
Au cours des ans, Daniel Fertin a suivi un grand nombre d’étapes du Tour de France du bord de la route. D’autres à partir de points de vue privilégiés, tel la voiture d’un commissaire, la voiture d’un directeur sportif et même de la voiture du médecin le Dr Gérard Porte. Hier c’est à bord de l’autobus des supporters qu´il précédait le Tour au sein de la caravane publicitaire. Il nous raconte.
Je sais qu'il fait chaud dans la Belle Province, rassurez-vous chez les maudits Français le thermomètre grimpe aussi vite que de l'autre côté de l'Atlantique ! Alors j'ai décidé de vous apporter un peu de la fraicheur Vittel sur l'étape Cambrai – Reims car j'ai eu la chance d'embarquer dans l'autobus des supporters de l'équipe Vittel que l'on appelle ici la 23e équipe. Il s'agit en fait de cinq comédiens qui animent la zone de départ puis la caravane publicitaire. On y retrouve, Aline Darivet (la seule femme du peloton !), Marc Dumaillot, Alphonse Toudroi, Jean Naymard et Tony Fristile. Le directeur sportif dans la voiture n'est autre que Vincent Barteau ancien maillot jaune et vainqueur de l'étape du bicentenaire à Marseille le 14 juillet 1989. Dans le Tour tout est parfaitement réglé, minuté, l'emplacement de chacun est bien précis. Le livre de route indique départ de la caravane à 12 heures 05, le véhicule ouvreur franchit la ligne de départ à la minute près.

Notre bus arrive dans les derniers de la caravane. C'est une stratégie pour Vittel. « Cela nous permet de nous étaler un peu et de donner un aspect festif et de partage » nous confie Xavier, un comédien qui joue le rôle de président des supporters en présentant, par une trappe dans le toit du bus, les coureurs de l'équipe au public très nombreux dans les rues de Cambrai. Une stratégie de partage en effet ! Sur l'ensemble du Tour Vittel va distribuer un million de bouteilles, 500 000 pour le public tout au long du parcours et 500 000 autres pour les équipes (on en a beaucoup besoin par cette canicule) et pour les caravaniers.

Toutes les rues de Cambrai ont été investies par les véhicules des équipes, de la caravane, de la presse, sans oublier les camions chargés des podiums, des barrières, des tribunes, une seconde ville dans ma ville. Les rues sont encombrées mais que dire des trottoirs, pas un centimètre de libre pendant les deux premiers kilomètres ! Même entre les villages le public est là. Chaque commune traversée a minutieusement préparé la venue du Tour. Des décors, des massifs de fleurs, des banderoles, des musiciens tout est là. Des centres de loisirs pour enfants et même des maisons de retraite sont le bord de la route, la voiture ouvreuse Vittel annonce chaque groupe pour permettre aux hôtesses de préparer une distribution plus « généreuse ».
Elvis, notre chauffeur du jour, nous signale les particularités qu'il voit de loin. « On en voit sur le Tour » sourit celui qui conduit le bus Vittel depuis 2006 en nous indiquant un spectateur qui a décidé de se rafraîchir les fesses en les montrant à la caravane ! Effectivement on en verra d'autres avant Reims !

Sur les 150 kilomètres de la course nous allons aussi voir les nombreux camping-cars décorés aux couleurs de Vittel. Ce sont des passionnés qui participent parfois à toutes les étapes et qui se disputent la victoire du véhicule le mieux décoré pouvant avoir le privilège de défiler dans la caravane Vittel sur les Champs-Elysées avec les side-cars sur lesquels sont attachés bien solidement nos coureurs comédiens ou comédiens coureurs...
Depuis quelques temps Xavier s'est tu, il est même redescendu de son perchoir. Il semble vaincu par l'angine. Par la radio Elvis appelle le docteur de la caravane qui arrive avec son ambulance. Un soin et voilà notre président des supporters qui retrouve sa voix, son entrain et sa place attachée sur le toit. Du coup nous avons pris beaucoup de retard malgré la rapidité de l'intervention. Pas de panique, un motard de l'escorte présidentielle nous ramène à notre emplacement, deuxième sur la droite, juste devant les side-cars. Un rattrapage rendu possible en zigzaguant entre les véhicules de la caravane qui évoluent en quinconce dans le dispositif pour que les spectateurs aient moins tendance à traverser la route. Ce petit incident nous permet de voir ce qui se passe derrière. Et devant ? Nous allons le voir quand, après avoir demandé l'autorisation, Elvis dépasse quelques véhicules pour pouvoir satisfaire à la pause pipi réclamée par quelques uns des 7 supporters embarqués avec moi et qui ont gagné à un concours organisé sur le Tour par Vittel.
Après la pause, nous redoublons tout le monde, toujours escortés par un motard de la Garde Républicaine. La foule est de plus en plus dense, les marques au sol aussi. Je me demande si un coureur n'a pas été cité. Si ce n'est pas au sol, c'est sur un toit de maison, sur une banderole, sur des camping-cars. Des messages il y en sur tout, des clins d'oeil bien sûr comme « pour les objets publicitaires c'est ici » ou « notre village aime le Tour » ou ce troupeau de vaches qui disait « je meuh suis fait belle pour le Tour » !
L'étape se termine déjà. La radio nous annonce que nous allons devoir quitter le parcours car notre équipage est trop lourd pour passer sur un pont. Pourtant nous avons distribué un pack d'eau ! Là encore, tout est prévu. A grands renforts de sirènes nous traversons Reims en doublant tout le monde et encore une fois escortés par un motard.


A 1500 mètres de la ligne nous réintégrons notre place au bon endroit dans la caravane et nous allons assister au départ des coureurs Vittel qui vont faire le dernier kilomètre sur, cette fois, de vrais vélos. Malheureusement, à 1200 mètres, le moteur cale. Elvis appelle l'assistance. Regard rapide dans le moteur. On ne réfléchit pas trop. Une des dépanneuses du Tour arrive et nous remorque jusqu'au delà de la ligne d'arrivée. Une arrivée remarquée !
Au moins les cinq coureurs auront fini l'étape. Ce matin, j'ai appris que le bus avait été réparé. Tout est bien qui finit bien.
Après l'arrivée un autre bus, celui là tout moderne et avec la clim, nous ramenait à Cambrai en 1 h 45, on avait mis 2 heures de plus, comme les coureurs, pour faire l'aller.





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