octobre-novembre 2008


En juillet 2007, Jean-Marie Leblanc, nouveau retraité, accueille dans son village de Fontaine-au-bois
(où il est conseiller municipal) son ami Jan Janssen, vainqueur du Tour de France en 1968. Ce jour-là,
c’était la première fois qu’il voyait le Tour en spectateur depuis très longtemps !
photo : Daniel Fertin

Le Directeur du Tour a fini sa carrière
au Tour de la Nouvelle-France en 1971

Daniel FERTIN

A la fin de la saison 1971 Jean-Marie Leblanc et son grand ami nordiste, Philippe Crépel, ont décidé de raccrocher le vélo. Cette décision ils la prennent au soir du critérium de Poperinghe, une cité flamande à la frontière française entre Dunkerque et Lille.

Jean-Marie Leblanc vient de rouler cinq années dans les pelotons professionnels, deux années chez Pelforth- Sauvage-Lejeune en 1967 et 1968, puis trois saisons chez Bic de 1969 à 1971. Il a participé à deux Tours de France et les a tous les deux terminés, en 1968 il est 58ème et en 1970 83ème. Tout au long de son honorable carrière il aura levé les bras huit fois sur des courses professionnelles mais sa décision est prise, il sera journaliste dès l'année suivante pour le quotidien régional nordiste « La Voix du Nord ». D'ailleurs, dès cette année, il a commencé à faire des piges occasionnellement soit pour des galas de boxe, soit pour d'autres évènements.

Maurice De Muer, qui aura été son unique Directeur Sportif pendant toute sa carrière professionnelle pro, lui propose de participer au premier Tour de la Nouvelle France, une épreuve de cinq étapes entre le mardi 21 septembre et le samedi 25 septembre. Huit équipes de six coureurs sont au départ à Montréal. Le peloton est assez maigre mais on y retrouve tout de même quelques « pointures », comme 3 vainqueurs du Tour Lucien Aimar (66) Roger Pingeon (67), Jan Janssen (68). Le vainqueur des trois derniers Tours, Eddy Merckx, n'est pas là mais son équipe Molteni a fait le déplacement, tout comme quatre équipes françaises (Bic, Mercier, Peugeot et Sonolor), deux italiennes (Savarani et Molteni), une Belge (Flandria) et une Anglaise (Falcon). La formation Bic du futur Directeur du Tour aligne, outre Jan Janssen, Johny Schleck (le père d'Andy et Franck), Daniel Ducreux, Anatole Novak et René Pijnen.

Dès la première étape, entre Montréal et Drummondville (157 kilomètres), l'ancien champion de France universitaire se glisse dans une échappée de treize qui aura jusque treize minutes d'avance sur un peloton emmené par l'équipe Sonolor, la seule non représentée à l'avant. Roger De Vlaemeinck, qui n'est pas encore « Monsieur Paris- Roubaix » mais qui a déjà un joli palmarès l'emporte, Jean-Marie Leblanc est neuvième dans le même temps.

Le lendemain en direction de Québec, c'est à Thetford Mines, lors des premières montées, qu'une nouvelle échappée prend corps. Jean-Marie n'est pas bien loin mais son coéquipier René Pijnen est devant et c'est d'ailleurs le rapide Néerlandais qui l'emporte au sprint. Guido Reybroeck, encore devant, prend la tête du classement général. Jacques Anquetil, le Directeur de la course, pense que le TNF est déjà joué, il a vu juste. Il ne se passe rien de bien important lors de la troisième étape vers Joliette où le maillot rouge « Air Canada » consolide sa place en s'échappant quelques temps pour un sprint bonification. Tout le peloton arrive dans le même temps que l'Italien Dino Zandegu qui remporte l'étape.

La quatrième étape était très attendue de par son parcours mouvementé par Grand-Mère et Shawinigan mais c'est encore Roger De Vlaeminck qui l'emporte au sprint alors que Jean-Marie Leblanc s'accroche à sa septième place au général. Le dernier jour ne marquera aucun changement, le matin c'est le rapide Zandegu qui l'emporte à Montréal et l'après-midi c'est l'équipier et ami de Jean-Marie Leblanc, Jan Janssen, qui remporte le contre-la-montre de 54 milles dans les rues montréalaises.

Dans le livre* qu'il a écrit l'an passé « Le Tour de ma vie », Jean-Marie Leblanc écrit : « J'ai toujours en mémoire les derniers coups de pédales donnés à l'arrivée de la dernière étape, en roue libre, le buste relevé: ce 25 septembre 1971, c'était fini ! » Certes, il avait écrit le mot FIN de sa carrière sur le vélo au Québec, mais chacun sait que sa vie cycliste n'était pas finie. D'abord journaliste à la Voix du Nord, puis à l'Equipe, il devenait ensuite, pendant 18 ans, le patron de la plus grande épreuve au monde et c'est certainement avec émotion qu'il est revenu plusieurs fois dans la Belle Province pour négocier l'éventuel Grand Départ du Tour à Québec en 2008. Pour lui, la Grande boucle aurait été bouclée.

*Le Tour de ma vie, aux éditions Solar


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