mai 2008

Petites histoires du cyclisme europen


Laurent Fignon vainqueur en solitaire
photo : Miroir du cyclisme

Les organisateurs du Giro ont gommé le Stelvio en 1984

Daniel FERTIN

En mai 1984 Laurent Fignon a déjà un Tour de France à son palmarès. Cependant pour lui la situation a changé, son coéquipier Bernard Hinault a décidé de quitter la formation Renault et de rejoindre celle de l'homme d'affaires Bernard Tapie qui vient de monter l'équipe La Vie Claire.

Le vainqueur du Tour précédent se retrouve ainsi leader de son équipe aux côtés d'un jeune américain connu des seuls initiés, Greg Lemond. Après une sixième place à Liège – Bastogne – Liège puis un passage par la Classico RCN en Colombie, le coureur parisien est au départ du Giro en Italie, une épreuve pour laquelle il vise tout simplement la victoire finale. Pour y arriver, il a choisi lui-même ses coéquipiers « une bande de copains » insiste-t-il auprès des journalistes. Il veut s'imposer dans la botte italienne pour prouver que sa victoire au Tour n'est pas le résultat d'un l'effet de surprise. Un plan est établi par Cyrille Guimard, le rusé Directeur sportif de l'équipe française. Cependant, victime d'une fringale lors de la 5ème étape, Laurent Figon concède une minute 30 à Francesco Moser que toute l'Italie voudrait voir gagner le Giro après son fabuleux record de l'heure. Petit à petit le Français prend un ascendant psychologique sur l'Italien, pourtant il perd encore beaucoup de temps dans un contre-la-montre, LA spécialité de Moser, qui utilise un matériel révolutionnaire. Les Dolomites vont à coup sûr apporter un dénouement à l'épreuve. Soudain on apprend que le célèbre et mythique col du Stelvio, l'un des plus hauts d'Europe est supprimé du parcours. L'organisateur évoque des risques de neige, voire d'avalanche ! Le parcours de remplacement ne ressemble que de loin à une étape de montagne, cependant Fignon, très remonté, se classe second et dès l'arrivée part avec son Directeur Sportif reconnaître les cols du lendemain.

Dans le froid, dans la brume et surtout devant une foule hostile il s'échappe et effectue seul en tête les derniers 50 kilomètres le menant de Val Gardena à Arana en passant par les cols au nom évocateur comme le Pordoi ou le Capolongo. Pendant toutes les ascensions finales le public lui envoie des crachats, du vinaigre et ce devant des commissaires et des organisateurs qui ne feront rien pour lui.

Cependant c'est lui qui endosse le maillot rose avec 1 minute 30 secondes d'avance sur le recordman de l'heure. Il vient de prouver que si l'étape du Stelvio n'avait pas été annulée il aurait déjà course gagnée à coup sûr. La dernière étape du Giro est un contre-la-montre donc sur un parcours qui favorise Francesco Moser. De plus, devant l'absence de règlements internationaux, le candidat à la victoire se présente dans une tenue aérodynamique coiffé d'un casque profilé et chevauchant un vélo qui apparaît pour une des premières fois lors des épreuves officielles.

Bien sût, devant une telle disproportion et sur une distance idéale pour l'Italien, Laurent Fignon cède son maillot rose et termine second du Giro 1984. Quelques semaines plus tard il se console en enfilant un autre maillot distinctif, celui de Champion de France, un titre qu'il emporte en Bretagne chez Bernard Hinault. Il prend ainsi vêtu le départ du Tour de France chez lui en région parisienne. Pour les contre-la-montre les ingénieurs de chez Renault lui ont fabriqué un vélo spécial mais c'est bien en montagne qu'il gagne cependant son second Tour de France consécutif.


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