photo : Daniel Fertin

Dominique Rollin tourne le dos à l'Europe, pour le moment !

Note du webmestre :
Daniel Fertin a croisé Dominique Rollin à quelques reprises en 2006, entres autres au Grand Prix de Lillers en mars, au Grand Prix de Vieux-Condé en août et plus récemment au Tour de la Somme à la mi-septembre.
Ils ont repris contact pour tracer un bilan de la saison 2006. Daniel a joint ce commentaire à l'entrevue :

« Je suis triste de voir partir hors d'Europe un coureur très attachant et qui veut apprendre son métier de coureur cycliste. En quittant Roubaix, qui vient de passer en Continental, et en rejoignant Kodak Gallery, où il retrouvera deux autres québécois Dominique Perras et Martin Gilbert ainsi qu'un autre canadien Mark Walters (également un expérimenté du circuit européen), Dominique promènera son joli maillot à fleur d'érable sur les routes américaines pour poursuivre l'apprentissage de sa dure profession. Juste avant son départ d'Europe je l'ai rencontré et l'entretien s'est poursuivi après sa belle performance australienne. Une rencontre sous le signe de la sincérité et de la franchise. À bientôt Dominique et bonne route sur le circuit américain. »

Tu viens de rentrer « provisoirement » au pays, peux-tu tirer un bilan de ta saison au VC Roubaix ?

En ayant la chance de travailler avec Cyrille Guimard et Frédérique Delcambre, les deux directeurs sportifs de l’équipe, j’ai réussi à prendre conscience de plusieurs erreurs dans ma façon de m’entraîner et d’aborder les compétitions. Une fois cela compris, il me fut plus simple d’aborder les courses pros et d’y être performant. Bref, cette saison m’a permis de me rendre compte que je suis prêt à sauter dans l’arène avec les pros et d’y être compétitif.

Quels ont été tes satisfactions au VC Roubaix ?

L’organisation et l’infrastructure. J’étais logé au vélodrome de Roubaix dans une maison annexée au club. Donc, j’avais toutes les ressources nécessaires au bon fonctionnement de mon entraînement et un accès au mécano de l’équipe, quand il était présent.

Tes déceptions ?

Le manque d’unité au sein de l’équipe. Ayant modifié la grande majorité de l’effectif pour la saison 2006, il fallait donc apprendre à travailler ensemble et cela est un long processus quand la majorité des coureurs ne se connaissent pas. Nous y sommes tout de même parvenus, sur le tard, en fin juillet.

Le programme du club était-il satisfaisant pour la progression de ta carrière ?

Les courses auxquelles j’ai pris part cette saison en France m’ont permis de me rendre compte que je suis rendu à une autre étape de ma carrière. Je performais mieux dans les courses avec les professionnels qu’avec les amateurs. Le style de courses chez les pros me convient mieux, car il permet d’aller chercher la gagne à la pédale et surtout en courant intelligemment. Contrairement au niveau amateur où la majorité des courses sont un coup de chance et se remettent sur des individualités et non la force du travail d’une équipe entière.


Dominique Rollin, le 17 août 2006
photo : Daniel Fertin

As-tu déjà résigné pour 2007 ?

Je viens de signer chez Kodak Gallery/Sierra Nevada.

Pourquoi ?

J’ai décidé de faire un tour sur le circuit nord-américain afin de me rapprocher de chez moi et de conserver un contact avec mes sources de motivation. En plus le style de courses me convient mieux, majoritairement des circuits techniques qui me permettent de mieux exprimer mes qualités.

Ton titre de champion du Canada est-il pour toi un avantage ou un inconvénient dans le sens où tu es plus repéré maintenant ?

Cela a plus d’avantages car, même si je me fais plus remarquer, j’ai plus de respect de la part des autres concurrents et de reconnaissance en tant que coureur. En cette fin de saison j’ai commencé à démontrer que je mérite ce titre et j’espère l’honorer du mieux que je peux l’année prochaine.

Comment et où vois-tu l’évolution de ta carrière ? En Europe, en Amérique ?

