Simone Boilard, 16 avril 2022
photo : Daniel Fertin

« Je suis excellente en rien, ma force c’est d’être compétitive »

Daniel FERTIN

C’est à l’âge de 3 ou 4 ans que Simone Boilard a été inscrite dans un club à Québec le CC2R. « J’ai eu la piqûre car mon père s’était mis au cyclisme et que cette activité me plaisait » nous confie la jeune femme de 21 ans.

Cette saison, elle a signé dans une équipe française, Saint-Michel Auber 93, une formation évoluant dans les pelotons professionnels. « Mon entraîneur, Pierre Hutsebaut, m’a dit que si je voulais progresser il me fallait aller sur le circuit européen » révèle l’ancienne l’ancienne championne canadienne junior du contre-la-montre

L’Europe elle avait déjà eu l’occasion de la découvrir à l’occasion de championnats du monde chez les juniors où elle fut médaillée de bronze. Pour elle, les courses sur les deux continents sont bien différentes. Simone évoque déjà la largeur des routes en Amérique, « en Europe avec des routes plus petites, il y a plus de technique, les gros moteurs américains ne sont pas forcément les plus forts ici ».

Devant sa télé la jeune québécoise rêvait devant les images de Paris-Roubaix et ce samedi 16 avril elle était au départ du deuxième Paris-Roubaix féminin de l’histoire. À Denain, au milieu des 24 équipes engagées, elle ne paraissait pourtant pas le plus stressée en descendant du camion de sa formation. Forcément, elle avait déjà roulé sur des pavés, elle avait fini 16e du Samyn des dames où un secteur pavé revenait régulièrement dans le circuit final. Les « Madeleines », le nom que se donnent les filles de l’équipe, avaient en plus reconnu plusieurs fois le parcours de la reine des classiques et ses 17 secteurs,

Au milieu d’un peloton où toutes les équipes du World Tour étaient présentes, Simone n’avait pas peur. Son but était de parvenir parmi les meilleures à l’entrée du premier secteur pavé. « J’étais attachée à montrer ma force et je voulais me comparer aux filles d’un autre niveau » nous décrit celle qui portait le dossard 193. Elle avait réussi à se placer où elle le voulait dans les premiers kilomètres du jour. Malheureusement, Christine Majerus, une Luxembourgeoise pourtant expérimentée, allait faire un mouvement étrange et ainsi provoquer une chute. Simone, prise dans la chute, a dû attendre 40 secondes pour réparer et pouvoir repartir. « C’est dommage, la télévision n’était pas encore là, on aurait pu comprendre, mais toutes les filles ont vu cette étrange manœuvre ayant provoqué la chute » regrette Simone.

Du coup, comme beaucoup, la Québécoise se retrouve à l’arrière. Dans les pavés, dans ces conditions, il est difficile de pouvoir revenir sur l’avant. « On les voyait mais nous étions gênées par les voitures ».

Malgré ce coup du sort, Simone veut continuer à se battre et cherche du soutien dans son groupe de lâchées. Malheureusement elle ne l’obtient pas.

« C’est bien dommage d’avoir raté la course sur un tel mouvement, c’est entièrement de sa faute, je n’ai pas pu jouer toutes mes cartes, cela me fait mal au coeur » analyse-t-elle encore très déçue au moment de s’élancer, en Belgique, sur la ronde de Mouscron. Cependant elle se réjouit de pouvoir vite courir pour oublier un peu sa déception.

Au programme de Simone maintenant la Elsy Jacobs au Luxembourg, puis deux épreuves en Bretagne, ensuite en Allemagne et l’on sait déjà que les « Madeleines » seront au départ du Tour de France féminin en juillet prochain.

Simone ne sait évidemment pas encore si elle fera partie de l’aventure mais ses coéquipières disent d’elle qu’avec son casque et ses lunettes, elles ont en face d’elle une toute autre personne…

« Je suis excellente en rien, ma force c’est d’être compétitive » conclut la Québécoise, souriante tout de même.


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