septembre 2007

Jean Stablinski devient Champion du Monde en 1962

Daniel FERTIN

En plein Tour de France, un Champion s’en est allé. Il s’est échappé laissant seul le peloton de ses amis. Mais une des plus belles échappées que Jean Stablinski ait écrit fut certainement celle de Salo au bord du lac de Garde en Italie à l’occasion des Championnats du Monde 1962. Retour sur la principale ligne du palmarès d’un Champion de légende qui aura gagné entre autres 4 Championnats de France, un Tour d’Espagne, un Amstel Gold Race, toutes les courses professionnelles de sa région à laquelle il était viscéralement attaché.

Ce Championnat du Monde Jean Stablinski l’avait préparé d’une manière assez rude en s’entraînant avec son coéquipier irlandais Seamus Eliott (déjà !) en effectuant de longues sorties derrière derny et toujours sur le même parcours à travers les monts des Flandres. Ce dimanche 2 juillet 1962, le Champion du Monde sortant des deux dernières années Rik Van Looy était encore le favori d’autant que l’équipe de France était partagée entre Jacques Anquetil et Raymond Poulidor. Dans cette région italienne le circuit est particulièrement sélectif avec deux côtes qui, avec la répétition vont faire la différence, seul un homme fort repartira avec le maillot arc-en-ciel. « Stab » a déjà remporté deux maillots de Champion de France et possède un statut à part au sein de l’équipe française dirigée par Marcel Bidot.

Le Directeur sportif avait décidé avant l’épreuve de durcir la course pour empêcher le Belge Van Looy de revêtir une troisième tunique. Les consignes furent suivies à la lettre. Après une tentative de diversion d’Henry Anglade, Jean Stablinski, accompagné de Joseph Groussard, se porta à l’avant lors du quinzième tour de 12 km 880 (sur un total de 23). Les deux Français étaient accompagnés de l’Allemand Wolfshohl, de l’Irlandais Eliott, du Belge Hovenaers, des deux Néerlandais Jan Janssen et Jan Nietsen et de l’Italien Arnaldo Pambianco, l’Allemand Rudi Altig ayant été disqualifié pour ravitaillement hors zone. A trois tours de la fin le peloton se mit à contrôler les échappés et même les deux leaders français favorisèrent les chances de Jean Stablinski en annihilant chacun leur tour les tentatives de sortie.

Dans l’avant dernier tour, il n’y avait plus que trois hommes à l’avant, « Stab », Eliott et Wolfshohl. Jean Stablinski connaissait fort bien Seamus Eliott et pour cause, il se méfiait particulièrement de lui. Chacun se demandait comment il allait se débarrasser de ses adversaires. On le sait rusé, il a repéré le parcours depuis tous ces passages, dans l’avant dernier tour il profite de quelques virages serrés et qui semblent plonger directement dans le lac de Garde pour s’enfuir. Rapidement il fait la différence et ses adversaires ne le voient plus à cause de la succession des virages. A un tour de la ligne il est seul. Une dernière émotion va surgir dans le clan français quand il crève et doit continuer sur un vélo non adapté à sa taille. Malgré cela il devient Champion du Monde avec 1 minute 32 secondes sur son second, l’Irlandais Eliott.

Dès qu’il fut revêtu du maillot irisé il s’empressa de rappeler que même habillé d’une telle tunique il continuerait à être l’équipier fidèle de Jacques Anquetil dans le Tour de France.

Jean tint parole et aida encore souvent Jacques Anquetil dans diverses épreuves mais se construisit tout de même un joli palmarès tout particulièrement sur les courses en circuit, sa spécialité, comme en témoigne sa collection de maillots tricolores.

Il est amusant à constater que le successeur français de « Stab » sur la première marche du Championnat du Monde fut Bernard Hinault qui avait débuté chez les pros en étant dirigé par un certain Jean Stablinski !


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