novembre 2007

Une longue histoire d’amitié naît
sur les 4 Jours de Dunkerque 1970

Daniel FERTIN

En ce début mai 1970 le Cambrésis vivait une grande page cycliste. Quelques jours après les 2 jours d’Iwuy, puis les 3 jours de Marcoing, les amoureux de la petite reine s’apprêtaient à applaudir les champions lors de l’arrivée sur la Grand-Place de Cambrai de la première étape des 4 Jours de Dunkerque. Le lendemain, jeudi de l’Ascension, à 11 h 30, le peloton s'élançait en direction de Saint-Quentin avec un passage par Caudry. Parmi ce peloton, lors de la première étape (Dunkerque – Cambrai 197km), un Nordiste s’était fait remarquer tout au long de la première dans diverses attaques, il ne fut repris qu’à Hermies, il en était à sa troisième année professionnelle : Jean-Marie Leblanc. Ce coureur, professionnel depuis 1967 avait déjà fini le Tour de France en 1968 (58ème) mais ne savait pas encore qu’il serait sélectionné pour un second à l’été prochain.

Au départ de l’étape qui allait mener les coureurs pour la première fois à Saint-Quentin, la foule était nombreuse sur la Grand-Place de Cambrai, un seul retardataire, Jean-Pierre Danguillaume, qui vient d’apprendre à son hôtel la naissance de son fils Antony qui travaille maintenant à la logistique du Tour de France. Dès le 4ème kilomètre, six hommes faussent compagnie aux 73 autres, ils sont vite repris. Deux kilomètres avant Beauvois-en-Cambrésis, ce sont maintenant 26 coureurs qui prennent la poudre d’escampette, on y retrouve notamment, José Catiau, qui sent déjà l’air de Saint-Quentin, Jean-Marie Leblanc (qui passera non loin de Fontaine-au-bois, son village) et Henri Heintz qui est devenu depuis le chauffeur du docteur Porte sur le Tour de France. Cette échappée est rejointe par quelques éléments au kilomètre 60, le Belge Willy Van Neste ramène par exemple avec lui le « Bic » Roland Berland. Ils sont bien trop nombreux devant, le ménage doit être fait.

Willy Van Neste (Mann – Grundig) profite d’une bosse du parcours (m 90) pour placer une attaque, le « Sonolor » Heintz l’accompagne, ils sont bientôt rejoints par Jean-Marie Leblanc (Bic) et José Catiau (Sonolor). Six kilomètres plus loin, leur avance est déjà de 1’ 10". Elle va maintenant sans cesse augmenter pour se stabiliser ensuite entre 4 et 5 minutes. La victoire semble être pour José Catiau d’autant qu’il est assisté de son coéquipier Heintz. Cependant, à 9 kilomètres de la banderole, le Vermandois fléchit. Le Belge s’en aperçoit et attaque. Immédiatement, Jean-Marie Leblanc, le déjà journaliste stagiaire à La Voix du Nord, prend sa roue. Malheureusement pour le futur Directeur du Tour de France, il est victime de crampes à 50 mètres de l’arrivée située en côte et ne peut disputer ses chances.

Second au classement général, Jean-Marie Leblanc est assuré de la collaboration de son leader Jan Janssen et déclare dans La Voix du Nord : « Cela fait tout drôle d’être leader », il va continuer à se battre pour tenter d’inscrire son nom au palmarès de l’unique course à étapes professionnelle de la région Nord Pas-de-Calais. Malheureusement, et malgré une course remarquable tant dans les monts de Cassel que le dernier jour lors du contre-la montre à Dunkerque (il se classe troisième derrière les spécialistes que sont Ferdinand Bracke et Leif Mortensen), il est victime d’une coalition belge. En effet, Willy Van Neste est dépanné par un autre Directeur sportif que le sien, et est ramené, sur une attaque de Leblanc, par Roger De Vlaeminck, qui n’est pourtant pas son coéquipier. Les commissaires ont bien normalement pénalisé les fautifs par des amendes financières mais n’ont pas appliqué de sanctions en temps. Finalement Jean-Marie Leblanc se classera second, à 7 secondes, et devra se contenter l’année suivante avec le circuit du port de Dunkerque.


Jean-Marie Leblanc à l’arrivée des 4 Jours de Dunkerque qu’il termine second derri ère Willy Vanneste (à gauche).

Trente sept années plus tard il avoue que cette seconde place été un tournant dans les liens affectifs qui l’unissent avec le public nordiste et que cette performance a certainement été pour beaucoup dans le choix de ses employeurs pour l’engager une seconde fois sur le Tour de France. Une page d’histoire entre le Tour et l’adjoint au maire de Fontaine-au-bois venait de s’ouvrir. Cette page s’est refermée en janvier 2007 avec le départ à la retraite de l’ancien Directeur du Tour, mais les amis sont toujours là…


Jean-Marie dédicaçant Le Tour de ma vie à Landrecies.
photo : Daniel Fertin


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