décembre 2007

Chaque année pendant 42 ans, les Français
ont attendu un successeur à Albert Bouvet

Daniel FERTIN

En 1956 Albert Bouvet n’avait pas participé au Tour de France suite à une fracture de la rotule. C’est donc un homme « neuf », malgré une déformation congénitale du genou, qui prenait le départ de Paris-Tours. Déjà connu pour ses records sur la piste, et quelques honnêtes performances sur de belles épreuves contre le chrono, et particulièrement une belle seconde place derrière LE spécialiste qu’était Jacques Anquetil lors du Gand Prix des Nations, Albert Bouvet était fin prêt pour cette classique des feuilles mortes.

Au départ de cette 50ème édition, au matin du 7 octobre, une minute de silence est observée à la mémoire de Stan Ockers, Champion du Monde 1955, décédé 6 jours auparavant. Albert Bouvet n’a pas très bien dormi, il a dû passer la nuit dans le même lit que… son coéquipier Eugène Letendre qui a ronflé toute la nuit !

A travers le sud de l’Ile de France et jusqu’au pied du château d’Amboise, de nombreuses attaques sont notées, elles sont essentiellement formées de coureurs italiens. A Amboise, deux coureurs s’échappent : Albert Bouvet (Mercier BP) et Pietro Nascimbene (Carpano Coppi). L’Italien avait pour consigne de ne pas prendre de relais, mais le Transalpin a déjà fait beaucoup d’efforts devant et n’est guère un renfort utile pour le Breton. D’ailleurs, « l’homme à la rotule cassée » est véritablement déchaîné et s’en va seul dans le mur de Bléré.


Une échappée solitaire de 40 km
photo : Miroir du cyclisme

Celui qui fut de nombreuses années durant Directeur des Compétitions à la Société du Tour de France, est seul devant un peloton emmené par les sprinters belges et hollandais. Ces rapides coureurs ne lui laissent pas plus de quarante secondes d’avance. Deux cents mètres, c’est l’avance du « bouledogue de Fougères » (autre surnom d’Albert Bouvet) au pied de la côte de l’Alouette. Pour tous, il était certain qu’il serait rejoint avant Tours, pour tous sauf pour Albert Bouvet qui démontrait là ses qualités de sprinter.

Après Gilbert Scodeller (1954), Jacques Dupont (1955), un autre Français allait s’imposer en terre tourangelle. « Dix mètres de plus et j’étais battu » admettait-il auprès des journalistes présents sur la ligne d’arrivée. Il avait effectué les dix derniers kilomètres soutenu par le public qui n’avait de cesse de l’encourager.


Deux Français sur le podium. À droite, Louison Bobet,
leader de l´équipe d´Albert Bouvet, qui a terminé troisième.
photo : Miroir du cyclisme

Ensuite, et jusque 1998, le peloton français lui a cherché vainement un successeur et c’est Jacky Durand – qui avait déjà remporté le Tour des Flandres 36 ans après Jean Forestier en 1956 – qui allait mettre fin à une très longue attente.

Depuis, Albert Bouvet, qui déclare souvent malicieusement : « avec Merckx on a tout gagné ! » (en effet Paris-Tours est la seule classique que n’a pas remporté le Champion belge avec Bordeaux-Paris auquel il n’a jamais participé par contre), a trouvé d’autres successeurs français en la personne de Richard Virenque en 2001 et Frédéric Guesdon en 2006. Que des Champions comme Albert Bouvet !


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