Avec Cyril (au centre) un Arrageois invité de dernière minute grâce à un concours près de la ligne de départ, nous jouons les rockstars
photo : E. Cauwelier

Dans la caravane Vittel, au milieu de la fête de juillet

Daniel FERTIN

Installé dans le premier des chars de la caravane Vittel je vais traverser Arras, ma ville natale en partant devant le collège que j’ai fréquenté de 1966 à 1970. Je traverserai ensuite le Cambrésis et Cambrai la ville où j’habite depuis 1980. Dès le départ, la chaleur est " Arrassante " n'arrête pas de clamer l'animateur du véhicule. Devant moi, ce ne sont que sourires et mains tendues pour réclamer un cadeau ou une bouteille d’eau. Oui, c'est dimanche, oui les vacances ont commencé, mais le Tour c'est un long week-end de 20 étapes sur plus de trois semaines. Le Tour, c’est la fête tous les jours !

Quentin est au volant d'une camionnette largement modifiée. Elle fait 2,55 m de large, elle est haute de 4 m et pèse plus de 4 tonnes au départ avec les milliers de bouteilles d'eau qui seront distribuées tout au long de l’étape de 156,500 km.


Les mesures ont été prises, notre char passera !
photo : Daniel Fertin

La foule est très nombreuse sur le site de départ, une ancienne citadelle fortifiée par Vauban et abandonnée depuis plusieurs années par un régiment de Chasseurs. Une armée de supporters a envahi la place d’armes. Pourtant, comme une bataille militaire, tout est réglé. Les chefs donnent les ordres, les véhicules se mettent en convoi comme à la manœuvre, la Garde Républicaine et les motards d’ASO veillent au grain mais avec le sourire.


La citadelle
photo : Daniel Fertin

Ma belle ville d’Arras est encore plus belle un jour de Tour ! Dommage, je ne passe pas devant ma maison natale. Normal, je suis né dans une rue piétonne ! La rue principale, le théâtre, le beffroi, les deux magnifiques places au style espagnol, la mairie, la cathédrale et nous voila déjà hors d’Arras.


La rue principale d'Aras
photo : Daniel Fertin

Dans chaque village je me souviens de mes randonnées cyclotouristes ou de mes promenades familiales. Soudain, au milieu des milliers de drapeaux français – nous sommes au matin de la finale France – Croatie – j’aperçois un drapeau à la fleur de lys. Pour qui ? Pourquoi ? Un lecteur des Vélonouvelles ? Un jeune stagiaire du site de Vimy tout proche ? Je ne sais pas. Pourtant, j’applaudis le porteur de ce seul étendard que je verrai de la journée.

J’essaye de voir des connaissances dans ces villages, mais j’ai quitté l’Arrageois en 1975...

A Sancourt nous somme rapidement dans le Cambrésis après 38 kilomètres. A Neuville Saint-Rémy, au rond-point, c'est Jean-Pierre Couvent le maire, mais en tenue de cyclo qui nous accueille. La foule est dense dans toute la commune. Les Neuvillois ont fait un gros effort de décoration, des guirlandes, des vélos au milieu des rond-points, un marquage au sol, des banderoles.


Neuville Saint-Rémy
photo : Daniel Fertin

Comme partout, on nous réclame de l'eau pour accompagner l'apéro vu qu'il est bientôt midi. Tout est bon pour récupérer des cadeaux, des grands paniers ou des cabas tendus, des épuisettes, des messages " pour notre centre de loisirs ".


photo : Daniel Fertin

Quentin, 8 Tours au compteur, surveille la route, il est très attentif au public tout proche tout en suivant les ordres qu'il reçoit de son chef de caravane par une oreillette.


photo : Daniel Fertin

Cambrai, qui n’a pas plus vu le Tour depuis l’arrivée victorieuse de Tony Martin en 2015, est traversée devant une foule énorme agglutinée sur plusieurs rangs. J’essaye de repérer les spectateurs qui m’ont indiqué leur position. Eux m’ont vu, pas moi !

Dans les pavés de Thun L'Evêque, premier problème, il faut éviter que les branches basses n'abîment l'immense cycliste de notre sponsor. Devant les autres caravaniers roulent au ralenti. Derrière nous, 6 véhicules nous suivent de près, quatre chars (2 animations, 2 distributeurs et 2 arroseurs), ils doivent rester au contact pour créer un effet de marque.

Avec Cyril, un Arrageois invité de dernière minute grâce à un concours près de la ligne de départ, nous jouons les rockstars en saluant une foule où les couleurs dominantes sont le bleu, le blanc et le rouge. A découvert, nous prenons des couleurs, parfois même nous sommes arrosés par le public. « On a de la chance, cette fois ce n’est que de l’eau, parfois, c’est de la bière, voire autre chose, et là c’est moins agréable » nous indique notre chauffeur. Par contre, quand nous roulons plus vite, nous devons tenir notre magnifique casquette souvenir !

Tout est parfaitement réglé. Un véhicule à droite, un à gauche pour la distribution de chaque côté. Ainsi, ceux qui doivent remonter à l'avant, peuvent doubler la caravane. Ce sont les régulateurs en moto qui donnent la vitesse à respecter. Du côté d'Orchies, " pause technique ". Les hommes vont dans les champs, les filles dans plusieurs camping-cars… On en profite pour ouvrir la glacière et manger un peu. Dix minutes, pas plus a ordonné Flavien le responsable des véhicules Vittel. Rapidement, nous retrouvons notre place, ce n'est pas le cas d'autres marques, escortées par un régulateur et un Garde Républicain, nous doublent. Plus nous approchons de l’arrivée, plus nous longeons la Belgique. Les drapeaux noir, jaune et rouge font leur apparition. Même après l’élimination par la France en 1/2 finale de la Coupe du Monde de football, les Belges ont conservé leur bonne humeur. La foule est de plus en plus dense, surtout, avant et après les derniers secteurs pavés.


photo : Daniel Fertin

A Roubaix, juste après la ligne, il nous faut vite sauter du char. Quentin, continue quelques kilomètres encore avant de monter son camion, interdit de voie publique, sur une plateforme l'emmenant immédiatement vers Annecy pour être totalement révisé avant les deux semaines restantes.

Aujourd’hui le Tour continue, sans moi, dommage !


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