juin 2008


photo : Alpes et Loisirs

Les doublés Dauphiné-Libéré et Tour de France

Daniel FERTIN

Le mois de juin est traditionnellement la période de préparation pour le Tour de France. Le grand débat actuel dans le peloton européen est de savoir où il est préférable d'affiner sa forme et préparer son équipe. Le Critérium du Dauphiné Libéré ou le Tour de Suisse ? La question est la même en début de saison, faut-il s'aligner sur Paris-Nice ou sur Tirreno Adriatico pour être en forme lors de Milan - San Remo ?

Sans vouloir entrer dans le débat contentons-nous d'observer les palmarès du Critérium du Dauphiné Libéré et du Tour de France depuis 1947, date de création de l'épreuve qui vient de se terminer à Grenoble, la capitale du Dauphiné.

Neuf vainqueurs du Tour ont également remporté le bouquet du Dauphiné et parmi le top cinq des plus grands vainqueurs du Tour, tous ont remporté les deux épreuves la même année. Anquetil en 1963, Merckx en 1971, Hinault en 1979 et 1981, Indurain en 1995 et Armstrong en 2002 et 2003. Ces neuf maillots jaunes de juillet ont remporté à eux seuls quinze éditions du Critérium !

Revenons ensemble sur le premier doublé, celui de Maître Jacques en 1963.

Nous sommes en pleine rivalité Anquetil – Poulidor. La France cycliste est coupée en deux, les Poulidoristes et les Anquetilistes. Ni l'un ni l'autre n'ont encore remporté le Dauphiné. L'année précédente on a vu des Espagnols très à l'aise sur l'épreuve. Au départ d'Evian deux équipes espagnoles viennent donner la réplique, bien déterminées à peser sur la course. A partir de cette année les Espagnols viendront régulièrement se préparer en vue de la Grande Boucle.

Sur le bord du lac Léman, Jacques Anquetil égrène son palmarès de l'année en cours : Paris – Nice, Le National et... le Tour d'Espagne. Everaert et Van Looy remportent les deux premières étapes, celles dites de « plaine », mais dès l'étape du Vercors c'est un Espagnol (déjà) qui s'impose, José Perez-Frances. Jacques Anquetil le savait « il faudra se méfier d'eux » avait-il dit à la presse. Le lendemain, entre Villars-de-Lans et Gap, c'est le Champion du Monde en titre, le regretté Jean Stablinski, qui s'impose sur un terrain qui n'est pas le sien. En fait, le rusé Directeur Sportif de Jacques Anquetil, Raphaël Géminiani, avait demandé au Nordiste, un autre rusé s'il en est, de « surveiller » les Espagnols Bahamontès et Perez-Frances. La bagarre a été belle, au Français l'étape, à l'Espagnol Perez-Frances le maillot de leader.

Bien évidemment c'est sur le contre-la-montre entre Berradides et Bollène (38 km) que Maître Jacques reprendra du temps et la maillot à deux jours de l'arrivée finale traditionnelle à Grenoble. Raymond Poulidor lui, a été complètement et rapidement mis hors-jeu. Au début d'une montée de la première étape de montagne il était en forme, puis d'un seul coup, il n'avance plus, en quelques kilomètres il a perdu un quart d'heure et déjà... le Critérium.

Après l'épreuve chronométrée le maillot est revenu sur les épaules du triple vainqueur du Tour qui aurait pu se contenter de gérer. C'était sans compter sur le Normand. Il fera tout le dernier jour pour durcir la course dans le col de la Charmette pour finalement l'emporter devant quatre Espagnols qu'il retrouvera le mois suivant sur son quatrième Tour de France victorieux. L'année suivante c'était un autre Ibérique, Valentin Uriona, qui inscrivait son nom au palmarès. Quant à Poulidor, il dut attendre 1966 pour porter le maillot jaune et bleu final du Dauphiné.

C'est encore un Espagnol qui vient de l'emporter à Grenoble, sera-t-il aussi le maillot jaune final sur les Champs-Elysées le 27 juillet prochain pour un nouveau doublé ?


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