Erik Lyman : la formation avant tout

Daniel FERTIN

Alors que son équipe va participer demain à sa seconde épreuve sur le sol européen (la Classique Loire-Atlantique), nous avons discuté avec Erik Lyman, le capitaine de route de chez Calyon-Litespeed.

A 34 ans, il revient avec plaisir en France lui qui avait couru en 1996 au CC Etupes et l’année suivante à l’ASPTT de Mulhouse. Il y a une dizaine d’années donc, il courait dans ce qui se fait de meilleur chez les amateurs français et faisait donc partie des « pionniers » de la Belle Province qui traversèrent l’Atlantique pour apprendre le métier de coursier en Europe. Au bout de ces deux saisons passées dans l’Est de la France il préféra rentrer au pays, donnant ainsi une priorité à sa famille et surtout à ses études, il est ainsi devenu traducteur.

« Le fait d’être parmi les premiers, on n’avait pas les conseils de ceux qui avaient effectué le voyage avant nous » analyse celui qui obtint avant ce séjour européen de nombreuses sélections en équipe nationale. Il estime cependant être ressorti grandi de cette brève expérience où il apprit beaucoup, par exemple en terme de diététique, ou encore en découvrant des montées jamais grimpées au Québec. En revenant au pays il fait preuve d’humilité mais continue cependant dans le vélo.

Depuis 1997, il a constaté des gros changements dans les équipes françaises qui favorisent plus maintenant l’éclosion des jeunes. « Le résultat se fera un jour sentir sur votre cyclisme » nous confie-t-il. « Dans deux, trois ou cinq ans, mais une politique de formation finit toujours par payer ».

Cette mission de formation est un peu le crédo d’Erik au sein de la formation continentale qu’il a rejoint depuis deux années maintenant. « Chez Calyon-Litespeed nous assumons pleinement notre mission d’équipe continentale. Quand un jeune doit choisir entre l’école et une compétition nous hésitons pas, ce sont les études qui passeront en premier ». D’ailleurs, deux jeunes ne font pas partie du voyage européen pour cause d’études en cours. « Le vélo évolue, on peut de moins en moins cueillir les athlètes, il faut absolument que les équipes les forment et c’est ce que nous faisons » ajoute le coureur de l’Outaouais descendant d’Ecossais qui fut qualifié, à tort pensons-nous, de rebelle.

Pour la Classique Loire-Atlantique (dans la région de Nantes) le plus ancien de l’équipe sait très bien que personne au sein de la formation n’a le niveau pour la gagne en plus « l’opportunisme en Europe n’existe plus ». Par rapport aux autres, les jeunes continentaux américains manquent de kilomètres (ils ne disputeront que leur deuxième compétition) mais, en pleine phase de préparation, ils sont tous prêts à s’activer le plus possible pour s’adapter d’une part à un autre niveau et d’autre part se caler par rapport à une réalité qu’ils ne connaissent pas encore. « On ne vise pas immédiatement la victoire mais on voudrait bénéficier d’un esprit d’équipe qui nous permettrait de revenir en Europe à l’automne ou l’an prochain plus fort encore avec une expérience accrue » envisage Erik au retour d’une ultime séance de reconnaissance du parcours breton.

La qualité des courses et du peloton est meilleure en Europe selon Erik Lyman mais il pense que le cyclisme nord-américain est encore en pleine évolution et que « rien ne dit qu’il ne rattrapera pas un jour le niveau européen ». En attendant, Erik, en bon Capitaine de route, veillera demain encore à ce que ses jeunes coéquipiers poursuivent eux aussi leur évolution personnelle.

Un bien bel exemple d’éducation.


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