décembre 2008


Bernard Gauthier derrière son entraîneur, en 1957, lors d’un de ses 4 Bordeaux - Paris victorieux.
photo : Coups de pédales

Jean-François Rault remporte la dernière édition de Bordeaux-Paris

Daniel FERTIN

Il y a juste 20 ans, les 21 et 22 mai 1988, se disputait la dernière édition d'une épreuve qui était née en 1891 et que l'on appelait aussi le derby ou le marathon de la route. Cette course, particulière dans le calendrier, se déroulait entre Bordeaux et Paris sur une distance approchant ou dépassant parfois les 600 kilomètres.

Partant de nuit de la capitale aquitaine, les coureurs roulaient jusqu'à Châtellerault dans la Vienne où, après un bref repos puis un repas, ils repartaient à l'abri de leurs entraîneurs sur les célèbres dernies. Bernard Gauthier fut longtemps appelé « Monsieur Bordeaux-Paris » avec quatre victoires (1951, 1954, 1956 et 1957) mais le Belge Herman Van Springel lui ravit ce titre avec sept bouquets en 1970, 1974, 1975, 1977, 1978, 1980 et 1981.

En 1981 justemenent, Jean-François Rault, un jeune néo-professionnel breton, arrive dans les pelotons au sein de la formation Puch – Wolber. Très rapide au sprint, il gagne quelques belles épreuves avant de participer pour la première fois à Bordeaux Paris en 1987 pour y aider son leader Bernard Vallet. Le futur Directeur Sportif de l'équipe Elite Côtes d'Armor se classe huitième, tout en aidant son chef de file à inscrire son nom au palmarès. Une bonne approche.

L'année suivante, il revient plein de confiance. Il fait partie d'un maigre peloton de 51 pros auquels sont venus s'ajouter une vingtaine d'amateurs. Le départ est donné à 23 h 20 par une nuit glaciale et deux anciens vainqueurs (Gilbet Duclos-Lassalle et René Martens) font figure de favoris. Dans la nuit, et par un vent de face, deux amateurs se font la belle et peuvent ainsi profiter d'un peu de gloire. Derrière, la bagarre n'est pas déclenchée, chacun se regardant pour ne pas faire le travail pour l'autre. Deux grosses équipes s'affrontent, les RMO avec 9 coureurs et les 11 de chez Peugeot. Toutes les autres formations n'ont envoyé personne sur l'épreuve ou alors que quelques coureurs isolés qui ne peuvent peser sur la course.

A 100 kilomètres de l'arrivée, après plus de 500 déjà parcourus, tout est à refaire. Km 522, cinq hommes se détachent, Rault (RMO),Vincent Lavenu (Fagor), Chesneau (EFB), Ilegems (Sigma) et Dorelgo (ADR). L'écart grandit et derrière c'est rapidement le sabordage. Chacun des cinq va tenter sa chance mais à quelques treize bornes de l'arrivée à Fontenay-sous-Bois, Jean-François Rault attaque sèchement sans se retourner. Personne ne contre, le trou est fait. Au tableau d'honneur du derby il va succéder à son Directeur Sportif Bernard Vallet.


En 1988 Jean-François Rault entrait dans l’histoire.
photo : Miroir du Cyclisme

À trois années du centenaire de l'épreuve, le coureur de Lamballe entre dans l'histoire du cyclisme, il sera le dernier vainqueur. En effet, l'Equipe et le Parisien, les deux journaux organisateurs (également organisateurs du Tour de France), décident l'année suivante de retirer la course du calendrier. Le manque de coureurs au départ depuis quelques années et l'absence de combativité en 1988 auront eu raison d'une des classiques les plus légendaires d'une saison en Europe.


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