le Argon 18 Gallium de Joël
photo : Daniel Fertin

Son équipe Pro Race a établi ses quartiers à Audenaarde, en plein pays flamand. On ne peut rêver meilleur endroit pour apprendre la dure vie de coureur cycliste en mars et avril. Audenaarde, c'est le musée du Tour des Flandres, c'est aussi un lieu de passage de beaucoup de courses flandriennes, le départ du Tour des Flandres féminin et de la Nokere Koerse, et, à quelques coups de pédales de la ville, le fameux Koppenberg, montée emblématique de nombreux Tour des Flandres.

Justement, tout cela, Steve Bauer, professionnel de 1984 à 1996, l'a fait découvrir à sept coureurs présents en Europe, en guise de mise en bouche et surtout pour leur transmettre un maximum de la culture vélo qu'il a accumulée tout au long de ses années parmi l'élite en habitant non loin de là du côté de Courtrai.

En courant sous la tutelle l'ancien de la Motorola, Joël change cette année pour la troisième fois d'équipe après Calyon en 2006 et équipe Vallée de l'aluminium en 2007. « Ce n'était pas mon but de changer chaque année, cependant j'ai appris un peu chaque année et accumulé de l'expérience » reconnaît le Cowansvillois qui a commencé le vélo à 15 ans après avoir touché à beaucoup de sports collectifs auparavant.

Cette année, il va véritablement acquérir de la « bouteille » grâce à ce séjour européen où le programme, après la Beverbeek Classic et le GP de Lillers, l'amènera sur des kermesses en Belgique, puis sur la semi-classique belge la Nokere koerse (épreuve fort cotée en Belgique) pour terminer par le Tour de Normandie, une course par étapes de sept jours remportée chaque année par un futur grand.

Joël s'inspire et communique par internet avec des coureurs québécois ou canadiens qui ont couru en Europe afin de s'imprégner des ambiances et des petits « trucs » particuliers aux courses européennes, une preuve supplémentaire qu'il veut apprendre. « C'est ici que cela se passe et je le sais » admet-il, lui qui n'est d'habitude en forme que vers le mois de mai ou juin et qui se dit fort impressionné par les vitesses élevées des courses de ce côté de la grande mare. Ceci l'avait d'ailleurs déjà impressionné lors de ses deux précédents séjours européens en 2005.

Pour l'instant Joël se contente d'être un équipier auprès de coureurs expérimentés tels que Mark Walters (ex Navigators). « Je suis jeune, je dois d'abord apprendre mais j'aurais peut-être carte blanche sur certaines épreuves » continue le seul Québécois de cette équipe canadienne, tout en reconnassant qu'il est convaincu d'avoir fait le bon choix de par un bon calendrier, mais aussi de par le discours de Steve Bauer qui vise à être la première équipe canadienne à être invitée sur le Tour de France.

Selon lui il n'y a pas de meilleure école que celle qu'il a choisie pour réussir l'objectif qu'il s'est fixé cette année, c'est à dire obtenir une sélection pour les Championnats du Monde U23 en Italie.

Cependant le jeune athlète québécois garde la tête sur les épaules, il sait que la route sera longue et semée d'embûches. Cela a d'ailleurs commencé dès aujourd'hui. Alors qu'il n'était pas trop mal placé dans le peloton, il a eu quelques ennuis mécaniques et a du appeler Steve par la radio.


Josée Larocque, responsable des relations publiques et parfois Directeur Sportif, Steve Bauer, le patron, et le mécano de l’équipe.
photo : Daniel Fertin

Légèrement déconcentré, il n'a pas remarqué la voiture de Jan Kirsipuu qui avait freiné brutalement. Résulat, il est passé au travers de la vitre arrière de l'ancien sprinter, devenu Directeur sportif. Dur au mal, et pas blessé, Joël est remonté sur son vélo mais le peloton, bien évidemment était parti sans lui.

Il a fini le tour de circuit avant d'abandonner, déçu, mais en admettant avoir appris énormément sur une course rendue difficile par des conditions météorologiques exécrables.


Douché toute la journée, Joël a bien mérité une douche chaude !
photo : Daniel Fertin

Dès mercredi, les coureurs « flahutes » se retrouveront sur la Wanzele Koerse en Flandre et Joël a encore envie d'apprendre, il est venu pour cela. Il a prouvé cet après-midi qu'il avait la tête dure !!!


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