Bienvenue chez les « chtis » de Paris-Roubaix

Daniel FERTIN

Comme il en est maintenant de tradition depuis quelques années, les principaux organisateurs de la Reine des Classiques sont venus reconnaître les derniers tronçons de l'épreuve, ceux qui feront la sélection à partir de Troisvilles quelques kilomètres après l'entrée dans le département du Nord. Christian Prudhomme et Jean-François Pescheux avaient donc donné rendez-vous chez Françoise, petit café dans ce village du Cambrésis, où depuis des années maintenant les coureurs pénètrent dans « l'enfer du Nord ».

Après la traditionnelle omelette, accompagnée du Maroilles, bien sûr, toute la troupe motorisée s'est élancée pour un repérage minutieux des différents secteurs pavés de cette 106ème édition. Dès les premiers hectomètres du boyau de Troisvilles, on ne pouvait pas ne pas se souvenir, en passant devant la stèle érigée en son honneur, que l'an passé, à la même époque, un grand du cyclisme était encore parmi nous pour nous prodiguer tous ses conseils et renseignements, Jean Stablinski. Pourtant Jean allait encore être présent lors de ce lundi traditionnel.

Ce premier secteur, très boueux, surtout sur la fin, fera certainement déjà une première sélection, comme d'habitude. A l'issue de cette journée Christian Prudhomme a d'ailleurs prévu un nettoyage de la fin de ce tronçon. Les autres secteurs, les mêmes que l'an passé, se succèdent alors que la neige fondue nous rattrape du côté de Saint-Python. La traversée de Solesmes est légèrement changée, les géants de la route ne passeront plus devant l'hôtel de ville mais ne pourront éviter la bosse qui servira encore de zone de ravitaillement.

Premier arrêt du convoi, dans le 5ème des 28 tronçons, pour remarquer les 12O mètres de pavés ajoutés cette année après la démacadamisation du chemin. Jean-François Pescheux et Alain Bernard, le président des Amis de Paris-Roubaix, répondent aux journalistes devant un mont des plaques de goudron qui recouvraient jusqu'il y a peu les pavés. Pendant ce temps, Christian Prudhomme marche seul sur cette voie pour se féliciter du travail accompli. Les Amis de Paris-Roubaix présents signalent que dans les années à venir il est encore possible de revenir aux chemins empierrés, amusant clin d'oeil de l'histoire, quand on se souvient qu'il y a plus de quarante ans les goudronneuses recouvraient tout.

A la sortie d'Haveluy, une délégation du Grand Prix de Denain ainsi que madame Donain attendent les officiels pour se recueillir sur la stèle Jean Donain qui marque l'entrée du secteur « Bernard Hinault ». Trop vite les véhicules repartent déjà pour ce qui est chaque année le point culminant de l'épreuve, la trouée d'Aremberg. Devant la Communauté d'Agglomération de la Porte du Hainaut des parkings sont prévus, ils sont déjà bien garnis. Les spectateurs se sont-ils trompés, sont-ils déjà présents pour dimanche ? Mais non tout simplement cette foule immense est venue rendre un hommage au grand absent de la journée et participer ainsi à l'inauguration de la stèle en son honneur, monument qui marquera à jamais l'entrée de la célèbre tranchée d'Aremberg au travers de la forêt domaniale, trève des boules d'Hérin ouverte une seule fois à la circulation dans l'année à l'occasion de la « Pascale ».

De grands noms ont tenu à être présents, Bernard Hinault, Jean-Marie Leblanc (président des Amis de Jean Stablinski), Freddy Maertens, Robert Mintkewicz, Raymond Riotte, Marc Madiot, Alain Deloeil, Laurent Desbiens, pour le cyclisme mais aussi de nombreux autres sportifs à la tête desquels on notait la présence des « fidèles » Michel Bernard et Jean Degros. La Fédération Française de cyclisme était elle représentée par son Président Jean Pitalier et Yvon Sanquer, Président de la Ligue du Cyclisme professionnel, qu'accompagnait René Pelcat, Président du Comité Nord Pas-de-Calais.

Tout ce beau monde devait se retrouver ensuite dans les locaux de la Porte du Hainaut pour les discours du Maire de Wallers, de Jean-Marie Leblanc, d'Alain Bocquet, du Directeur départemental de la Jeunesse et des Sports, de la Conseillère Générale, de Daniel Percheron, puis d'Alain Bernard qui tous, unanimement, firent l'éloge de ce grand champion que fut le père « Stab ».

Après cette réception, et sous le soleil revenu, la délégation ASO et les amis de Paris-Roubaix reprenaient la route pour noter et apprécier les différents secteurs de l'épreuve. En fin de journée, Jean-François Pescheux se montrait optimiste pour dimanche : « Avec bien des travaux effectués tout au long du parcours depuis plusieurs années, le tracé est désormais carrossable et il pourra être emprunté dimanche en toute sécurité par le peloton, c'est un bon parcours » devait-il conclure.


Note du webmestre : Daniel Fertin nous raconte :

« Ce matin j´avais le choix, soit j´allais à Vimy, j´en avais pas mal envie, je ne suis pas du tout militariste ni "ancien combattant" mais à part le centenaire dans 10 ans, je ne suis pas sûr de revoir un tel événement.

L´alternative était la reconnaissance des pavés de Paris Roubaix avec toutes les huiles d´ASO.

Devine où je suis allé, avec l´amie de Louis Garneau et de Martin Gilbert ou avec Jean-Marie (Leblanc) ? »


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