Pour l’instant le circuit nord-américain me convient mieux, mais je ne mets pas une croix sur un retour en Europe d’ici quelques saisons selon mon évolution sur ce coté-si de l’Atlantique.

Tu as vécu les championnats du monde à la télé alors que tu es le champion de ton pays, le Canada n’avait qu’une place, comment as-tu vécu cette épreuve ?

C’est sûr que c’est un peu décevant. Mais, considérant que nous avions qu’une seule place allouée dans la course, je considère que Ryder avait plus sa place que moi. Il a fait un excellent début de Vuelta et possédait plus d’endurance que moi pour pouvoir prétendre à un résultat.

Quel serait la course que tu voudrais gagner en 2007 ? Pourquoi ?

Dans l’immédiat, ce serait de conserver mon titre de Champion national. Mais, je me donne comme objectif principal, d’ici 2008, de remporter un des grands Tour Nord-Américain, soit le Tour de Californie, le Tour de Géorgie, le Tour de Beauce ou le tout nouveau Montréal-Boston.

Comment te qualifies-tu ? Grimpeur, rouleur, sprinteur, baroudeur ?

Je me considère surtout comme rouleur, j’ai toujours eu un bon contre-la-montre et cela m’apporte énormément dans les courses rapides, les moments décisifs et lors de conditions de bordures. Depuis deux saisons je renoue avec le sprint que je possédais en cadet et j’espère que cela redevienne une de mes forces.


François Parisien et Dominique Rollin au Tour de la Somme
photo : Eddy Defrain

Le cyclisme québécois peut-il évoluer sans passer par l’Europe?

Après avoir parcouru les routes européennes pendant huit années dont trois à vivre en France, je considère que l’Europe est l’endroit où il faut aller pour progresser. Il faut aller où cela se passe pour vivre la réalité d’une vie de coureur. Ici, le cyclisme c’est une petite famille qui vit d’une passion, mais en Europe, cela fait partie de la culture, c’est une éducation à accomplir.

Quel va être ton programme immédiat ? Cet hiver ?

Pour l’instant j’en suis à me remettre de mon voyage en Australie et un petit repos ne serait pas de trop vu que je cours depuis janvier. Pour ce qui est de cet hiver, j’envisage un séjour dans le sud des États-Unis afin de bien préparer ma saison et d’arriver avec un excellent niveau de forme pour mes premières courses en février.

Tu viens de terminer 5ème du Herald Sun Tour, cette performance était-elle dans tes objectifs de fin de saison ? Ou est-ce grâce à ta bonne première étape que tu as trouvé la force de te battre pour conserver une place au général ?

J’allais surtout là bas en visant des résultats sur les étapes et non le classement général. Alors, de me retrouver à me battre pour le général après la deuxième étape, fut un changement de tactique pour le mieux.

Cette place prouve-t-elle que tu es un coureur de courses par étapes ?

Disons que cette performance vient me rassurer. Car après avoir éprouvé plusieurs revers et difficultés lors du Tour de Beauce, je m’étais mis à douter de mes possibilités de bien faire lors de courses par étapes qui s’échelonnent sur une semaine ou plus.

Quelle différence as-tu noté entre les courses par étapes en Europe et le Herald Sun Tour ?

Il m’est difficile de pouvoir comparer, car le style de course était complètement différent, vu le style de parcours qui nous était proposé. En Europe, les routes sont sinueuses et il faut conserver une constante attention, vu les nombreuses villes et intersections à traverser. Ce qui rend les courses très nerveuses et en continuel changement de rythme. Tandis qu’en Australie, nous avions affaire à des routes droites (par moment, allant jusqu’à 40km sans changer le moindrement de direction) et venteuses. Ce qui occasionnait des départs extrêmement rapides, souvent la première heure s’effectuait à plus de 50km/h de moyenne, jusqu’à ce que la bonne échappée se soit formée. Après cela la course se retrouvait contrôlée par l’équipe du leader, comme lors des étapes de plat dans le Tour.


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