Antoine Duchesne, ce 12 avril, en compagnie de son directeur sportif Dominique Arnould
photo : Daniel Fertin Tous droits réservés

« Ils ont un dossard, comme moi » - Antoine Duchesne

Daniel FERTIN

Antoine Duchesne va s'élancer demain matin pour son premier Paris Roubaix, en plus, au sein d'une Pro Team. « Quand je suis arrivé, comme tous les autres coureurs, j'ai fait des choix d'épreuves auxquelles je souhaitais participer. Le fait que trois éléments majeurs pour les classiques aient quitté la formation a rendu possible mes volontés » commente Antoine avant d'aller se faire masser dans son hôtel de Compiègne. En fait, le Québécois n'a pas eu à trop insister pour être au départ de son premier Paris Roubaix, Dominique Arnould son Directeur Sportif, ancien Champion du Monde de cyclo cross en 1993, ayant rapidement pu constater toutes les valeurs de celui qui fut Champion du Canada des moins de 23 ans.

L'intégration chez Europcar s'est parfaitement déroulée. « Tout est allé très vite depuis que je suis arrivé au Manoir en Vendée, je n'ai jamais été seul, Natnaël était déjà là, puis il y a eu les stages en Espagne et les premières courses » commente le coureur de Saguenay. Au début, il ne connaissait personne à part Romain Guillermois, qu'il avait rencontré à l'occasion de quelques épreuves de la Coupe des Nations, mais le Québécois a rapidement été accepté de tous, coureurs, direction et staf.

Dans les classiques du printemps Antoine a bien fait son travail, même s'il reconnaît avoir été un peu fatigué sur Gand Wevelgem. Pour Paris Roubaix, et juste après une présentation toujours courue par le public, celui qui vient de boucler le GP de l'Escaut connaît déjà un peu son rôle, même si à l'heure où nous l'avons rencontré la réunion d'équipe n'avait pas encore été tenue. « Je vais essayer de me glisser dans l'échappée du matin, mais sur une telle classique, on ne peut pas toujours être là au bon moment. Sur certaines il faut être fort, sur d'autres il faut être chanceux, mais sur la Reine des Classiques, il faut avoir de la force et de la chance » analyse-t-il.

Toutes les équipes ont reconnu cette semaine tout ou partie des 28 secteurs pavés qui seront proposés au peloton. Le team Europcar y est même allé deux fois. « Pour moi, c'était la première fois que je découvrais les pavés de l'épreuve, je ne connaissais que ceux de Beuvry-la-forêt » (ndlr : une épreuve empruntant le secteur Madiot, étant souvent au programme de la sélection canadienne en août) déclare le coureur qui portait l'an passé le maillot de Bontrager alors que le Paris Roubaix espoir n'avait malheureusement pas été organisé. « Sur le Tour des Flandres les pavés sont moins difficiles qu'ici. Pour les jambes c'est pareil, mais c'est au niveau des bras que l'on ressent les vibrations bien longtemps » commente le dossard 143, qui sait à quoi s'en tenir pour demain.


Antoine Duchesne faisant la reconnaissance des pavés
photo affichée sur facebook par Louis Garneau

Ici en Europe, en voyant arriver Antoine sous ce maillot Europcar, beaucoup font la comparaison avec un autre de la Belle Province à l'avoir porté entre 2011 et 2013. De son côté, le néo-pro analyse calmement. « David et moi ce sont deux personnes différentes. Il a eu une belle et courte carrière, certes le public nous compare, mais l'équipe n'attend pas de moi que je le remplace, mais je vais essayer de faire aussi bien que lui ».

Comme beaucoup de ce côté de l'Atlantique, Antoine est entraîné par Pierre Hutsebaut. « Le travail de Pierre est fait maintenant depuis des mois et pour les conseils je regarde maintenant autour de moi les coureurs d'expérience » continue Antoine, en n'oubliant pas de s'hydrater pendant l'entretien. Il sait que sur une telle épreuve ce qui est difficile « c'est la distance, l'approche des pavés, et frotter pour garder sa place ». Et cela s'apprend par l'expérience des plus vieux comme Alexandre Pichot, Vincent Jérôme, Jimmy Engoulvent ou Yohann Gene. Par exemple, à La Panne, Antoine s'excitait souvent et les anciens lui disaient « attend la grande route, le vent va changer » !

Ainsi Antoine rejoint par la pensée celui qui fut son équipier chez les juniors à Wasquehal, son copain Arnaud Demare. En effet, le Picard déclare dans la presse locale qu'il vient demain pour apprendre alors que le rêve de la première saison du Québécois, également dans une Pro Team, est de s'adapter et de trouver une place. « On aide les anciens mais en les aidant ils nous aident aussi ».

Demain, au départ, il sera aux côtés de coureurs qui le faisaient rêver devant sa télé comme Cancellara ou Boonen. « Cela m'a fait un peu drôle de frotter contre eux, mais ils sont comme moi, ils ont un dossard comme moi et on fait le même travail » conclue le Québécois, qui évoque aussi Thomas Voeckler, professionnel depuis 2001, alors que du côté de Saguenay un petit garçon n'avait pas encore ses dix ans !


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