janvier-février 2008


Charly Rouxel, premier vainqueur du Trophée azuréen
photo : collection Daniel Fertin

Le Tour Méd et Lucien Aimar, une longue histoire d’amour

Daniel FERTIN

Le Tour méditerranéen, partira de La Crau le 13 février 2008, La Crau, déjà étape en 1973 lors de la première édition. Lucien Aimar et le Tour Med, une histoire qui dure depuis 38 ans !

Fin de saison 1973, après 11 années chez les professionnels où il a porté les maillots de Saint-Raphaël, Ford, Bic en étant au côté de Jacques Anquetil puis chez Sonolor, Rokado et enfin sous l’exotique maillot rose de la danseuse de cabaret Myriam De Kova, Lucien Aimar a décidé de raccrocher après une superbe carrière marquée par une victoire finale au Tour de France 1966.

Cependant il souhaite rendre au cyclisme tout ce qu’il lui a apporté. Dans un premier temps il ouvre un magasin d’articles de sports dans sa ville d’Hyères et bien sûr ce commerce est l’un des commanditaires du club local, le club de Lucien, le Vélo Sport Hyèrois. Il est ensuite rapidement nommé, le 3 mars 1974, conseiller technique régional au Comité de Provence du cyclisme. Cette nomination fera couler beaucoup d’encre car elle avait été faite directement par le Secrétaire d’Etat aux sports et non pas par les instances dirigeantes de la Fédération Française de Cyclisme.

Au début des années 70, les camps d’entraînements dans les pays exotiques n’étaient pas encore nés. Chaque équipe se retrouvaient dans le sud de la France pour les stages de début de saison et participaient ainsi à une multitude de petites épreuves tout au long de la Côte d’Azur et dans l’intérieur des terres. Menton, Monaco, Montauroux, Seillans, Nice, Fréjus, Saint-Raphaël, Antibes, La Crau, Aix-en-Provence, Saint-Tropez étaient à l’époque des rendez-vous incontournables du calendrier de début de saison. Pourtant, les organisateurs de ces différentes épreuves avaient de plus en plus de difficultés auprès des autorités pour obtenir l’autorisation pour utiliser les routes ensoleillées mais de plus en plus fréquentées.

Lucien Aimar, le coureur du pays, eut alors l’idée de fédérer toutes ces courses en une seule. Une course par étapes qui partirait de Menton, à la frontière italienne, jusqu’à La Crau en faisant étape dans les anciens « bastions » des courses de préparation. Tout le monde s’y retrouvait, les organisateurs ne devaient plus chercher des budgets de plus en plus élevés et les équipes qui disposaient ainsi d’une véritable épreuve de qualité.

Le Trophée méditerranéen (la dénomination Tour méditerranéen apparaîtra plus tard) était né. La première édition allait relier deux villes, en fait deux clubs chers au vainqueur du Tour 1966 Menton (Alpes-Maritimes) à Hyères (Var). Dans cette idée, Lucien Aimar s’était aidé de Jacques Anquetil, quintuple vainqueur du Tour de France qui devenait Directeur de course. La petite histoire retiendra que la première étape, entre Menton et Beausoleil (101 km), fut remportée par un jeune coureur français qui sortait juste de la période des 6 jours : Jacky Mourioux. Lors de cette étape initiale il faut rappeler un épisode qui va mettre en jeu, une fois de plus, Jacques Anquetil et... Raymond Poulidor. Cet incident allait prouver que la hache de guerre était définitivement enterrée entre les deux champions français. Alors que la voiture des Gan Mercier couvrait Mourioux échappé devant, Raymond Poulidor fut victime d’une crevaison et dut se renoncer à abandonner. Le Directeur de course Jacques Anquetil, décida le soir même de repêcher son ancien rival pour l’étape du lendemain entre Beausoleil et Antibes, étape remportée par Zoetemelk. Ensuite vinrent les étapes de Sainte-Maxime avec la victoire de Meunier, de La Crau avec Peelman et de Van Neste à Hyères mais c’est le Français Charly Rouxel (Peugeot) qui inscrivait son nom en première ligne du palmarès de la course azuréenne, qui en cette année 1974 ne pouvait être ouverte qu’aux groupes français.


Jean-Claude Meunier vainqueur à Sainte-Maxime,
derrière on remarque Charly Rouxel le vainqueur final
photo : Miroir du cyclisme

Le matin même de l’arrivée de cette première édition, le dimanche 17 février, les dirigeants de la FFC avaient décidé de porter un veto à la nomination de Lucien Aimar comme conseiller technique. Cette nomination fut rejetée par 9 voix contre 4 mais pour Lucien Aimar le plus important était d’avoir réussi à lancer cette belle épreuve qui fêtera cette année sa 38ème édition entre La Crau (Var) et Gruissan (Aude) avec les meilleurs coureurs et équipes du moment.


Page mise en ligne par

Consultez notre ENCYCLOPÉDIE sportive

nouvelles achat & entretien rouler au Québec hors Québec sécurité course cyclos montagne industrie quoi d´autre ?