2 juillet 2010


Comme en 2004, Daniel Fertin, que l’on reconnaît ici, caméra en mains,
avec Bernard Hinault, s'’est beaucoup impliqué pour accueillir le Tour.

Daniel Fertin, une encyclopédie au service du cyclisme régional

Fabrice Bourgis

C'est une mémoire du cyclisme. Une encyclopédie à lui tout seul. À 55 ans, Daniel Fertin est « l'historien du cyclisme » comme se plaît à le surnommer Jean-Marie Doerler, l'autre « monsieur vélo » du Cambrésis. Tombé dedans dès son plus jeune âge, le Provillois voue une passion sans limite ou presque pour le cyclisme. Une affection qu'il aime aujourd'hui partager, un peu à l'image de ce que les professionnels d'une autre époque pouvaient offrir sur leur passage.

Fils et, même, petit fils de vendeur de cycles Peugeot à Arras ! Chez Daniel Fertin, l'histoire semble toute tracée. Mais encore fallait-il qu'enfant, il aime le vélo et l'humour. Le sport et la convivialité. Car Daniel aurait très bien pu ne pas apprécier qu'un type comme Tom Simpson, par exemple, ne se retrouve un soir de course à loger chez lui. Et qui plus est à fanfaronner le lendemain matin « avec, par-dessus son maillot, un soutien gorge appartenant à ma mère et qu'il avait dû trouver dans un tiroir de la maison » !

Mais voilà. Par chance, le petit était fan. Fan des fameux Miroir du cyclisme que son père ne manquait jamais d'acheter. Fan de ces plaisirs simples que procure une bonne sortie à bicyclette. Fan, enfin, de ces rencontres mémorables avec quelques-unes des grandes figures du cyclisme de l'époque, qui roulaient bien sûr chez Peugeot et qui, époque oblige justement, logeaient généralement « dans des dortoirs d'écoles, dans des casernes, voire chez l'habitant... quand il y avait des magasins de cycles comme le nôtre sur place » Alors forcément, Daniel en a vu passer des cyclistes. Et des petites histoires, il en connaît un rayon. Comme celle inoubliable d'un soir d'été 1966. « On était en vacances et on a assisté à une arrivée du Tour du Morbihan. Un Peugeot avait même gagné ce jour-là. Après la course, mon père est ensuite allé proposer au directeur sportif de l'époque s'il souhaitait qu'on ramène des coureurs à Auray, où l'équipe devait loger dans un couvent. Et c'est ainsi que je me suis retrouvé assis à l'arrière de la voiture à côté d'un certain... Eddy Merckx. » Suffisantes toutes ces magnifiques rencontres pour faire de lui une véritable encyclopédie du cyclisme ?

« Le déclic, c'est en 1994 qu'il s'est vraiment produit quand une personne m'a offert un badge pour aller sur un départ du Tour. » Dès lors, sa passion pour le vélo prend définitivement le pas sur celle qu'il s'était aussi découvert pour l'équipe de basket de Proville. Entre deux courses aux quatre coins de la « région et en Belgique », l'homme se met à dévorer des dizaines et des dizaines d'ouvrages. « Chez moi, j'ai à peu près 400 bouquins, en plus de la collection complète des Miroir. » Et à se doter de centaines d'objets de collection. Des bidons, des casquettes et, surtout, des cartes postales publicitaires. « En fin d'année, j'en possédais 27 786 » très exactement !

Membre des Amis du Tour, une association de passionnés affiliée à la FFC et sur laquelle s'appuyait la Société du Tour de France pour organiser la Grande Boucle, Daniel Fertin est au fil des années devenu un personnage incontournable dans le monde du vélo, et à l'échelle nationale. Un homme dont les connaissances, le sérieux et la parole donnée lui ont permis de gagner la confiance du peloton. Des relations, humaines et conviviales, qu'il apprécie et qui, en retour, lui ont permis de signer des textes d'une précision et d'une richesse remarquable. En témoigne son premier ouvrage « Le Grand Prix de Denain », publié à l'occasion des 50 ans de l'épreuve l'an passé. Un hommage que le Cambrésis a failli avoir à son tour cette année, à travers « ses coureurs qui ont participé à la Grande Boucle ». « Le livre est prêt mais je n'ai pas réussi à le faire éditer. » Mercredi, c'est donc sans lui que le Tour prendra la route en direction de Reims. Mais non sans avoir fait une nouvelle rencontre avec "l'historien du vélo" qui à coup sûr... archivera à bon escient ces nouveaux moments forts.


photo : La Voix du Nord


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net