Martin Gilbert, le 11 octobre 2006
photo : Guy Maguire

Note du webmestre :
Au cours des derniers mois, vous avez lu dans les VÉLO NOUVELLES, sous la plume de Daniel Fertin, plusieurs compte-rendus de courses disputées en Europe auxquelles ont participé François Parisien et Dominique Rollin. Et des entrevues.
Daniel n'a jamais rencontré Martin Gilbert mais, pour un des nombreux projets auxquels il s'active (il nous en dira certes plus long un de ces jours...) il a récemment réalisé une entrevue avec Martin, qu'il nous a aimablement communiquée. Voici donc...

Martin Gilbert, sur piste, sur route et... à l'Université

Daniel FERTIN

Depuis quand pratiques-tu le cyclisme ?
MG : Depuis l'âge de 16 ans.

Pourquoi avoir choisi le cyclisme dans un pays où cette pratique n’est pas la plus reconnue ?
MG : J'étais d'abord un joueur de hockey et mon père faisait des marathons et des triathlons. Il m'a donc amené à faire du triathlon. J'ai pratiqué ce sport dès l'âge de 12 ans jusqu'à ce que j'aie la chance de faire du cyclisme en sport-étude. Je voulais seulement améliorer mon vélo pour les triathlons, mais la saison suivante j'ai participé aux championnats nationaux juniors qui se déroulaient près de chez-moi et j'ai alors été sélectionné sur l'équipe nationale junior. Ensuite, j'ai laissé le triathlon pour me concentrer sur le cyclisme. J'ai alors fait partie de l'équipe Saeco Canada pour mon année junior restante. Je suis passé dans l'équipe Volkswagen Trek pendant 4 ans pour enfin passer aux Etats-Unis avec l'équipe Kodak Gallery Sierra Nevada. J'ai été amené à la piste avant les JO de Sydney, car mon entraîneur, Eric Van den Eynde, croyait que nous pouvions nous qualifier en Madison pour les Jeux Olympiques. Nous sommes passés près, mais nous n'avons pas pu obtenir de place pour le Canada.

Très jeune tu deviens Champion du Canada sur piste, mais cependant tu restes au pays alors que tous les autres espoirs s’exilent en Europe pour apprendre. Pourquoi cet attachement à la belle province ?
MG : Les études me gardent à la maison. Je ne veux pas perdre contact avec mes cours (je suis présentement au baccalauréat en pharmacie à l'Université de Montréal). C'est pourquoi je devais rester à Montréal pendant l'année scolaire ce qui ne me permet pas de courir de longues saisons et me garde à la maison.

A partir de 2004 tu semblais avoir orienté ta carrière vers la piste (ce qui explique peut-être ton désir de rester en Amérique du Nord), cependant tu participes à quelques épreuves sur route. Comment t’est venue l’idée de t’orienter vers la route dans l’équipe continentale américaine KodakGallery / Sierra Nevada ?
MG : Je vise vraiment les Jeux Olympiques avec la piste. Sur la route, le Canada n'est pas assez puissant pour avoir plus qu'un ou deux coureurs aux JO. Si le parcours ne me convient pas, je n'ai pas de chance. De plus la course à l'américaine me passionne énormément mais je ne cois pas que j'aimerais ne faire que de la piste.

Envisages-tu ton passage dans une équipe européenne ? Pourquoi ?
MG : Peut-être après mes études, mais il sera trop tard. En fait, mon objectif est les Jeux de Pékin sur la piste et ensuite je vais me questionner sur le futur.

Selon toi, quelle est la différence entre le cyclisme québécois et le cyclisme européen ?
MG : La profondeur. Il y a de très bons cyclistes au Québec, mais il n'y a pas de profondeur. Sur un peloton de 50, il y en a quatre qui peuvent gagner la course tandis qu'en Europe, sur une ligne de départ qui compte 150 coureurs il y en a 75 qui peuvent gagner.

Que manque-t-il au cyclisme québécois pour qu’il devienne un sport très populaire comme en Europe ?
MG : De la visibilité. Les gens doivent connaître ce sport. Je suis certain que s'ils apprennent à le connaître ils vont l'adopter. Il n'y a pas de culture cycliste ici, les gens pensent qu'une course est simple. Ils ne savent pas qu'il y a un travail d'équipe, de la tactique, etc.

Quel va être ton programme cet hiver ?
MG : Je crois aller faire quelques 6 jours fin décembre et début janvier en Europe. Ensuite la Coupe du Monde sur piste à Los Angeles, puis un camp en Californie avec mon équipe Kodak Gallery / Sierra Nevada et le Tour de Californie, puis peut-être les Championnats du Monde sur piste et la saison sur route américaine.


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