Daniel FERTIN

Il y a tout juste 50 ans le coureur provençal Lucien Aimar remportait le Tour de France. Avec la collaboration de Jean-Paul Vespini, journaliste à La Provence, il raconte sa vie de coureur cycliste. Très discret pendant toute sa carrière, il se dévoile enfin et, sans langue de bois, il n'oublie rien tout au long des 270 pages de cet ouvrage autobiographique que le journaliste resitue dans le contexte de l'époque avec des notes historiques.

Venu au vélo un peu par hasard, mais par admiration pour son frère de 10 ans de plus que lui, Lucien Aimar commence bien évidemment son récit en décrivant son jour le plus long, le plus beau, celui de la victoire du Tour de France. Il n'a oublié aucun détail, même le sens de la casquette du journaliste qui le précédait sur une moto de presse, c'était un code entre eux, sur le front il gagnait du temps, sur la nuque il en perdait !

Le coureur ne manque pas non plus de souligner les mauvais rapports qu'il a toujours eus avec Félix Lévitan, l'un des coorganisateurs du Tour de France, du temps où il était coureur mais aussi quand il est devenu le patron du Tour méditerranéen. Il ne met pas de côté non plus les « mafias » qui régnaient sur les critériums à l'époque. Il est très libre dans ses témoignages même quand il traite de la mort de son ami Tom Simpson, des courses en Italie ou même du dysfonctionnement des deux Tours de France courus, en 1967 et 1968, en équipes nationales.

Dès sa première année chez les pros il avait été désigné par Raphaël Géminiani pour faire chambre commune avec Jacques Anquetil. Pendant quatre saisons il partagera la carrière de celui qui fut le premier à remporter cinq Tours de France. Il aura fallu une année pour que Lucien devienne l'ami de « maître Jacques ». Par la suite une réelle amitié s'est créée entre les deux champions et c'est cette complicité que le Provençal nous dévoile d'une façon très intime.

Lucien Aimar donne aussi sa version sur la rivalité Anquetil – Poulidor en dévoilant par exemple les secrets du Championnat du Monde 1966 où Rudi Altig l'avait emporté devant... Anquetil et Poulidor.

« Je ne suis pas celui qui dit que c'était mieux avant », conclut le vainqueur du Tour 1966 qui se demande cependant si le vainqueur 2016 aurait pu finir dans les dix premiers du Tour 1966.

Lucien Aimar – Le temps des champions, Mareuil éditions ISBN 9 782372 540353 19 €


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